5.4.07

Les Enjeux de "l'affaire Léonard"

S'il y a un scandale dans "l'affaire Léonard", il réside dans la cabale médiatico-politico-associative dirigée contre l'évêque de Namur.

Cette opération cherche à faire rentrer l'Église dans le rang organisé par les révolutionnaires institutionnalisés qui nous dirigent. Les commentaires, interchangeables (quelle surprise !), insistent sur le fait que Mgr Léonard aurait le front de contester des législations en vigueur. Voyez-vous ça ! Je trouve assez désopilant que cette critique émane de politiciens qui, depuis des années, passent leur temps à modifier l'arsenal juridique (à commencer par la Constitution, si éloignée de sa fonction originelle), de surcroît dans le but de transformer radicalement la société et de la faire cadrer avec leurs utopies. La démocratie ne fonctionnerait donc que dans le sens de la révolution sociale et perdrait toute vertu quand il s'agit de protester contre le prétendu sens de l'Histoire - du reste, s'il est si irréversible que ça, on se demande bien pourquoi ses concepteurs tiennent tellement à censurer ceux qui s'y opposent. En vérité, c'est la fermeté et l'intransigeance morale de Mgr Léonard qui est bel et bien visée. À cet égard, que quelqu'un qui prône la fidélité dans le couple soit de nos jours considéré comme un dangereux incendiaire, voire un fanatique méritant d'être châtié avec la plus grande sévérité, devrait donner à réfléchir sur l'état de notre société. Comment nos progressistes pourraient-ils accepter qu'un homme investi d'une autorité ne devant rien aux états-majors de partis ni au suffrage de clientèles politiques puisse leur tenir la dragée haute ? Je pense notamment à cet extrait percutant de l'interview du "Télémoustique", dans lequel, commentant la dépénalisation de l'avortement, il note avec une ironie toute swiftienne : "Ceux qui ont adopté ce texte sont déjà nés. C'est le seul cas d'une loi qui ne concernera jamais ceux qui la votent. Si la loi avait des effets rétroactifs et qu'au moment de voter, devaient mourir ceux qui ne seraient pas nés 40 ans plus tôt à cause de la législation, peu de parlementaires appuieraient sur le bouton vert, parce qu'ils se sentiraient concernés."

Comme il est ensuite impossible aux progressistes de toutes les familles politiques de répondre, après une telle estocade, sur un terrain moral sans se ridiculiser, ils optent pour la diabolisation la plus manipulatrice. C'est ainsi que la liberté d'expression, tant vantée quand il s'agit de défendre le droit de caricaturer un prophète, est frappée de nullité quand un homme d'Église désapprouve publiquement les décisions du législateur lorsqu'elles touchent à l'organisation de la famille et surtout à la vie humaine. Pour faire taire le dissident et le vouer à l'exécration du bon peuple, les particrates retournent le sens du mot "laïcité", si bien que le seul discours public autorisé est désormais celui du camp progressiste. En renvoyant toute opinion divergente à la sphère privée, nos maîtres ambitionnent de mieux contrôler l'opinion publique et d'imposer leur nihilisme à tous. Dans ce registre, le CDH (ex-sociaux chrétiens), dont la veulerie ne connaît aucune limite, n'est pas le dernier à sonner l'hallali pour la mise à mort médiatique de l'évêque. Cette obsession anticléricale ne laisse pas de m'inquiéter : les particrates voudraient organiser une Église dans le socialisme, sur le modèle de ce qui se passait en ex-RDA, qu'ils ne s'y prendraient pas autrement. La presse "catho" est déjà à leur botte; ne reste plus qu'à intimider et soumettre définitivement l'institution elle-même. Pour ce faire, le chantage idéologique auquel se combine le flicage de la parole constituent le glaive et le bouclier de la social-démocratie "libertaire".

Sur le rejet de la différence que manifesterait Mgr Léonard, là aussi nous assistons à un renversement orwellien de la réalité. En effet, l'évêque rappelle au contraire que, pour l'Église, le mariage est l'union entre deux personnes de sexe différent. Il déplore que le pouvoir politique détourne le sens des mots en nommant "mariage" un simple contrat civil. Obliger l'Église à accepter ce rapt sémantique, c'est lui demander d'abandonner une partie de sa doctrine. En d'autres termes, c'est la priver de son identité et refuser sa différence par rapport au mainstream. De la sorte, au nom du droit à la différence, ne doit plus être entendue qu'une longue mélopée approbatrice. L'unanimité doit régner par la force de la loi, qui sanctionnera toute dissidence. On voit donc bien le véritable enjeu de cette affaire : séculariser totalement la société pour la soumettre sans restriction à la volonté étatique et donc à la loi du plus fort. Et cette dernière expression n'est pas exagérée, étant donné que les rôles sont inversés : celui qui pensait user de sa liberté d'expression est traité comme un infâme persécuteur et un délinquant au moins potentiel, alors que ceux qui veulent éteindre toute liberté d'opinion en criminalisant la pensée jouent aux victimes ou aux défenseurs de la veuve et de l'orphelin.

Si les socialos de tout poil parviennent à leurs fins, qui d'autre que l'épiscopat fera entendre sur la place publique un autre son de cloche ?

links to this post

Links to this post:

<\$BlogItemBacklinkCreate\$>

6 commentaires

Blogger Roniberal a écrit...
Excellent article!
Tu vas encore te faire des ennemis, toi! ;)
à 12:25 AM
 
Blogger jepenseaussi a écrit...
Bravo, bravo et encore bravo!
ça fait du bien de lire des commentaires de personnes qui prennent encore le temps de réfléchir sans se laisser berner par nos médias d'état.

Je partage votre avis, qui me semble-t-il fait preuve de véritable liberté d'esprit.

L'intolérance a changé de camp, et la phraséologie de l'appareil médiatique d'état ou non n'empêchera pas indéfiniment les gens de penser.

A ceux que cela peut intéresser, je renvoie à l'ouvrage paru il y a quelques années d'Alain Minc, Épitres à nos nouveaux maîtres (Grasset & Fasquelle, 2002 ou livre de Poche 4350) dont je vous partage le résumé proposé par l'éditeur:
**************
Le conformisme a changé de camp. Ce n’est plus le vieux conformisme bourgeois qui règne, mais un nouveau ‘politiquement correct’ à la française. Il est l’apanage des maîtres du moment : féministes, gays, communautaristes, croisés de l’antimondialisation, dévots de la pureté, apôtres du populisme, parmi d’autres.
Leur discours est omniprésent ; leurs aspirations triomphent ; leurs fantasmes fabriquent désormais l’imaginaire collectif. La société a abdiqué devant eux, comme elle le faisait autrefois devant les seules classes dirigeantes. Étonnant renversement de perspective : est devenue dominante l’idéologie de ceux qui ont l’intelligence de se présenter encore comme les dominés.
« Ni Dieu ni maître » : pourquoi le plus beau des principes ne s’appliquerait-il pas à nous nouveaux maîtres ? Pourquoi échapperaient-ils à toute interpellation ? Pourquoi, exhibant, tels des quartiers de noblesse, leur souffrances passées ou leur marginalité d’hier, seraient-ils à l’abri de la critique qu’ils ont, à juste titre développée à notre endroit ? Dix épîtres à nos nouveaux maîtres pour lever cette chape de plomb »
**************
Ah oui, je ne suis ni éditeur, et je possède encore moins des actions, et même si je ne partage pas toutes les convictions de M. Minc, je réclame comme lui le droit de penser librement, hors des influences de la chape de plomb des médias d’état et de la pensée unique.
Quant à ceux qui parlent de droit, je signale que cette donnée n’est pas suffisante pour respecter la liberté et la dignité de l’homme : c’est cette dignité qui fonde le droit, et pas l’inverse ! Des lois peuvent avoir un parfait aspect légal et pourtant être profondément iniques et inhumaines, qu’on pense au légalisme nazi ou des dites démocraties populaires qui tous les deux ont produit des lois avec les conséquences que l’on sait.
Triste dérive que celle de notre pays qui se veut à l’avancée du soi-disant progrès social : si c’est au prix de taxer tous ceux qui ne pensent pas dans la droite ligne de l’establishment politico-médiatique en les stigmatisant d’intolérants, voir chercher à les faire passer devant les tribunaux, l’ombre du totalitarisme n’est vraiment pas loin : ce cancer-là change vite et habilement de visage, restons vigilants !
à 11:49 AM
 
Blogger climax a écrit...
Très bon papier une fois encore !

Dans cette affaire, l'argument le plus curieux est bien celui qui dénie à Mgr Léonard le droit de critiquer une loi qui a été votée.

En vertu de quelle règle, quiconque, qu'il soit clerc ou laïque, ne pourrait se prononcer contre une loi adoptée par le Parlement ?

Se perdant dans des considérations vaseuses sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, les détracteurs de l'ecclésiastique défendent par là une conception inquiétante de la liberté d'expression...

Quelle différence avec les arguments bien pesés et réfléchis de Mgr Léonard !
à 2:51 PM
 
Blogger European Family Pride a écrit...
Si vous êtes d'accord avec ce qui suit, diffusez dès à présent très largement ce message autour de vous et apportez votre signature à ce manifeste. Il faut qu'un maximum d'associations soucieuses de défendre la Famille se mobilisent pour soutenir un tel projet. Ensemble, soyons forts pour faire entendre notre voix.



Manifeste pour l'European Family Pride



Parce que la Famille est le socle indispensable au juste équilibre de la société.

Parce que remettre en cause les fondements de la Famille équivaut à mettre en péril cette société et à s'opposer au bien commun.

Parce que nous voulons une société qui encourage la natalité, accueille les enfants, protège les personnes handicapées et assure le bien-être des personnes âgées.

Parce que nous refusons l'avortement et l'euthanasie.

Parce que nous ne voulons ni de bébés-médicaments ni de clonages humains. Parce que la morale et l'éthique doivent être rappelées aux scientifiques.

Parce que nous croyons à l'institution du mariage.

Parce que nous refusons qu'elle soit livrée à des parodies.

Parce que certains jouent aux apprentis-sorciers et cherchent à inverser les normes.

Parce qu'il faut que le bon sens triomphe.

Parce que toute l'Europe est confrontée aux mêmes maux.

Parce que la voix des Familles doit s'entendre dans toute l'Europe.

Parce que si nous voulons de bonnes lois, il faut nous mobiliser.

Parce que beaucoup de décisions se prennent dans les institutions européennes.



Nous vous appelons à participer nombreux à l'European Family Pride qui se tiendra le samedi 5 mai 2007 à Bruxelles. Rassemblement à 14h au rond-point Schuman, aux pieds des institutions européennes de Bruxelles. Nous marcherons jusqu'au palais de Justice de Bruxelles où se tiendront à partir de 16h les discours des intervenants.

http://europeanfamilypride.blogspot.com/
à 5:29 PM
 
Blogger Lobo a écrit...
Honteux,

comment peut-on au 21ème siècle accorder son soutien à Mgr et écrire un tel pamphlet à son soutien en déplaçant le débat de telle manière à l'orienter si grossièrement sur l'opposition entre cet évêque et les partis politiques.
Nous avons ici affaire à un individu sectaire et pernicieux qui lorqu'il montre son visage rétrograde anti-avortement et anti-homo se dépêche vite de faire marche-arrière quand on lui cite ses propos. Ses théories freudiennes sur la sexualités des gays sont une des choses les plus hilarantes que j'ai lue depuis des mois mais penser que des gens souvent moins éduqués pourraient le prendre au sérieux me fait froid dans le dos. Que dire de la sexualité des prêtres et de la place de la femme dans l'église.

Qu'il ait au moins le courage de dire que la doctrine de l'église refuse ces pratiques (du moins ouvertement) et qu'il ne prenne pas appui sur des théories scientifiques utilisée comme des statistiques de politicien.

je cite msg Léonard :"Vous dites : Le préservatif est un moindre mal, mais un mal tout de même ?

"Je me suis appuyé sur un article très fouillé réunissant des enquêtes très fouillées menées par des centres universitaires de toutes les parties du monde, qui démontre un taux d'efficacité du préservatif de seulement 90 % en moyenne, dû non pas à la perméabilité, mais à des soucis de rupture et de glissement. C'est donc une illusion de parler de sécurité absolue."


Je ferai remarquer à jepenseaussi que dans le camps du conformisme il mets aussi les apôtres de la pureté.

Je cite :

Vous condamnez aussi le préservatif d'un point de vue moral, non ?

Je me place surtout sur le plan de la santé publique et de la responsabilité. Quand il y a un risque de contamination qui reste malgré tout réel, on ne peut présenter ce moyen comme complètement fiable. Je souhaiterais que, dans l'information donnée au public, on insiste aussi sur un autre aspect : celui d'avoir des relations plus sages, plus stables, avec moins de partenaires, ce qui contribue plus efficacement à diminuer les risques."

N'est-ce pas criminel ce genre de réflexion?
On peut choper n'importe quelle maladie avec 3 partenaires dans sa vie si on ne se protège pas.
Comment pouvez-vous savoir la vie intime de votre partenaire que vous le connaissez depuis 3 mois.

In fine Mgr Léonard condamne le préservatif (qui n'est en vertu "d'un article très fouillé réunissant des enquêtes très fouillées " fiable qu'à 90% et propose des relations sages avec moins de partenaires.

Excusez-moi de ne pas être d'accord avec cette interprétation de la sexualité actuelle.

Ps : j'utilise ma liberté d'expression sans avoir besoin de citer les prêtre comme anormaux en fonction d'une théorie psychanalitique ou en disant que suivant la sexualité humaine ces derniers devraient pouvoir accomplir un acte sexuel avec le parteanire de leur choix...

Article de la dh

http://www.dhnet.be/infos/belgique/article/170123/monseigneur-leonard-j-evite-le-mot-anormal.html
à 11:22 AM
 
Blogger melodius a écrit...
Comment peut-on défendre Mgr Léonard au 21ème siècle ?

Très simple, pour qu'il ne soit pas comme le 20ème fait sur mesure pour bolchéviques et nazis.
à 12:26 PM
 

Enregistrer un commentaire

<< Retour à l'accueil