27.9.04

C'est de la Bâle, Bébé

Les nouvelles normes comptables (le fameux sujet "Bâle II" dont tous les consultants parlent) créent bien des difficultés à nos hommes d'Etat français.
Le principe est tout bête : obtenir une vision la plus juste de la valeur d'une entreprise en intégrant les risques et les coûts hors bilan dans le bilan.
Par exemple, pour les entreprises de crédit, il faut désormais définir les risques d'impayés et introduire les coûts qui y sont liés à la vision comptable de l'entreprise.
Quelques sociétés cotées devront, par exemple, faire figurer le coût éventuel d'une clause de parachute proposée à leur PDG, ce qui peut représenter, le cas échéant, un coût non négligeable plombant les résultats de l'entreprise.
Et voilà nos entreprises publiques dans la mouise.
Parce que, d'après Bâle II, tout coût prévisible, comme des clauses particulières de RH, doit figurer dans le bilan de l'entreprise. Par exemple, une clause proposant un régime de retraite particulier. Et c'est ainsi que la RATP doit intégrer 18 milliards de dettes dans son bilan, La Poste 57 milliards et la SNCF 70 milliards. Et la SNCF doit en plus ajouter ses dettes hors bilan (vous savez les 8,22 milliards sortis par miracle du bilan et dont l'Etat paie pour environ 600 millions d'intérêts par an !)

On comprend mieux que les socialistes ne suportent pas le capitalisme et son besoin de transparence de l'information !!!

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7 commentaires

Blogger Sous-Commandant Marco a écrit...
Excellent, la dette française va bienôt se rapprocher des 2000 milliards d'euros. Le roi va bientôt devoir enlever son slip acheté à crédit.
à 8:45 PM
 
Blogger Adolphos a écrit...
BUDGET Équivalent à 65% du PIB, elle représente 17 800 euros par Français
La dette publique française dépassera 1 100 milliards fin 2005


http://www.lefigaro.fr/eco-monde/20040924.FIG0197.html
à 11:20 PM
 
Blogger Sous-Commandant Marco a écrit...
Oui, mais justement ce chiffre ne tient pas compte des risques futurs ni des engagements hors bilan, comme par exemple le fait que l'Etat se porte caution de prêts d'entreprises publiques ou semi-publiques. Les nouvelles normes comptables l'obligeront à prendre en compte tous ces risques dans son bilan.

Rien que les retraites des fonctionnaires représenteront des dizaines de milliards d'Euros supplémentaires par an, dans les années qui viennent. Qui ne sont provisionnés nulle part, bien entendu.

Aie, aie, aie, j'entends déjà les cris d'orfraie de certains: "Comment, vous voulez donc gérer l'Etat comme une entreprise, vilain petit libéral que vous êtes!". Qu'est-ce qu'on va rigoler!
à 12:50 AM
 
Blogger Chitah a écrit...
Je ne sais pas si gérer l'Etat comme une entreprise est une meilleure idée que de gérer ce qui devrait être une entreprise (comme La Poste) comme une administration publique.

Comme entreprise et administration sont deux choses différentes, on ne peut pas gérer l'une avec les méthodes de l'autre.
Pour un fonctionnaire de la Direction des Impots, la productivité est facile à mesurer (en nombre de feuilles traitées, ou en faisant un benchmark avec les assureurs et les métiers de papersasse) mais pour la recherche ou l'enseignement c'est beaucoup plus chaud.
à 12:04 PM
 
Blogger arnaud.divers a écrit...
Exact Chitah, mais malheureusement, les étatistes se servent de cet argument pour ne rien faire. Peut-être peut-on commencer par introduire des méthodes de gestions de type libéral dans certaines administrations (tout d'abiord en périphérie puis dans leur core business).
à 2:32 PM
 
Blogger Sous-Commandant Marco a écrit...
A Chitah:

Les administrations publiques ne sont pas les seules à faire de l'"enseignement". Beaucoup d'entreprises privées font de la formation en interne par exemple. Et beaucoup de salariés dans le privé sont dans la même situation: il est difficile de mesurer leur productivité autrement qu'avec les chiffres de la comptabilité d'entreprise.

Le problème n'est pas de mesurer la productivité. Il s'agit simplement d'établir des bilans et des comptes de résultat qui tiennent mieux compte des risques. C'est à dire de savoir où va l'argent (cela est déjà un problème aujourd'hui) et s'il risque d'en partir plus que prévu (alors là, c'est carrément exiger de chiffrer toutes les belles promeses que l'on a faites depuis des décennies.)

Si par exemple, vous vous portez garant pour le prêt de quelqu'un d'autre, vous pouvez être obligé de payer, quand bien même vous n'avez jamais vu l'argent correspondant. Beaucoup de ces risques ne sont pas pris en compte, même dans les entreprises privées, alors qu'il devraient logiquement nécessiter des provisions. Les provisions, c'est pas bon dans les comptes, car c'est l'équivalent d'une perte.

Beaucoup de chefs d'entreprise le font déjà. Pourquoi pas l'Etat?
à 3:23 PM
 
Blogger Octavius a écrit...
J'ai entendu dire (à vérifier) que les méthodes de comptabilité analystique avec répartition des frais généraux n'ont été appliquées dans les hôpitaux publics que à la fin des années 80.

Avant, il était impossible d'évaluer le coût réel d'une appendicectomie dans ces structures.
à 3:41 PM
 

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