20.2.06

N°3 sur la corde raide (suite)

Le rédac’chef, alias n°2, est repassé dans mon bureau ce matin : je n’avais toujours pas de nouvelle idée à lui proposer (cf. l’épisode précédent). Il m’a seulement rappelé que la semaine dernière n°4 était devenu n°44, puis il est parti en fermant violement la porte. Un peu dépité, je suis sorti à mon tour, et je me suis dirigé vers la machine à café. Comme vous vous en doutez, la machine à café est l’endroit le plus fréquenté de tous les locaux de Chacun-Pour-Soi. Pour peu qu’on aille s’y prendre un petit noir à la pause de 10h et on y croise tout le monde.

C’est Mélo que j’ai vu le premier. Je crois bien qu’il ne loupe jamais son petit crème du matin. Il semblait quelque peu fatigué, il avait planché sur un problème juridique toute la nuit. Je lui ai parlé de mon différend avec le rédac’chef. Bien sûr qu’il était au courant – tout le monde est au courant, tout se sait à la rédac de CPS… Il m’a conseillé de l’accompagner à la messe dimanche prochain : il m’a assuré y avoir déjà croisé n°2, et m’afficher comme un bon chrétien pourrait peut-être être un moyen de renouer avec lui. Puis il est retourné dans son bureau, me laissant seul méditer ce conseil face à la machine à café qui n’en pouvait plus de pisser du capuccino.
Ronnie est alors arrivé. L’élégant Ronnie. Lui aussi avait son idée pour me remettre d’applomb avec n°2 : « Tu n’as qu’à porter un trois pièces comme moi, avec un chic petit nœud pap’, tu auras plus d’allure qu’avec ton baggy troué et tes skateshoes terreuses, et crois-moi n°2 ne manquera pas de te remarquer et d’apprécier ton effort de présentation ! ».
Sur ce Jabial pointe le bout de son nez. Il me suggère d’éviter de me tracasser, et laisse entendre qu’il connaît peut-être un moyen un peu plus expéditif pour arranger les choses si n°2 continue de me mettre la pression. Je n’ai pas tout de suite compris son sous-entendu, il a fallu qu’il nous parle de son nouveau bazooka qu’il était en train de monter dans son bureau pour que son projet m’apparaisse plus clairement…
J’étais en train de me dire que ces trois options avaient chacune leur intérêt, quand Vélodeus est apparu dans le hall, guidant sa bécane d’une main. S’arrêtant à notre niveau, il se joint tout de suite à la conversation et me fait lui aussi une proposition : pourquoi ne pas le rejoindre lors de la prochaine rando en vélo qu’il organise ce week-end ? N°2 en sera, et se prendre quelques dizaines de kms dans les mollets à ses côtés est une bonne opportunité pour rétablir le contact ! Pourquoi pas.
Surgit alors Chitah, qui nous avait écouté caché dans la plante verte de l’espace café en train de manger une banane. Dans le registre sport lui aussi, il me propose une après-m d’accrobranching (discipline très en vogue dans les stages collectifs pour jeunes cadres dynamiques). Il me dit qu’un de ses amis, du nom de Tarzan, s’occupe d’un parc du genre et peut nous faire un prix.
D’autres et d’autres sont encore arrivés, et tous avaient à chaque fois une meilleure idée.

Et puis tout le monde a regagné son bureau. Je suis resté seul face à la machine à café, cette grosse machine parée d’une grande vitrine luminescente « Nescafé » qui met en scène un nuage de mousse venant souiller les deux lèvres pulpeuses d’une femme qui est très certainement une princesse Dieu sait où.
Beaucoup d’idées pour regagner la sympathie de mon supérieur n°2, l’assurance que Chacun-Pour-Soi est décidemment une grande famille où tout le monde pense aux autres, au moins le temps de la pause café (le reste du temps, c’est… chacun pour soi) ; mais aucune nouvelle idée pour rédiger des billets qui satisferaient n°2… Et vous aussi, lecteurs et lectrices chéris !

links to this post

Links to this post:

<\$BlogItemBacklinkCreate\$>

3 commentaires

Blogger RonnieHayek a écrit...
Une question me brûle les lèvres: qui est le N° 1 ?
à 11:13 AM
 
Blogger jabial a écrit...
Je tiens à rectifier une information importante : il ne s'agit pas d'un bazooka mais d'un lance-roquettes sol-sol. La distinction est d'importance quand on connaît l'imprécision du banal bazooka, originellement inventé pour détruire les premiers chars d'assaut, ne disposant pas de blindage actif.

:>
à 7:15 PM
 
Blogger Constantin a écrit...
Je ne vous le dirai pas. Par contre je peux vous révéler que je suis le numéro 2
à 8:51 PM
 

Enregistrer un commentaire

<< Retour à l'accueil