19.4.05

A propos de la disparition de Rover

Lisez bien cet article, qui résume exactement la liste des gagnants et perdants de l'aventure Rover. Où l'on entend aussi reparler de "politique industrielle", qui est un terme qui annonce en général qu'un secteur économique risque d'être anéanti par les méfaits des technocrates d'Etat.
MG Rover et les lois, éternelles, de l'économie

La fin, dramatique, du constructeur automobile britannique MG Rover est, pour « The Economist », une nouvelle illustration de la pertinence des lois de l'économie - des lois du marché, plus exactement. Revenant sur l'histoire de ce groupe qui fut, rappelle l'éditorialiste, « le numéro trois mondial du secteur (ce qui a de quoi inquiéter aujourd'hui General Motors et Ford) », l'hebdomadaire britannique souligne que MG Rover était devenu un groupe trop petit pour pouvoir survivre dans un environnement de géants - qui plus est dans un marché souffrant de surcapacités.

Alors que l'industrie mondiale pourrait produire 80 millions de voitures, elle ne trouve des débouchés que pour 60 millions à peine. Dans une telle situation, « une entreprise de taille moyenne comme MG Rover qui n'a ni les volumes d'un géant, ni les marges d'un groupe bénéficiant d'une niche », n'avait aucune chance de survivre. Rien là que de bien banal : les lois de l'économie, explique « The Economist ». Ce qui a cependant contribué à tuer définitivement MG Rover, c'est la politique industrielle de l'Etat britannique, c'est l'intrusion du politique dans l'économie. MG Rover a été « une victime classique » de la politique industrielle. Le magazine rappelle en effet que lorsqu'en 1994, BMW, alors propriétaire du groupe, avait décidé de le remettre sur le marché, deux solutions avaient été proposées. L'une aurait permis de sauver 20 % des emplois seulement, l'autre se voulait plus généreuse. Malgré la préférence de BMW pour la première, sous la pression de la rue et du gouvernement de Londres, le groupe allemand a dû choisir la seconde. Davantage d'emplois ont peut-être été sauvés dans une première étape : ils seront tous, ou presque, supprimés aujourd'hui. Finalement, les seuls bénéficiaires de l'intervention de l'Etat, en 1994, auront été les investisseurs privés qui ont participé au « sauvetage » de MG Rover - avant de s'en débarrasser - et les Chinois qui ont acheté quelques restes de l'entreprise.
Une grande réussite de l'Etat britannique, à n'en pas douter. Je compatis sincèrement aux malheurs des salariés de Rover, dont la vie professionnelle a été détruite impunément par quelques fonctionnnaires sans scrupules, aidés des politiques.

Lisez donc le billet suivant, consacré à Guillaume Sarkozy et Francis Mer, où nous décrivons l'outrecuidance de ce dernier à qualifier l'aventure Rover d'excès du libéralisme.

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1 commentaires

Blogger Chitah a écrit...
D'après la presse française, il semblerait que le gouvernement britannique va enquêter sur les comptes de Rover depuis 2000, date à laquelle Phoenix Venture avait racheté le groupe pour 10£ symboliques.

Pourquoi pas depuis 1994, d'ailleurs, date où le gouvernement a commencé à s'en méler?

On notera aussi qu'aucun article de quotidien généraliste français en revient sur l'historique de l'affaire sur les dix dernières années.
à 8:59 PM
 

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