5.10.06

Belgique 2018

La nuit dernière, mon sommeil fut perturbé par un long cauchemar, que je vais essayer de vous relater.


En 2018, la Belgique ressemble grosso modo à celle de 2006 : le social et le festif s’affichent partout, comme en témoignent les longues files de chômeurs à travers les différentes villes et communes du pays. Les listes d’union communale sont devenues, au demeurant, la règle tacite. Toutes prônent les mêmes plans d’action citoyenne : les Maisons de la Participation et de la Solidarité fleurissent un peu partout. Chaque commune a la possibilité de bâtir sa propre prison, baptisée pudiquement "Maison du Mieux-Vivre ensemble". Le prétexte invoqué est que cela permet d’offrir un premier emploi (de gardien, en l’occurrence) aux jeunes diplômés en les immergeant au cœur du mal-être social - celui ressenti par les rééducateurs à la citoyenneté. Ces derniers sont chargés d’inculquer les vertus de la morale sociale aux prisonniers, qui ont été désignés à la vindicte publique comme des criminels contre la propriété publique au motif qu’ils ont piraté leur carte d’identité électronique en en retirant leurs informations bancaires - le cadastre des fortunes ayant été établi vers 2010.


Des militaires américains viennent également les interroger - car ils les soupçonnent de financer le terrorisme - puis en emmènent certains dans un des nombreux camps qu’ils ont ouverts dans l’une de leurs provinces au Proche-Orient et en Europe centrale.


La Flandre est devenue une région autonome où règne la loi linguistique du plus fort : tout passant peut être arrêté parce qu’il parle une autre langue que le néerlandais. S’il est convaincu de récidive, les agents de la Taalwaakzaamheid (Vigilance linguistique) interviennent et confisquent ses biens (finançant notamment la construction de pavillons pour les membres de l’establishment politique local ainsi que les politiques dites de développement économique).


La Wallonie et Bruxelles sont sous la coupe d’un parti issu des listes d’union communale : le Parti du Mouvement, dont le slogan est : "Unis pour le Mouvement ; en mouvement pour l’Union". Mais cette belle unité n’est qu’une façade visant à maintenir la population sous le joug de cet appareil en réalité infesté par les luttes de pouvoir intestines. De surcroît, chaque administration communale a développé des politiques visant à empêcher des citoyens extérieurs à la commune d’y travailler : "un emploi pour chacun de vous", tel est le slogan qui s’affiche au fronton de chaque hôtel de ville. Les employeurs recrutant des personnes étrangères à la commune sont passibles de lourdes amendes, voire d’une interdiction d’exercer leur profession. Le passeport intérieur est donc entré dans les moeurs, chaque déplacement hors de la municipalité faisant l’objet d’un enregistrement automatique par l’une des centaines de caméras de surveillance qui ornent le territoire communal. Dans la foulée, les tenanciers de phone-shops et magasins de nuit, souvent pakistanais, sont surveillés constamment, car les autres commerçants - majoritairement encartés au Parti - les accusent de leur faire une concurrence déloyale. De temps en temps, la Brigade de l’Équité en arrête quelques uns, qu’elle envoie au Petit-Château, devenu la Maison de l’Accueil et du Partage. On y aperçoit parfois des militaires américains...


Finalement, je me suis réveillé. Ouf, je pousse un soupir de soulagement, car, en allant voter dimanche prochain, je sais très bien que tout cela n’arrivera jamais ici.

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1 commentaires

Blogger Don a écrit...
You have a dream...
à 11:32 AM
 

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