5.6.06

La maladie de Sachs

« La Maladie de Sachs » raconte le quotidien d'un médecin de campagne confronté à la souffrance, à l'angoisse, à la violence des rapports humains, à tout ce qui rend malade. La perméabilité à cette souffrance, qu'on pourrait appeler la compassion, la révolte contre l'arrogance du savoir médical, le sentiment de son insuffisance rendent secrètement le docteur Sachs malade de lui-même. C'est la maladie de Sachs. Par petites touches, par petites phrases, les patients font le portrait du médecin. Le docteur Sachs existe d'abord par le regard d'autrui, le docteur Sachs n'affirme rien. Le docteur Sachs écoute. Et par un effet de miroir, la multitude des voix forme la trame du récit. Une mosaïque d'éclats de vie s'organise autour du cabinet médical. Le docteur Sachs écrit. L'écriture est une thérapie, en tout cas un analgésique. Le docteur Sachs rencontre Pauline. Le docteur Sachs apprend à ne plus avoir peur de la souffrance, car elle est inévitable, ni du bonheur, car il est possible.
Ce n'est pas du livre de Martin Winckler dont je vais parler, ni de son adaptation sur grand écran par Michel Deville, mais plutôt d'une chronique de Jeffrey D. Sachs dans Les Echos. On va finir par croire que je ne lis que ce journal ou que je suis actionnaire du groupe Les Echos vu le nombre de citations que j'en fais.

L'économiste Sachs (plutôt étatiste, vous allez le découvrir, et pas du tout effrayé par la propre arrogance de son savoir comme l'était le personnage du Dr Sachs cité plus haut) est l'auteur d'une tribune ce jour intitulée "Les vrais leçons de l'Europe du Nord", qui loue la réussite des économies nordiques :
Bien qu'aucune expérience régionale ne soit directement transférable, les pays nordiques ont réussi à associer le bien-être social à de hauts niveaux de revenus, à une croissance économique solide et à une stabilité macroéconomique. Ces pays sont également dotés d'administrations publiques d'excellente qualité.
Bien sûr, il existe aussi des différences parmi les pays nordiques, les dépenses sociales étant plus élevées au Danemark, aux Pays-Bas, en Norvège et en Suède qu'en Finlande et en Islande. Toutefois, alors que les impôts nationaux aux Etats-Unis équivalent à 20 % du PNB, le ratio est de plus de 30 % dans les pays nordiques.[..]
Il y a cinquante ans, Friedrich von Hayek, le théoricien de l'économie de marché, estimait qu'un secteur public puissant serait une menace pour la démocratie même, plaçant les pays européens sur « La route de la servitude » [titre du best-seller publié par Hayek en 1944, NDLR]. Or les pays nordiques ont profité, et non souffert, d'un Etat providence fort, d'une corruption plus faible du secteur public et de niveaux de participation électorale plus élevés qu'aux Etats-Unis. Selon Transparency International, les pays nordiques possèdent les systèmes politiques les moins corrompus du monde, Islande et Finlande en tête, alors que les Etats-Unis, avec son système politique où l'argent coule à flots, figurent loin au bas de la liste.
Je suis à la recherche de textes ou études qui démontent ces affirmations; elles sont d'ores et déjà présentes dans le débat français, Ségolène Royal affirmant par exemple vouloir s'inspirer des expériences scandinaves en matière de droit du travail.
Quelqu'un peut m'indiquer des sources?

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