1.10.04

L'Etat est une drogue dure

Pour résoudre le problème de la toxicomanie, le CAL (Centre d'action laïque) propose de nationaliser, étatiser serait plus exact, un marché clandestin. Il pose le débat dans les termes (biaisés) d'une alternative drogues prohibées/drogues vendues par des "officines publiques". Ma position est claire et nette: il faut libéraliser ce commerce tout simplement - et véritablement. Libre aux gens de se shooter, c'est leur responsabilité. Nous ne devons pas confondre morale et Droit. Bien que je répugne à ce genre de trip, je ne vois pas pourquoi je devrais interdire à d'autres cette activité.

De plus, comme précédemment dans le cas de la prohibition de l'alcool et comme peut-être demain avec celle du tabac, qui tire les marrons du feu? Réponse: les bandes criminelles qui se moquent éperdument de la qualité du produit qu'elles vendent à leurs clients, et qu'elles peuvent menacer et extorquer, sachant que ceux-ci n'iront pas se plaindre. Ce serait pareil si demain, les médicaments étaient purement et simplement interdits (d'ailleurs, certains ne sont-ils pas considérés comme des drogues, selon le contexte?).

Dans une situation de marché libre (qui n'existe, du reste, que pour très peu de produits, notons-le), le client ne serait plus captif de ses fournisseurs et pourrait, par exemple, initier une campagne dénonçant la mauvaise qualité des drogues commercialisées par tel producteur et inciter ainsi à boycotter ses produits. Aujourd'hui, ce n'est évidemment pas possible. La publicité de l'information en ce domaine n'existe pas ou peu - du fait de la prohibition. De là, les nombreuses morts et maladies provoquées. L'interdiction ne protège pas les plus faibles de leur faiblesse, mais creuse leur tombe. Enfin, aux monopoles et cartels rendus possibles par cette législation déresponsabilisante, le CAL prétend substituer le monopoleur type qu'est l'Etat - qui, est la pire de toutes les drogues ayant jamais existé. Où est le progrès là-dedans?

PS: je ne me drogue pas, sauf au café, à la Leffe blonde ou à Internet. Je m'exprime uniquement en termes de justice, pas de positionnement sociologique.

PPS: ce post est une retranscription un peu modifiée d'une mienne intervention parue au cours d'un débat relatif à cet article-ci.

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3 commentaires

Blogger Jerome Morrow a écrit...
Je suis d'accord avec ton article. Pour aborder le sujet de la drogue et de la liberté (que j'ai traité plusieurs fois sur mon blog) on peut par exemple s'attacher à répondre à ses questions :
Comment chasser durablement une activité qui est rentable ? Qui l'est d'autant qu'elle est prohibée ? Qui est d'autant plus dangereuse et violente qu'elle est prohibée ? Qui sont les vraies victimes de la guerre morale déclarée aux stupéfiants ? Doit-on considérer les individus comme des malades ou des criminels ? Consommer des psychotropes est-ce un délit en soit, ou bien sont-ce les atteintes aux droits d'autrui ? Quelle est la part de responsabilité à accorder à chacun ? Quels sont les erreurs des arguments prohibitionnistes ? Dans quelle mesure la prohibition encourage perpétuellement ce qu'elle prétend combattre ?
à 10:59 PM
 
Blogger RonnieHayek a écrit...
Exactement. Comme toujours, les hommes de l'Etat ont inventé et créé un problème, puis prétendent le règler en l'aggravant,et ainsi de suite. Si bien qu'ils justifieront toujours plus d'intervention de leur part.
à 11:14 PM
 
Blogger Constantin a écrit...
Mutatis mutandis, le raisonnement vaut pour la prostitution, d'ailleurs, l'autre grand ennemi de l'Etat. Ce qui m'amuse profondément avec la prostitution, c'est que tout le monde l'appelle "le plus vieux métier du monde", mais que les hommes de l'Etat s'imaginent qu'ils arriveront eux à l'éradiquer. Comme si personne n'avait essayé avant ! J'en ris encore ...
à 7:02 AM
 

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