14.9.05

Quel parti libéral belge ?


Ce n’est un secret pour aucun lecteur fidèle de CPS, les politiciens " libéraux " belges ne nous inspirent pas la moindre confiance. Partisans de la sécurité sociale obligatoire et de la fiscomanie hypocrite, précurseurs de l’impôt sur la mort, planificateurs urbanistiques, adeptes chevronnés de plans mercantilistes et ultra dépensiers, ils n’ont décidément rien à envier aux socialistes dont ils se servent comme épouvantails en période électorale avant de gouverner de temps en temps avec eux... Surtout quand " l’hydre vaticane " refait surface !
Car, en réalité, ce qui a constamment caractérisé les " libéraux " depuis l’indépendance de la Belgique, c’est leur anticléricalisme rabique et leur laïcardisme digne du père Combes, ex-séminariste - tout comme Staline (dont le respect de la liberté de culte n’est plus à démontrer...). Ainsi, le Congrès fondateur de 1846 établit un programme faisant de l’enseignement public un dogme constitutif des libéraux belges. Selon eux, le pouvoir civil (lisez politique) devait se voir accorder des moyens constitutionnels (entendez une réglementation orientée en sa faveur) pour rivaliser avec l’enseignement libre et confessionnel (voir cet historique du parti libéral). Ne nous étonnons pas si la liberté scolaire ne les a jamais intéressés ; seule importe à leurs yeux la soi-disant neutralité de l’enseignement. Vous savez celle qui endoctrine les élèves en leur faisant croire que l’Etat est Dieu et les partis politiques ses émissaires désintéressés et dévoués au Bien commun.
Pour citer un exemple fameux, le soi-disant doctrinaire du parti libéral au XIXe siècle, Walthère Frère-Orban, se distingua par une politique mercantiliste et dirigiste (c’est lui qui créa notamment la Banque nationale... l’inflation monétaire lui doit donc beaucoup !), tout en déployant le restant de son énergie à combattre la " pieuvre cléricale ".
A contrario, l’un des partisans les plus fervents du " moins d’Etat " fut le très décrié Charles Woeste, leader du parti catholique, que les gauchistes de bénitier et les anti-calotins professionnels présentent comme l’incarnation de la Réaction sans cœur et pleine de reproches. Certes, ce brillant juriste et bretteur parlementaire n’était pas exempt de défauts (je pense en particulier à son soutien à Léopold II dans l’affaire du Congo). Néanmoins, il faut lui reconnaître d’avoir défendu courageusement plusieurs vertus libérales importantes et bien délaissées par ses soi-disant représentants : la neutralité de l’Etat en matière internationale (en s’opposant notamment au militarisme de certains " libéraux "), la défense de la liberté religieuse bien sûr, mais aussi le refus de la rage taxatoire. Ce dernier combat fut d’autant plus admirable que, rappelons-le, la part de l’Etat dans le PIB était bien moindre qu’elle ne l’est aujourd’hui ; Woeste se demanderait sans doute, s’il revenait parmi nous, dans quelle horreur dirigiste son cher pays a sombré.

Bref, plutôt que d’encenser un parti libéral qui a constamment trahi nos idéaux, nous devrions plutôt nous intéresser à des personnalités qui ont mieux défendu la liberté individuelle que ceux qui se vantent inlassablement d’avoir " le sens de l’Etat " et qui se prétendent nos maîtres à (dé)penser.

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2 commentaires

Blogger jomama a écrit...
Love your lead in lines.

Indeed, "chaqun por soi."
à 2:12 PM
 
Blogger mitran a écrit...
Alleî les Diables Rouges, une fois !

ps : Hayek, je kiffe ta soeur (Salma).
à 8:11 PM
 

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