25.7.06

Indigestion de moraline socialiste

Tout est prétexte à augmenter le poids de l’État : l’obésité réelle ou supposée des citoyens en est une illustration devenue fréquente. J’ai ainsi découvert que deux sénateurs PS, Philippe Mahoux et Jean Cornil, avaient "entamé la lutte contre l’obésité". Lisant cela, vous pourriez croire qu’ils ont commencé une grève de la faim pour déplorer le "manque de moyens" des politiques de santé publique ou encore qu’ils ont incité les militants et caciques ventripotents du Parti à faire ceinture. Eh bien, vous auriez tout faux. Il s’agit plus banalement de s’occuper de ce que le citoyen ordinaire met dans son assiette. Les deux joyeux lurons vont même jusqu'à parler d’épidémie... comme si l’obésité était transmissible ! Belle preuve de l’effondrement total de la notion de responsabilité individuelle : "Si j’suis gros, c’est pas ma faute : je suis la victime d’une épidémie mondiale". Au passage, je signale que l’un des deux rédacteurs de cette proposition, Philippe Mahoux, exerce la profession de médecin. Qu’un praticien cautionne une telle niaiserie devrait rester au travers de la gorge de ses confrères. Ceci dit, cela ne devrait étonner personne, étant donné que le socialisme fonde une bonne partie de son emprise mentale sur la manipulation des mots. Pourtant, le site du PS présente l’auguste sénateur en notant : "À coup sûr, Philippe Mahoux n’a pas fait sept ans de médecine (et une spécialisation en chirurgie) pour s’occuper des malades imaginaires !" Qu’il nous soit permis d’en douter.



Citant force chiffres alarmistes, les deux élus applaudissent évidemment au plan nutrition-santé de R. Demotte, ministre de la Santé, passé maître dans l’art du collectivisme (faussement) souriant et (réellement) jargonnant. Sous couvert de cette tarte à la crème contemporaine qu’est la protection du consommateur, ne s’agit-il pas en réalité de permettre à certaines sociétés d’alimentation diététique d’écouler plus facilement leurs produits par le canal politique ? En tout cas, il est clair que le gouvernement s’apprête à distribuer de l’argent aux communes qui montreront le plus de zèle à faire le bonheur des gens malgré eux.


Comme d’habitude, dans ce genre de grande cause où prime le socialo-lacrymal, le vocabulaire guerrier est de rigueur : chacun est invité à se "mobiliser" pour "combattre" ce "fléau" qu’est la surcharge pondérale. Mais, bien sûr, le socialisme c’est la paix...


Autrefois, la démocratie ressemblait à un restaurant où 51 commensaux faisaient payer l’addition par les 49 autres clients. C’était déjà pénible. Désormais, la situation a empiré : elle est devenue un établissement où 51 convives font bombance dans la salle "cochonnailles et victuailles", repas payé par les 49 autres clients - cantonnés à la salle "cuisine light" - auxquels il auront fait servir un maigre radis et de l’eau plate... pour leur bien, évidemment.


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