15.12.05

A l'Huma, on commence à comprendre

Suite à la décision 05-D-58 du Conseil de la Concurrence dont nous avons parlé ici même sur ce blog, l'Huma s'en fendu d'un article incompréhensible comme à son habitude.

D'abord, on apprend que cette décision est partiale, car elle juge sur un pied d'égalité une "multinationale" et le SEDIF :
[Le Conseil] vise dédouaner la multinationale en mêlant au même opprobre une collectivité publique." Le Sedif est en effet un syndicat intercommunal constitué par 144 communes (4,2 millions d’habitants) pour assumer un service public essentiel : produire, stocker et distribuer en réseau une eau potable satisfaisant aux normes les plus sévères. Ses organes sont composés d’élus de toutes sensibilités politiques de droite et de gauche.
Jolie justification, n'est-ce-pas, tout ça est paritaire, gauche, droite, tout le monde se tient par la barbichette, donc c'est super, non?

Et là, la Révélation de l'Huma:
Dans un premier temps, [le Conseil] assène un postulat idéologique : « Il existe un marché dès que se révèlent et se confrontent une offre et une demande. » À cette aune, la quasi-totalité des activités et relations humaines relèveraient de la sphère marchande.
Non, pas de la sphère marchande, du marché tout simplement. Et pour comprendre la différence, laissons parler un économiste de renom :
Free market is a summary term for an array of exchanges that take place in society. Each exchange is undertaken as a voluntary agreement between two people or between groups of people represented by agents. These two individuals (or agents) exchange two economic goods, either tangible commodities or nontangible services.
[..]
Both parties undertake the exchange because each expects to gain from it. Also, each will repeat the exchange next time (or refuse to) because his expectation has proved correct (or incorrect) in the recent past. Trade, or exchange, is engaged in precisely because both parties benefit; if they did not expect to gain, they would not agree to the exchange.
Et l'article se termine par l'aveu sans ambiguïté, toujours, de l'alliance explicite des partis français pour plumer le peuple, en empêchant le libre accès à une eau moins chère, de meilleure qualité, en perpétuant les rentes de situation des monopoles d'Etat :

Lors d’une conférence de presse, vendredi au Sénat, a été présentée une motion de réaction adoptée à l’unanimité par le comité du SEDIF où siègent les représentants des 144 communes membres. Le texte est contresigné par les membres du bureau parmi lesquels on compte des communistes ou apparentés, des socialistes, des UDF, et des UMP. Christian Cambon, élu UMP, pris au piège du discours dominant, n’a pas été en reste pour dénoncer avec raison et une heureuse inconséquence « l’aveuglement ultralibérale du Conseil de la concurrence qui s’arroge un pouvoir exorbitant ». Le SEDIF entend user de tous les recours pour faire cesser le scandale. Des amendements au projet de loi sur l’eau ont été déposés dans le même sens.

Décidément, nous autres libéraux, sans pouvoir, sans relais politiques, sans partis, sans représentation dans quelque instance étatique que ce soit, avons une capacité de nuisance que nous ne soupçonnions pas. C'est donc de ma faute, de ta faute aussi à toi le lecteur libéral, si ces organismes étatiques se chamaillent pour des rentes de situation.

Et toujours, l'excellente PDG de la Sagep, qui se félicite de la décision en ces termes :
Il faut en finir avec ces pratiques dignes des républiques bananières qui aboutissent toujours à léser le citoyen, qu’il soit consommateur ou contribuable. Il faut en finir avec ce partage du territoire par de grands groupes privés[..]
Et ce, alors même que la décision du Conseil de la Concurrence démontre que ce sont des organismes publics qui se sont entendus pour se partager le territoire : les lettres échangés entre Santini et Tibéri en sont, comme le Conseil l'a démontré, la preuve indiscutable.

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2 commentaires

Blogger gil_caeiro a écrit...
Comme le chantait un grand chanteur du terroir: "Et ça continue encore, encore, et c'est que le début d'accord d'accord..."

Sinon, l'Huma au contraire me semble cohérente avec ses postulats ! Mais ils devraient aller jusqu'au bout de ces derniers et demander la liquidation du marché même quand il s'agit d'échanges entre agences gouvernementales, qui font après tout du commerce dans ce domaine sacré que devrait être l'eau.

C'est-à-dire une unique agence dans tout les domaines qui dictent à chacun, c'est-à-dire la dictature du etc

Ciao.
à 8:46 PM
 
Blogger h16 a écrit...
Histoires ahurissantes dont notre belle république a le secret. Un petit matin cependant, les élus n'auront plus d'argent pour faire mumuse. Et là, cela promet d'être amusant pour tous les ultranéolibéraux kapitaliszts...
à 1:40 PM
 

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