18.7.06

Les bonnes manières se perdent

Vous avez sans doute tous vu et entendu la dernière sortie de Bush au Congrès du G8. Elle peut paraître anecdotique, mais à mon sens elle est riche d’informations sur la personnalité véritable de W. En plus de montrer à qui en doutait encore que le président américain développe une vue on ne peut plus partiale de la tragédie du Proche-Orient, elle nous montre un trait de caractère qu'ont relevé plusieurs commentateurs américains (mais pas européens, à ma connaissance du moins) ; je veux parler de l'absence totale de savoir-vivre du président américain qui s'adresse à son proconsul Tony Blair la bouche pleine et dans un langage de charretier - c'est à peine s'il n'en profite pas pour lâcher une caisse ou roter.


Que ce soit affecté (censément pour faire "popu") ou pas importe finalement assez peu. Cela me paraît surtout témoigner d'un mépris profond des bonnes manières chez ces politiciens qui se targuent d'être "conservateurs". Cette vulgarité, de plus en plus visible chez les bushistes - pensons à l’ordurier Rush Limbaugh - est d'ailleurs relevée par une universitaire américaine, Anne Norton, dans un essai remarquable : Léo Strauss et la politique de l'empire américain (traduit chez Denoël).


Je me permets de citer un paragraphe saisissant de l’essayiste, car cet auteur a parfaitement décrit la trahison des valeurs conservatrices par nombre de ses prétendus défenseurs :



"Le respect des usages, la courtoisie ont cédé la place, avec l’ascension de Rush Limbaugh et ses prises de position plus polémiques et agressives. Des pratiques autrefois confinées à la radio sont devenues courantes dans les cercles plus huppés de la National Review et du Weekly Standard. Le journalisme politique, autrefois réputé pour son sérieux, a adopté le style sardonique des adolescents. De distingués juristes, autrefois parangons de bienséance, se défirent de leur souci des apparences. Antonin Scalia, juge à la Cour suprême, refusa de se récuser dans des affaires concernant son ami et compagnon de chasse, le vice-président Dick Cheney, soutenant avec un mépris des conventions qui eût fait la fierté d’un nihiliste que lui seul pouvait déterminer à quelle aune il devait juger. D’autres vertus ont disparu de leur canon. William Bennett a éliminé la frugalité du Livre des vertus. L’élégance vestimentaire d’antan et les bonnes manières sont tombées en désuétude chez les nouveaux conservateurs."

Ce refus de se soumettre à quelque code de savoir-vivre n’a rien d’étonnant de la part d’experts en savoir-tuer.

links to this post

Links to this post:

<\$BlogItemBacklinkCreate\$>

2 commentaires

Blogger Chitah a écrit...
Je pose une question en l'air : ce serait intéressant d'avoir des mini-biographies de tous ces sinistres personnages dans Wikibéral, non? Juste quelques lignes, pas trop polémiques...

Ca pourrait aider les lecteurs même si je me rends compte que c'est du boulot, et que mieux vaut se focaliser sur des bios de libéraux...
à 3:49 PM
 
Blogger libergold a écrit...
Poutine, Bush, même language. Ceci ne les empêche pas de se faire élire. Reflets des électeurs ? Reflets de l'évolution d'une société ?

Ce qui pourrait être intéressant est un site web reprenant tous les 'ils ont dit' pour signaler les mensonges, contradictions, grossièretés, etc. de toutes les hommes politiques ayant une influene importante.

Peut-être cela existe-t-il déjà ? Merci de m'en faire part si c'est le cas.

libergold
http://prisonniersdespolitiques.blogspot.com/
à 12:45 PM
 

Enregistrer un commentaire

<< Retour à l'accueil