9.6.04

Le complément indispensable de vos cours d'économie

Le journal auquel plus des trois quarts des élèves de term ES doivent s'abonner pour se faire bien voir de leur prof, révèle l'idéologie d'Etat dans toute son horreur et affirme l'Education Nationale comme son outil métapolitique ultime : prenez le temps de lire l'édito édifiant du dernier numéro d'Alternatives Economiques...

Des textes comme celui là, on en trouve dans tous les grands quotidiens français, certes. Mais là, je me suis soudain rappelé que pratiquement tous mes camarades de classe en recevaient un exemplaire chaque mois, et s'en bourraient le crâne en vue de réussir leurs examens.

Pourquoi penser l'Etat comme condition de l'économie ? C'est une théorie, rien de plus, et de nombreux auteurs ont tenté de mettre en évidence que l'Etat nuisait plus qu'autre chose à l'harmonie sociale (et donc économique).

Dans cet affrontement des théories, pourquoi en privilégier certaines et condamner d'office les autres, en ne les évoquant jamais ? Si elles sont si absurdes, apprenons avec elles les dérives de l'entendement humain ! A toujours les censurer, on en viendrait presque à croire qu'elles ne sont pas si infondées que ça, d'où le danger de les voir se répandre... En fait, elles sont juste simples et pleines de bon sens.

A la première idée de l'auteur, comme quoi il n'y a "pas de société sans Etat", voilà ce que Murray Rothbard, l'un de ces théoriciens absurdes et indignes d'être enseignés, et seulement même évoqués à l'école, répond :

"Une justification courante de l’Etat est que l’homme est un « animal social » obligé de vivre en société, alors que les individualistes et les libertariens n’envisageraient que des « individus atomisés », sans influence réciproque et détachés de leurs frères humains. Aucun libertarien n’a jamais soutenu que les individus seraient des atomes isolés ; au contraire, tous les libertariens reconnaissent la nécessité et les énormes avantages de la vie en société et de la division sociale du travail. Les défenseurs de l’Etat, y compris les philosophes aristotéliciens et thomistes classiques, sont tombés dans cet énorme non sequitur qui consiste à sauter de la nécessité de la société à la nécessité de l’Etat. En fait, l’Etat est un facteur anti-social qui empêche l’échange volontaire entre les hommes, la créativité individuelle et la division du travail. La « société » est une étiquette commode pour décrire la libre interaction entre les personnes dans les échanges volontaires. Il convient ici de rappeler la distinction établie par Albert Jay Nock entre le « pouvoir social », fruit de l’échange volontaire qui caractérise l’économie et la civilisation, et le « pouvoir étatique », qui consiste dans l’interférence coercitive et l’exploitation de ces avantages. Dans cette perspective, Nock a montré que l’histoire humaine est essentiellement une course où s’opposent le pouvoir social et le pouvoir étatique : d’un côté les fruits bienfaisants de la production et de la créativité pacifiques et libres et, de l’autre, le fléau parasitaire des hommes de l’Etat s’abattant sur les processus volontaires de la société civile. Tous ces services dont on croit généralement qu’ils nécessitent l’intervention de l’Etat – de la frappe de la monnaie à la sécurité publique en passant par le développement du droit pour la protection de la personne et de la propriété – peuvent être, et ont été produits bien plus efficacement et certainement de manière plus morale par des personnes privées. Il n’y a rien dans la nature de l’homme qui rende l’Etat nécessaire, bien au contraire."
Murray Rothbard, in L’éthique de la liberté

Qu'on ne soit pas d'accord avec Rothbard est une chose, mais qu'on ne serve pas toutes cuites les thèses adverses comme la vérité absolue, seule digne de trouver un écho dans l'Endoctrinement Nationaliste Public Obligatoire. Qu'on garde à l'esprit la bonne vieille rengaine scolastique : thèse, antithèse, et synthèse laissée au libre avis de l'élève.

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3 commentaires

Blogger Dilbert a écrit...
mais qui est ce mystérieux n°3 ?

la moitié du n°6 ?? (le prisonnier)
à 10:31 PM
 
Anonymous Anonyme a écrit...
mais Bastiat est quand même cité... en marge. :-)

OL
à 10:04 AM
 
Blogger Jerome Morrow a écrit...
C'est tout à fait vrai: alternatives économiques est un journal que les prof de Term ES recommandent à leurs élèves et auquels la majorité s'abonnent. Pour en avoir moi même fait les frais, je trouve cette propagande inadmisible. Les cours d'économies sont là pour donner des bases d'économies générales, pas exclusivement des bases des idéologiques des économistes socialistes. La lecture d'alternative économique forge chez les élèves une grille de lecture qui à tendance à les empècher toute approche saine et objective des problèmes d'une réalité économique qui leur échappe.
dans le lien sur alternative économique : je retiens la phrase suivante "Pas de société sans Etat". Or, je suis désolé, si ces deux mots non synonimes existent c'est qu'on peut en faire la distinction. Le pire, avec alternative économique, c'est qu'ils pratiquent un exercice pernicieux de pensées économiques sociales-démocrates qui ne peut que séduire, mais surement pas faire réfléchir...
à 11:30 AM
 

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