20.2.06

Petite illustration du double standard

Alors que nos vaillants collectivistes laïcards continuent à "défendre la liberté d'expression" pour les gentils caricaturistes danois, une condamnation en Autriche et un procès en Belgique viennent illustrer à quelle point la liberté d'expression est devenue une notion à géométrie variable en Europe.

Le parallèle est frappant quand on considère le procès fait au président du Front National de Belgique : en effet, ce qu'on lui reproche, ce sont les caricatures publiées sur les tracts distribués par son parti dans les boîtes aux lettres bruxelloises. Caricatures dans lesquelles, entre autres bons mots, il attribue la responsabilité des événements du 11 septembre au "Kouskous Klan". J'aimerais bien qu'un membre du MRAX ou de je ne sais quelle autre officine m'explique quelle est la différence entre un Mahomet avec une bombe à la place du turban et ce bon mot frontiste. Pourquoi dans un cas parle-t-on de propos racistes et pas dans l'autre ? Après tout, la cible est la même, non ?

Evidemment, je pousse un peu le bouchon. Il est clair que dans un cas, nous parlons de journalistes, certes indélicats mais néanmoins corrects en règle générale, et dans l'autre d'un parti qui a fait de la haine raciale son principal programme. Soit.

Il n'empêche. Je ne peux m'empêcher de me sentir mal à l'aise quand j'apprends qu'un révisionniste est condamné à trois ans de prison pour avoir exprimé des thèses que les historiens ont peu de peine à réfuter, alors que les caricaturistes danois font figure de héros de la liberté d'expression. Dans les deux cas, une communauté est blessée par l'usage qui est fait de la liberté d'expression. Dans les deux cas, des gens ont été choqués et gênés par ce qui s'est dit. Qu'est-ce qui rend l'un condamnable et l'autre pas ?Le problème réside en fait dans la limitation de la liberté d'expression. D'ailleurs, à terme, de telles caricatures finiront aussi par être interdites. Les propos racistes figurent déjà dans la loi, tout cela n'est plus qu'une question de temps.

La liberté d'expression est entière ou n'est pas. En ouvrant la boîte de Pandore des limitations de cette liberté fondamentale, nos soi-disant démocraties ont commencé à arpenter le chemin qui mène vers la dictature.

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3 commentaires

Blogger Jerome Morrow a écrit...
Une bonne démonstration de la girouette arbitraire qu'est la liberté d'expression dans nos contrées. Comme tu l'as si bien exprimé, c'est un pas de plus sur la route de la servitude...
à 7:39 AM
 
Blogger melodius a écrit...
Il y a un autre aspect de la chose, plus procédural, qui est proprement scandaleux.

Tout d'abord, Féret bénéficie de l'immunité parlementaire. Le Mrax et consorts affirment qu'elle a été levée il y a cinq ans, mais depuis lors il y a eu des élections, et Féret a été élu à une autre assemblée.

Ensuite, la constitution réserve la compétence de juger des crimes politiques à la Cour d'assises, en d'autres termes, au jury populaire. Il ne fait pas l'ombre d'un doute que Féret est poursuivi pour crime politique, d'autant qu'il s'est fait élire sur un programme qui reprend précisément les idées pour lesquelles il est poursuivi, et qu'on réclame la dissolution de son parti, mesure éminemment politique elle aussi.

Enfin, Féret et ses proches sont des imbéciles finis qui sont probablement les premiers responsables de l'inexistence politique de l'extrème-droite en Belgique francophone. En l'éliminant, on donne un aura de martyr à un type détestable au passé judiciaire (non politique) plutôt lourd, et on permet à d'autres, plus malins, de remplir le vide qu'il laissera.

En d'autres termes, il n'y a absolument rien de bon à dire de cette procédure, et j'espère que la Cour d'appel de Bruxelles enverra chier tous nos petits censeurs bolchéviques.
à 11:04 AM
 
Blogger gil_caeiro a écrit...
Ah bah, au moins, à vos braves p'tits gars d'extreme-droite, ça va leur éviter une fatwa...
à 9:43 AM
 

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