24.7.06

Le musée des horreurs de la gauche, épisode 3

La Commune de Paris

(Remarque préliminaire : cette série ne suit pas nécessairement l’ordre chronologique des événements historiques qui y sont relatés. Elle est préparée au gré de l’inspiration des auteurs ou en guise de réponse à d’éventuelles commémorations officielles.)


Un épisode célébré à cor et à cri par toute la gauche, marxiste ou non, reste celui de la Commune de 1871, le rôle du salaud de service étant attribué à Adolphe Thiers, alors chef du pouvoir exécutif. C’est à travers ce genre de réécriture de l’Histoire que l’on s’aperçoit du caractère intrinsèquement liberticide de la vision du monde socialiste, et il est assez facile de le prouver.


Tout d’abord, la prise du pouvoir parisien par les Communards n’a rien d’un acte spontané. Quelques mois avant la proclamation de la Commune, des dépôts d’armes et des commissariats furent dévalisés de leurs arsenal. Ce sont des membres de l’Internationale, dont beaucoup étaient inspirés tout particulièrement par le fanatique révolutionnaire Blanqui (l’éternel factieux emprisonné sous tous les régimes, dispensant ses conseils depuis sa cellule), qui se sont emparés de la capitale. Ces individus attendaient leur heure. Elle est venue lorsque le gouvernement provisoire - "les Versaillais" de Thiers - a entamé des négociations de paix avec l’armée prussienne. Prétextant une "trahison de la Réaction" (... curieux réactionnaires, au demeurant, puisque Thiers et les autres ministres se réclamaient des principes de 1789), les émeutiers ont fait de Paris le siège de leur projet ultrasocialiste. Certains avaient déjà pris leurs quartiers, plusieurs mois auparavant, dans l’administration municipale : le fameux entrisme cher aux futurs trotskistes, en somme ! C’est d’ailleurs la Garde nationale qui fut le plus infiltrée par la subversion socialiste.


Ah, les fédérés ! Ces hommes que l’historiographie bien-pensante décrit comme autant de braves gars désintéressés et guidés par la liberté comme par le bien commun, eh bien, ces grands coeurs et redresseurs de tort n’eurent rien de plus pressé, le 22 mars 1871, que de tirer à vue sur la foule de Parisiens opposés à leur putsch. Par comparaison, notons que Thiers avait décidé de ne pas réprimer les émeutes fomentées par les communards en date du 18 mars.


Un autre fait d’armes imputable à ces bons "patriotes" est le lâche massacre de deux officiers qu’ils avaient préalablement désarmés et faits prisonniers : les généraux Lecomte et Thomas. Le maire de Montmartre, le très rouge Georges Clemenceau, serait arrivé trop tard sur les lieux pour empêcher leur assassinat... mais il reste des doutes sur la réalité de son empressement.


On nous bassine ensuite les oreilles avec l’amour communard pour la "démocratie participative". Voyons cela : quatre jours après avoir mitraillé nombre de leurs opposants désarmés, les socialeux organisèrent en effet des élections... mais 100 000 personnes n’avaient d’autre choix que de fuir la ville en état insurrectionnel, de sorte que seul près d’un demi million d’électeurs s’inscrivit. Victoire politique peu glorieuse pour le parti de l’envie.


Ce qui attire naturellement les idéologues socialistes - même ceux qui se targuent de ne pas succomber aux délires marxistes - est "l’actualité" du message de la Commune, aux fins, notamment, de lobotomiser les élèves en cours d’histoire.


Citons donc quelques unes des brillantes initiatives communardes :


- La séparation de l ‘Église et de l’État. Il s’agissait - bien avant les lois de 1882 et 1905, et dans la droite ligne de 1789 - de piller les biens ecclésiastiques ainsi que d’interdire l’enseignement religieux. La Commune n’autorisa à rester ouverts que les lieux de culte accueillant les meetings politiques du nouveau pouvoir - décision prise, à l’évidence, par souci du compromis. Officieusement, les églises devinrent autant de lupanars scabreux (bien que la prostitution fût prohibée par les insurgés...). Le lecteur l’aura noté de lui-même : les lieux de vie "festifs, solidaires et citoyens" prennent leur source dans cette collectivisation des lieux de culte.


- La suppression des dettes et de leurs intérêts, histoire de montrer aux vilains capitalistes et autres exploiteurs qui était désormais le maître.


- Dans la même veine, n’oublions pas l’expropriation des entreprises et leur prise en main par des conseils ouvriers.


- La remise aux locataires des baux qu’ils avaient versés les neuf derniers mois, que complétait l’interdiction faite aux propriétaires d’expulser leurs locataires indélicats. Rien de mieux que de telles sornettes pour ruiner les propriétaires et les mettre ainsi à la rue. "Vive la sociale !" Là encore, les socialistes "modernes" n’ont pas eu besoin de chercher bien loin leur inspiration, quand ils recommandent le blocage des loyers, telle L. Onkelinx, ministre de la Justice.


- L’abolition du travail de nuit dans les boulangeries. Les Parisiens affamés par la guerre et le siège de leur ville apprécièrent cette "réforme" à sa juste mesure, n’en doutons pas.


- Aux fins de contrôler les allées et venues de la population, fut instaurée la carte d’identité, nommée alors "certificat de civisme". Je ne serais pas surpris outre mesure que Ségolène Royal ou Sarko trouvent plus poétique cette appellation et la reprennent demain à leur compte.


En outre, des associations féministes avant la lettre prirent fait et cause pour ce chamboulement total et y allèrent de leur couplet devenu rituel : égalité de salaire entre les hommes et les femmes, droit à l’union libre en leur faveur (afin, évidemment, de rompre les chaînes maudites du patriarcat millénaire), etc.


Bref, il n’est évidemment pas étonnant que Marx et Engels aient vu dans cet épisode dramatique la première expérience communiste moderne.


Un personnage fortement emblématique de cette courte période reste le préfet de police nommé par les proto-bolcheviques : Raoul Rigault, un jeune psychopathe, qui avait pris comme modèles politiques Robespierre et Saint-Just, dont il connaissait les discours sur le bout des doigts. Fanatique entre les fanatiques ("nous ne faisons pas de la légalité, nous faisons la révolution" s’exclama-t-il), il envisagea une industrialisation de la mise à mort des "ennemis du peuple" en concevant une guillotine à vapeur (heureusement, il ne put mettre ce funeste projet à exécution, car il fut remplacé par un dénommé Cournet).


Autant attendri par son inséparable pistolet (auquel il chantait des berceuses, si l’on en croit le romancier Jules Vallès) qu’obsédé par l’héritage de la Révolution française, Rigault promulgua ainsi le "décret des otages du 2 priairal an 79", en vertu duquel il fit assassiner par ses escadrons de la mort Mgr Darboy, archevêque de Paris (lequel bénit ses tortionnaires juste avant de mourir) et d’autres innocents, tels qu’une quinzaine de dominicains, des prêtres (dont le curé de l’église de la Madeleine et un abbé dévoué au secours des miséreux), des civils et notables, parmi lesquels des magistrats. L’écrivain gauchiste Bernard Noël ose pourtant écrire avec un aplomb déconcertant dans son Dictionnaire de la Commune : "On a beaucoup parlé de son agitation, de son terrorisme, de sa légèreté aussi, mais il n’y eut d’outrance que dans son anticléricalisme, qui lui fit multiplier les perquisitions dans les églises et les vexations à l’égard du clergé." L’euphémisme est décidément la sortie de secours favorite des totalitaires honteux.


Enfin, il est toujours question de la "Semaine sanglante", entendez de "l’atroce répression anti-communarde", mais on oublie souvent de rappeler que Thiers fit seulement exécuter et arrêter les néo-jacobins, donc uniquement les fauteurs de troubles, et qu’il n’était pas question pour lui de s’attaquer aux Parisiens, en majorité effrayés par les partageux. Quelque 20 000 communards furent tués pendant le siège de Paris. Ensuite, la capitale ayant été reprise, Thiers insista pour que les membres de l’Internationale fussent jugés dans les règles (droit refusé par ces derniers à leurs prisonniers, remarquons-le). Ainsi, sur 40 000 communards arrêtés, environ 15 000 furent condamnés, dont 270 exécutés. En outre, rappelons que de nombreux révolutionnaires, et non des moindres, poursuivirent une seconde carrière littéraire (Jules Vallès, Henri de Rochefort, Paschal Grousset alias André Laurie, nègre de Jules Verne, etc.) et politique (Blanqui, père putatif de la Commune, resta encore brièvement en prison... avant d’être élu député de Bordeaux en 1879 !).


Malgré tant d’atrocités, les barbares partageux font désormais partie du patrimoine français, puisqu’il existe depuis l’an 2000 une place de la Commune dans le 13e arrondissement parisien. Quand on sait que c’est Jean Tibéri qui l’a inaugurée, on se dit que sa capacité à faire voter les défunts est décidément assez étourdissante ! C’est un peu comme si le maire de Munich allait commémorer le putsch commis dans cette ville par Hitler en allant rebaptiser la brasserie où il harangua ses partisans : "Au bon putsch".


C’est dans ce genre de manifestations que l’on se rend compte combien le subconscient collectiviste est encore puissant dans les esprits contemporains, trop de gens gobant les mensonges socialistes. Mais il faudra bien un jour que ce soit le tour des totalitaires de tout poil de raser les murs... (non, je ne pense pas à celui des fédérés !)

links to this post

Links to this post:

<\$BlogItemBacklinkCreate\$>

9 commentaires

Blogger AM a écrit...
Tant que les collectivistes du monde n'auront pas eu leur nuremberg, nous ne sortiront pas de cette cercle vicieux de la malhonnêteté. Malheureusement (et j'en suis) il extrêment difficile pour le non-éduqué en histoire, de faire la part des choses.
Merci de cette clarification. Une rubrique régulière sur des faits historiques serait une bonne idée...
à 7:44 PM
 
Blogger Dilbert a écrit...
Tu es sûr pour le certificat de civisme ? Je pensais que ça n'avait existé que sous la Terreur, en 1792...
à 8:31 PM
 
Blogger pankkake a écrit...
Que d'informations passionnantes et renversantes (je ne parle pas que de cet article) ! Tu devrais écrire un livre ;)
à 11:35 PM
 
Blogger RonnieHayek a écrit...
Merci de vos sympathiques commentaires.

Pour répondre à Dilbert, j'ai découvert assez récemment cette information, qui est recoupée dans quelques bouquins sur la question.
à 12:20 AM
 
Blogger climax a écrit...
Papier passionnant, bravo !

RonnieHayek, le Jean Sevillia libertarien ?
à 9:41 AM
 
Blogger RonnieHayek a écrit...
Merci à toi, Climax !

De fait, je conseille chaudement Historiquement correct de Sévillia (bien qu'il pèche parfois par étatisme franco-centrique ;-D ).
à 10:28 AM
 
Blogger Goldored a écrit...
Quelle pauvre et lamentable vision de l'histoire ! Hémiplégique, partisane, rapide, simpliste...
Est-ce surprenant de la part de quelqu'un qui prône le chacun pour sa gueule ?
Et les crimes et horreurs engendrés par se "chacun pour soi" ? En feriez-vous état ?

Goldored
à 5:38 PM
 
Blogger Julian a écrit...
J'aimerais savoir, Hayek, sur quoi se base ton travail historique? Il ne faut pas prendre à la légère la portée d'un ecris, surtout lorsqu'il est ainsi exposé en place publique.

Quel magnifique methodologie :"j'ai découvert assez récemment cette information, qui est recoupée dans quelques bouquins sur la question."

Si tu pretend réecrire l'histoire loin de l'historiographie bien pensante, remonte tes manches, et comme ecris précédemment, lance toi dans la rédaction d'une oeuvre un peu plus conséquente et argumentée que ce pseudo pamphlet de quelques lignes.

Si tes idéologies te portent ailleurs, établis une histoire comparée de ton modèle et de celui que tu rejète.

Mais ce genre de sous-pensée, expéditive, réunissant le procès et la sentence...très peu pour moi.

Pour les gens qui lisent ce genre d'articles, de billet d'humeur plutôt, renseigné vous par vous-même, chercher à vérifier les dires de ce Mr Hayek, mais aussi, à l'inverse de ceux qui le recuse. Mais n'en réster pas à de si simples considérations idéologiques de l'histoire.

Julian.
à 5:45 PM
 
Blogger Jacquesrenardjacquesrenard@outlook.com a écrit...
Commentaire très argumenté. Lol. Que la commune de Paris est une horreur cela ne fait peu de doutes. Il y a suffisamment de travaux d'historiens sur le sujet.
Quel crimes ont été causé par les libertariens ?? Renseigner votre un peu sur ce qu'est l'idéologie du blog ? Droits naturels, principe de non agression,.. Ça vous parle ? C'est la base de l'idéologie libertarienne.
L'état a commis tellement crimes de masse que ça sera dur d'arriver à son niveau.
à 5:00 PM
 

Enregistrer un commentaire

<< Retour à l'accueil