7.5.06

La vérité sur la social-démocratie

Il est coutumier de présenter la social-démocratie comme une idéologie située dans l'orbe du libéralisme. Rien n'est pourtant plus faux. La haine de la liberté, l'ambition d'équarrisseurs en série, le désir prométhéen et funeste de bâtir une humanité nouvelle, imprègnent autant l'idéologie soc-dem que celle de sa cousine bolchévique.
Pour aider le lecteur à s'en convaincre, je me contenterai de citer cet éblouissant paragraphe de Murray Rothbard :
La marche utopique de l'Histoire, but des sociaux-démocrates, est similaire, mais pas tout à fait identique, à celui des communistes. Pour ceux-ci, l'objectif était la nationalisation des moyens de production, l'éradication de la classe capitaliste, et l'arrivée au pouvoir du prolétariat. Les sociaux-démocrates savent qu'il est de loin préférable pour l'Etat socialiste de conserver les capitalistes et une économie de marché tronquée, afin qu'ils soient réglementés, confinés, contrôlés, et soumis aux commandements de l'Etat. Le but des sociaux-démocrates n'est pas la "lutte des classes", mais une sorte d'"harmonie de classes", dans laquelle les capitalistes et le marché sont contraints de travailler et réduits en esclavage pour le bien de la "société" et de l'appareil d'Etat. Les communistes veulent une dictature de parti unique, où tous les dissidents sont écrasés ou envoyés au Goulag. Les sociaux-démocrates préfèrent de loin une dictature "douce", ce que Marcuse appelait - dans un autre contexte - "la tolérance répressive", constituée d'un système où deux partis s'entendent sur les points fondamentaux et débattent poliment sur les problèmes mineurs ("devrions-nous augmenter les impôts de cinq ou sept pour cent cette année ?"). La liberté d'expression et la liberté de la presse seront tolérées par les sociaux-démocrates, mais encore une fois dans des limites étroites et insignifiantes. Les sociaux-démocrates tremblaient devant la brutalité nue du Goulag; ce qu'ils préfèrent, c'est faire subir aux dissidents une "douce" et "thérapeutique" dictature du "dressage sensitif" et les "éduquer à la dignité des modes de vie marginaux". En d'autres termes, Le Meilleur des mondes au lieu de 1984. L'"inévitable marche vers la démocratie" plutôt que la "dictature du prolétariat".
(Traduction d'un extrait de The Liberal Hysteria, article repris dans l'indispensable et jubilatoire recueil The Irrepressible Rothbard)
Voilà une description dense et saisissante de notre système, qui est commun à tous les pays que les altermondialeux et politiciens carriéristes et socialistes qualifient pavloviennement d'"ultralibéraux". La manipulation sémantique, la subversion langagière, constitue la clef de voûte des étatistes en manque de pouvoir total.

2 commentaires

Blogger derdide a écrit...
"Les sociaux-démocrates préfèrent de loin une dictature douce"

ca me fait irrésistiblement penser à la mainmise des énarques sur la politique française. Non pas qu'ils soient tous mauvais, loin de là, mais cela permet un formatage préalable de la majorité du personnel politique.
à 7:03 PM
 
Blogger Koko a écrit...
Mon "Petit Robert" électronique est en tous cas très clair :

Social-démocratie : Polit. Socialisme allemand, de tendance réformiste. – Par ext. Socialisme réformiste.
à 8:04 AM
 

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