12.1.07

Merkel et Bush, ennemis du marché

La semaine dernière, Angela Merkel, actuellement à la tête de la présidence tournante de l'Union européenne, rencontrait George W. Bush afin d'intensifier les relations entre l'Union européenne et les États-Unis. Une des conséquences de cette rencontre pourrait être la naissance d'un autre ALENA ou CAFTA, mais avec l'Europe comme protagoniste : le TAFTA (Trans-Atlantic Free Trade Agreement).

At the meeting, Merkel promoted the idea of closer economic ties between the EU and the United States, beyond removing more trade barriers to creating a trans-Atlantic free-trade zone, a spokesman said.

Merkel told The Financial Times and Germany's Der Spiegel before the meeting she found the idea of such an agreement -- with joint financial market regulations, stock exchange rules, intellectual-property rights and mutual recognition of technical standards -- fascinating.The zone would be created after international political negotiations to create a trans-Atlantic Free Trade Agreement, or Tafta.

À l'instar du NAFTA et du CAFTA, le TAFTA prétend être une « zone de libre commerce », mais entre l'Union européenne et les États-Unis. Sous le couvert de l'euphémisme du libre commerce, les politiciens appliqueront les vieilles recettes du mercantilisme, du corporatisme et de l'augmentation du contrôle étatique, c'est-à-dire exactement le contraire de ce que l'on pourrait espérer. Il n'y a que voir les points principaux de l'accord : intensification des régulations du marché financier, des bourses, renforcement des droits d'auteur et reconnaissance mutuelle des standards techniques. Pour commencer.

Le libre marché, le vrai, ne se base pas sur la régulation, ni le contrôle, mais sur la liberté. Si le TAFTA arrive jamais à s'implanter, seule la mauvaise réputation des termes contrôle et régulation serait la raison pour laquelle on l'appellerait zone de libre commerce, au lieu de zone contrôlée par l'État. Chaque fois qu'un politicien annonce une mesure pour favoriser le libre marché, la seule chose qu'il fait est d'appauvrir la diversité et la richesse entrepreneuriale et, par extension, celle de nous tous.

Les socialistes de tous les partis appellent « néo-libéralisme » ces accords étatiques et corporatistes. Une nomenclature parfaitement trompeuse car les termes de néo-corporatisme ou néo-mercantilisme définiraient ces accords avec plus de précision. La seule chose que le TAFTA et ses variantes assurent, c'est l'hégémonie des gouvernements au niveau international et le lent assassinat du libre marché capitaliste. Il s'agit d'une régression au socialisme et à l'économie fasciste.

Tout ceci ne signifie pas qu'un pays ne puisse pas signer des traités de libre commerce, mais ces derniers doivent seulement concerner la dérégulation, la libéralisation et l'élimination des barrières comme ceux établis entre le Chili et des pays comme les États-Unis, la Chine, la Corée, le, Mexique, l'Inde et bien d'autres. Un Chilien expliquait très clairement l'avantage de ces accords en racontant l'anecdote d'une entreprise espagnole qui envoyait ses jambons au Chili pour y être conditionnés avant d'être réexportés vers les États-Unis, car ce dernier pays dresse d'imposantes barrières à l'entrée d'aliments pour les autres pays. Voilà le libre commerce. Voilà le vrai capitalisme.

Les bureaucrates de Bruxelles et de Washington ne travaillent pas pour assainir le marché, ni même en vue de résultats positifs comme la création de richesse, l'augmentation du pouvoir d'achat et la création d'emplois ; ils travaillent seulement pour leurs propres intérêts politiques et économiques. Raison pour laquelle, ils cherchent à réglementer le marché financier pour restreindre la liberté des capitaux et augmenter l'efficacité spoliatrice de la collecte des impôts ou simplement pour avantager leurs grandes entreprises nationales et leurs groupes de pression, comme leurs industries cinématographiques respectives.

De même qu'un porc ne cesse pas de l'être, même si des politiciens veulent nous convaincre qu'il s'agit d'une gazelle, le TAFTA n'est que socialisme et interventionnisme étatique, quand bien même Merkel et Bush jureront leurs grands dieux qu'il s'agit de « libre commerce ».

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1 commentaires

Blogger Wali a écrit...
Aaah! Lire, à nouveau, du Lucilio! ==> :-) ça fait un bien fou!
à 6:51 PM
 

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