6.6.04

Érotisme

Dès le premier regard, il savait que c'était lui qui mènerait la danse. Dans ses yeux scintillants, il avait lu le désir de soumission, et lui n'était que trop ravi d'exaucer son voeu.
Maintenant, c'était presque terminé; il avait réussi à l'amener jusqu'à l'obéissance absolue.
Il avait bien su profiter de son pouvoir de séduction pour l'amener à faire tous ses désirs.
Il avait même réussi à lui insuffler l'idée que ce n'était pas lui qui dominait.
Tout au long de leur rituel sauvage, il avait su profiter de son corps doré par le soleil.
Il l'avait souvent senti frémir quand leurs deux corps se frôlaient. Son odeur teintée de transpiration emplissait encore ses narines.
Il avait profité de ses aptitudes et de son corps, accélérant le rythme de leur orgie jusqu'à en perdre haleine.
Plusieurs fois, il avait couvert sa figure du drap couleur amour pour que ses yeux ne voient pas son visage qui avait du mal à cacher le sourire triomphal qu'il arborait en ces moments-là.
Assez rapidement, il l'avait fait s'agenouiller devant lui pour faire ce qu'il jugeait lui être dû.
Il savait qu'il était enfin temps pour lui de prouver ses capacités.
Maintenant, à l'apogée de leur extase, il pénétra son corps de son dard long et dur.

Jamais son corps n'avait été pénétré si profondément.

Lui, savait qu'il devait être extrèmement prudent car ce corps brûlant d'excitation pourrait réagir de manière imprévisible. Ne s'arrêtant pas en chemin, son dard continua sa plongée au plus profond de son corps jusqu'au moment où il transperça son coeur.
Dans un dernier spasme de vie, le taureau s'approcha de la seule personne qui ait jamais su le dompter, avant de s'effondrer devant lui sur le sable.


Alors que selon un sondage de la Razon, plus de la moitié des Espagnols ne verraient pas d'inconvénient à ce que le gouvernement légifère pour limiter le nombre de corridas, ce sport qui oppose l'animal à l'homme dans un noble face-à-face ne peut qu'inspirer l'admiration pour ces toréadors qui risquent leur vie dans ce sport millénaire.

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5 commentaires

Anonymous Anonyme a écrit...
"ce sport qui oppose l'animal à l'homme dans un noble face-à-face ne peut qu'inspirer l'admiration pour ces toréadors qui risquent leur vie dans ce sport millénaire."

Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre, ou plutôt, qu'est-ce qu'il ne faut pas lire! Balaise, ce blog!
à 3:00 PM
 
Anonymous Anonyme a écrit...
Tiens, une belle chanson sur ce sport-qui-oppose-l'animal-à-l'homme-dans-un-noble-face-à-face:

Depuis le temps que je patiente
Dans cette chambre noire
J'entends qu'on s'amuse et qu'on chante
Au bout du couloir ;
Quelqu'un a touché le verrou
Et j'ai plongé vers le grand jour
J'ai vu les fanfares, les barrières
Et les gens autour
Dans les premiers moments j'ai cru
Qu'il fallait seulement se défendre
Mais cette place est sans issue
Je commence à comprendre
Ils ont refermé derrière moi
Ils ont eu peur que je recule
Je vais bien finir par l'avoir
Cette danseuse ridicule...
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Andalousie je me souviens
Les prairies bordées de cactus
Je ne vais pas trembler devant
Ce pantin, ce minus !
Je vais l'attraper, lui et son chapeau
Les faire tourner comme un soleil
Ce soir la femme du torero
Dormira sur ses deux oreilles
Est-ce que ce monde est sérieux ?
J'en ai poursuivi des fantômes
Presque touché leurs ballerines
Ils ont frappé fort dans mon cou
Pour que je m'incline
Ils sortent d'où ces acrobates
Avec leurs costumes de papier ?
J'ai jamais appris à me battre
Contre des poupées
Sentir le sable sous ma tête
C'est fou comme ça peut faire du bien
J'ai prié pour que tout s'arrête
Andalousie je me souviens
Je les entends rire comme je râle
Je les vois danser comme je succombe
Je ne pensais pas qu'on puisse autant
S'amuser autour d'une tombe
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?...
Si, si hombre, hombre
Baila baila
Hay que bailar de nuevo
Y mataremos otros
Otras vidas, y otros toros
Y mataremos otros
Venga, venga
Venga, venga a bailar...

Ah oui mais j'oubliais que Cabrel c'est rien qu'un sale collectiviste. Il comprend rien, le pauvre.
à 1:37 AM
 
Anonymous Anonyme a écrit...
cela n'a rien d'un sport.
de plus l'homme n'est jamais en face à face avec l'animal dans la corrida.
Aprés que le ou les picadors banderilleros est abimé suffisamment l'animal alors l'homme ose enfin l'affronter seul. La dernière corridas que j'ai vu à eu lieu dans la petite bourgade de Maugio dimanche 6 juin, une veritable horreur.
La corridas n'est pas un sport !
à 3:55 PM
 
Blogger melodius a écrit...
Techniquement, il est exact que les banderilles et les attaques du picador servent à affaiblir les muscles du cou; le coup d'épée final ne peut être donné si l'animal ne baisse pas la tête. De plus, ces blessures affaiblissent le taureau (stress et perte de sang).

S'il faut en effet beaucoup de courage pour descendre dans une arène (rares sont les matadors qui ne sont pas encornés à un moment ou un autre de leur carrière), le combat est loin d'être égal. On remarquera par exemple que le taureau sort toujours mort de l'arène, ce qui n'est que rarement le cas du matador.

Personnellement, je crois que le combat serait plus intéressant si on se dispensait des entrées en matière et que le matador montait immédiatement au turbin...
à 4:15 PM
 
Blogger Aristophane a écrit...
Un peu comme les anglais et les italiens au foot...
Mais Brigitte Bardot s'en fout des italiens.
à 6:10 PM
 

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