31.8.05

Goodfellas

Qui, demain, sera le Paul Cicero des smarties, le Henry Hill des canettes de Pepsi Cola? Verra-t-on demain naître des trafics de bonbecs et de sucreries dans les lycées, comme on voit actuellement des trafics sur tous les produits interdits et/ou surtaxés, tels que les cigarettes ou les stupéfiants?
Ecole: distributeurs automatiques bannis

Plus un seul distributeur de boissons et de nourriture ne figure dans les collèges et lycées en cette rentrée

Conformément à la loi du 9 août 2004 sur la politique de santé publique, qui prévoyait le retrait de tous ces distributeurs dans les établissements scolaires à compter de la rentrée 2005, l'Education nationale a confirmé qu'ils avaient tous été retirés.

Il existait des distributeurs dans 20% des collèges et 50% des lycées.

Les collégiens et lycéens pouvaient y acheter des boissons et des friandises sucrées, ainsi que de l'eau et plus rarement des fruits.

La loi et son application sont destinées à prévenir l'obésité juvénile, qui a augmenté de 17% en vingt ans en France.
L'article se termine par un élément important:
Le surpoids touche près de 20% des enfants, selon une récente étude conjointe de l'Education et de la Santé auprès des 10-11 ans.

Toutefois, les différences sociales sont grandes: 27,2% d'enfants d'ouvriers en surpoids (7,3% d'obèses) mais seulement 12,8%(1,3% d'obèses) chez les cadres.
Ce sont apparemment ceux qui sont les moins susceptibles d'avoir de l'argent de poche (et donc les moins susceptibles de le dépenser dans ces distributeurs), les enfants d'ouvriers, qui sont en réalité les plus touchés par l'obésité.

Peut-être que demain, les boulangeries et vendeurs de bonbecs auront une Licence IV, ou quelquechose dans le style, comme les débits de tabac et de boissons.


Les Maux bleus

... Ce ne sont pas ceux qui rendent les vrais libéraux heureux.

Commençons par le président du VLD, Bart Somers qui a déclaré il y a deux jours refuser l'instauration d'une contribution sociale généralisée, tout en estimant nécessaire une augmentation de la TVA. "Le Soir", quotidien dans lequel il fit cette déclaration, titra : "Non aux taxes ; oui à la TVA". Cherchez l’erreur. On ne s’étonnera pas que la principale raison fournie par Somers est que cette hausse mettrait à contribution les entreprises important des produits étrangers. Protectionnisme pas mort !

Pendant ce temps, le Premier ministre Verhofstadt et son vice-premier MR, Didier Reynders, le sinistre des Finances admirateur de Sarkozy-qui-dit-tout-haut-ce-que-le-peuple-de-droite-pense-tout-bas, ont annoncé fièrement qu’ils allaient distribuer un " chèque-énergie " afin d’aider les ménages à supporter la hausse du prix du pétrole. Or ne faut-il pas plutôt se demander si une diminution des accises ne profiterait pas davantage à tout le monde... sauf à l’ Etat ? Poser la question, c’est y répondre. Il semble que la " redistribution " soit une méthode jugée par nos gouvernants plus visible politiquement qu’une suppression des taxes...

Enfin, le MR s’enthousiasme pour le "Plan Marshall pour la Wallonie" d’inspiration socialiste qui, selon les dires de D. Reynders, encore lui, va appliquer les "idées libérales" mais sans son mouvement. Ah ! J’apprends donc qu’il serait libéral de consacrer 30 millions d’euros à "l’expansion économique" ou de dépenser près de 15 millions à la création d’une nouvelle agence régionale chargée d’ "animer " l’activité économique ou, plus simplement, à octroyer de nouvelles primes aux entreprises afin de favoriser l’emploi des jeunes... sans parler des aides à l’exportation.
Il est vrai que le MR gouvernait la Wallonie il y a encore peu de temps. Il serait évidemment dommage que ce mouvement "libéral" voue aux gémonies ce qu’il a adoré la veille : l’interventionnisme économique sous couvert de dynamiser les entreprises. Je crains plutôt que ce nouveau plan ne dynamite les chances d’un redressement économique réel.


30.8.05

Et au tour de l'UDF

Quelques personnes pensaient que F. Bayrou représentait un pôle plutôt libéral dans le paysage politique français.

Ses positions sur la privatisation des autoroutes françaises passaient pour des divagations passagères.

Mais ses propos récents sur la taxe Tobin lèvent les doutes. Un espoir s'effondre.


Déception

Comme quoi, même une publication libérale de qualité peut parfois se mettre à raconter des bêtises: la nouvelle édition de The Economist semblait pourtant prometteuse, au vu de la problématique traitée, la consommation mondiale de pétrole (voir ce fil de discussion sur Liberaux.org).
Voici un extrait du dossier, trouvé via The Big Picture (l'article n'est pas en consultation libre sur le site de The Economist, mais on peut en lire certains extraits sur le site de EnergyBulletin.net)
"The best long-term solution—for America as well as the world economy—would be higher petrol taxes in the United States. Alas, there is little prospect of that happening. America, unlike Europe, has preferred fuel-economy regulations to petrol taxes. But even with those it has failed abysmally. These regulations have been so abused that the oil efficiency of its vehicles has fallen to a 20-year low. This week, the Bush administration announced proposals for changing the fuel-economy rules governing trucks and sport-utility vehicles, but failed to close loopholes that allow these gas guzzlers to use more petrol than normal cars, a shameful concession to carmakers.
America and China, in their different ways, are drunk on oil consumption. The longer they put off taking the steps needed to curb their habit, the worse the headache will be. George Bush once learned that lesson about alcohol. It is time for him to wean America off oiloholism too."
Des taxes pour réguler le marché, plus d'Etat pour réglementer l'automobile, ça faisait longtemps que l'Economist ne m'avait pas déçu.


Tom Palmer en Irak

Tom Palmer est une personne admirable, un combattant de la liberté, un modèle pour tous les activistes libéraux et libertariens.
Senior fellow au Cato Institute, il revient d'un voyage en Irak (voir cet article court sur le sujet, et le billet sur son blog) où il a contribué à répandre les idées de liberté auprès de l'Iraq National Assembly notamment. (voir sa présentation disponible en PDF et PPT)
Il détaille ses actions dans la dernière édition de la Cato's Letter. En voici quelques extraits, où il explique les quelques buts qu'il s'est assigné pour ce voyage:
First, to meet pro-freedom Iraqis to whom I could offer assistance in establishing pro-freedom and free-market think tanks, publishing houses, magazines, or similar ventures. I met a number of remarkably brave and dedicated people. I provided six of them with the resources to travel to Turkey, where they took part in a series of libertarian conferences and spent time with libertarian academics and political activists to learn more about running such organizations.
[..]
My second goal was to meet people who could establish an Arabic-language website that would provide both a library of libertarian classics and ongoing commentary from a libertarian perspective.
[..]
My third goal was to commission translations of important texts in the libertarian tradition. I had already produced a bilingual version of Cato’s pocket Declaration of Independence and U.S. Constitution, with English and Arabic on facing pages. I distributed them to political activists and to members of the Iraqi parliament, and they were extremely popular. The Law, by Frederic Bastiat, is already available and has been very well received in Iraq.
[..]
My fourth goal was to explain that a democracy of the sort worth striving for is not merely the unbridled rule of the majority, nor a path toward “one man, one vote, one time,” but a system of limited government dedicated to the definition and protection of right.
[..]
I worked to create messages that would be understood by Iraqis and that would explain how liberty has roots in their civilization. The Powerpoint presentation on “Basic Principles of Constitutional Democracy” was requested by a number of people (it’s amazing how many people carried USB “thumb drives”) for use in their own presentations.
Espérons que ses efforts se traduiront par de réelles avancées des idées libérales et libertariennes en Irak. En attendant, n'oubliez pas de visiter son excellentissime blog.


29.8.05

Mieux vaut entendre cela qu'être sourd !

Ce matin, sur les ondes de la Radio Bolchévique, le président du parti socialiste belge a eu une formule dont le cynisme n'a d'égale que la bassesse :

"Les gens devraient être contents de payer beaucoup d'impôts, puisque ça veut dire qu'ils gagnent beaucoup d'argent".


27.8.05

Deux mythes autour des délocalisations

Le thème politique des délocalisations a été omniprésent dans les blablas des étatistes de tout poil durant le premier semestre 2005. Voir notamment cette discussion ou celle-là sur le forum francophone de référence des libéraux et du libéralisme, où de nombreux mythes entourant ce concept sont démontés.
L'un de ces mythes, celui du dumping social, est battu en brèche par une étude citée par le Christian Science Monitor (trouvé via ASI Blog), que dis-je, nous apprenons que la réalité est le contraire de ce que les étatistes racontent:
In 9 of the 11 countries they examined, the average reported sweatshop wages equalled or exceeded the average incomes for those countries, in some cases by a large margin. The facts seem to support the notion that, far from exploiting people in poorer countries, outsourcing by Western companies offers them opportunities to better themselves and move up the economic ladder. Instead of boycotting such goods, we should be buying more of them.
Un article de New Economist reprend l'étude et affirme, de manière provocante, que les féministes devraient soutenir les délocalisations et ces fameux sweatshops, parce qu'ils sont sources de progrès social pour les travailleurs et les travailleuses locaux.

Un autre mythe prétend que les délocalisations, c'est tout bénéf pour le méchant capitaliste, que lui gagne à tous les coups, mais un article de Forbes, trouvé via BusinessPundit, nous apprend le contraire, sur un cas précis, et nous révèle qu'une délocalisation peut dans beaucoup de cas être très dommageable pour un entrepreneur, notamment pour la qualité de ses produits, et in fine pour la perennité de son entreprise.

D'autres articles, je l'espère, suivront pour terminer de démonter les mythes liés à l'émergence de ce nouvel ennemi intérieur inventé par les hommes de l'Etat pour effrayer le peuple et renforcer ses prérogatives, j'ai nommé l'Entrepreneur Qui Délocalise.


10.8.05

Pas de pulls cet hiver!

Foncez aux magasins, bientôt il n'y en aura plus.

Non, je ne plaisante pas.

La racaille français du textile a réussi à imposer des quotas à l'importation sur les produits chinois afin de pouvoir continuer à vendre leur produits plus chers et de moins bonne qualité. Et, victoire pour eux! Ces quotas sont arrivés quasiment immédiatement à expiration. Donc, tous les containers chinois sont bloqués par les hommes de main des douanes.

Le problème est que ça fait des années que ces sauvageons en cols blancs n'en vendaient plus tant que ça. Alors, ils n'ont pas, loin de là, la capacité de production pour fournir les distributeurs. Autrement dit, cet hiver, il y aura pénurie de pulls - à moins bien sûr de se fournir chez Giorgio Armani, comme les patrons-voyous dont il est question.

Les queues devant les magasins, ça ne vous rappelle rien?

Pas grave, diront certains, nos mafieux industriels nationaux vont embaucher à tour de bras pour pouvoir nous vendre leur camelotte. Pour eux, c'est la fortune - leur chiffre d'affaire sera multiplié par 10. Ô boursicoteurs, c'est le moment d'acheter dans le textile français!

En attendant, on aura des pulls... l'année prochaine.


8.8.05

La décroissance (actu de la novlangue)

  La Décroissance est un journal bimestriel édité par l’association Casseurs de pub. Le titre a le mérite d’accrocher : en effet, dans notre société où l’on s’inquiète toujours plus du faible taux de croissance, comment peut-on à l’inverse prôner la décroissance ?

  La croissance, par définition, est le développement progressif des êtres organisés. Son contraire, la décroissance, est donc leur diminution. L’expression « êtres organisés » peut par exemple désigner l’humanité. Est-il alors seulement humain de revendiquer l’affaiblissement (syn. Diminution) de l’humanité ? Il n’y a que des misanthropes ou des nihilistes pour souhaiter ce sort là. C’est une question de vocabulaire : on ne peut décemment pas être contre la « croissance ».

  En réalité, le concept de décroissance, tel qu’il a été introduit par l’économiste roumain Nicholas Georgescu-Roegen (cf. La décroissance. Entropie – Ecologie – Economie, 1979), vise à contester la croissance dans le sens où le seul indice de mesure que nous en avons est aujourd’hui le PIB. Les tenants de la décroissance ne s’opposent donc pas véritablement à la « croissance », mais à la « croissance en tant que développement économique seulement ». S’en tenir à la dimension économique revient en effet à négliger tous les autres aspects d’une véritable croissance, humains et environnementaux par exemple. Par ailleurs, le PIB d’un pays peut être très élevé, mais les richesses de ce pays concentrées dans les mains de quelques personnes seulement. On ne peut donc fondamentalement être contre la croissance, mais la voir « ailleurs » que dans l’accumulation de richesses matérielles.

  Mais les tenants de la décroissance ne veulent pas seulement redéfinir les mesures d’une véritable croissance, mais bien s’attaquer au développement économique, dans le sens où ils considèrent qu’il est pour une large part nuisible à l’environnement. Là où, par exemple, certains voient dans le progrès technique une possibilité de résoudre les problèmes de pollution, ils y voient la menace même de ces problèmes. Or si le développement économique nuit à l’environnement, il se nuit à lui-même, l’environnement étant son cadre naturel et nécessaire. Et détruire complètement l’environnement reviendrait à annihiler toute possibilité de « développement » – si ce n’est le développement de la misère. A l’inverse, stopper ce type de croissance économique permettrait de préserver les ressources naturelles, soit, en d’autres termes, assurer le cadre d’expression d’une véritable croissance.
  Il faut noter ici que les tenants de la décroissance envisagent tout de même que renverser notre système économique sans transformer notre système social provoquerait certainement de douloureux conflits et tensions internes ; ils défendent donc également un projet de société à part entière : en parallèle à leur souhait de réduire les processus de production, ils proposent en effet de s’organiser collectivement afin que cette diminution de production ne mène pas au chaos (contrairement à ce que pourraient donc souhaiter des misanthropes ou des nihilistes).

  Selon la logique des tenants de la décroissance, sans même s’interroger sur le bien-fondé de leur idée selon laquelle la croissance économique nuit nécessairement à l’environnement, on remarque donc que ce qui est aujourd’hui appelée « croissance » n’en est pas véritablement une, puisqu’elle tend à son propre désastre, tandis que ce qu’ils nomment « décroissance » est le projet d’une nouvelle société affirmant une véritable croissance. En d’autres termes, croissance signifie décroissance, et décroissance signifie croissance. Si l’on peut reconnaître que prôner la « décroissance » a le mérite d’intriguer et d’accrocher, il faut néanmoins admettre que cette rhétorique visant à désigner par chaque terme son exact contraire évoque furieusement la novlangue de Big Brother :
  LA GUERRE C’EST LA PAIX
  LA LIBERTE C’EST L’ESCLAVAGE
  L’IGNORANCE C’EST LA FORCE

  (George Orwell, 1984)

 :-(


6.8.05

Brèves Réflexions sur Hiroshima

Soixante ans après cet événement tragique, beaucoup de personnes hésitent à se prononcer sur la légitimité ou non de la décision américaine de lâcher la bombe A sur cette ville : après tout, entend-on couramment, le bombardement d’Hiroshima (et de Nagasaki) n’a-t-il pas permis d’éviter de sacrifier des vies supplémentaires ? Mais, outre que les autorités japonaises n’étaient peut-être pas si désireuses que cela de continuer le combat (des négociations diplomatiques étaient en cours), l’assassinat de plus d’une centaine de milliers de gens perd-il son caractère criminel parce que, sans lui, la guerre entre les USA et le Japon aurait "peut-être" perduré ? C’est considérer que l’emploi de la bombe atomique était l’unique possibilité de mettre un terme au conflit. De même, la justification selon laquelle, le Japon ayant répondu négativement, le 26 juillet, à l’exigence américaine d’une "reddition sans condition" paraît peu crédible, car la décision de larguer la bombe aurait été prise dès le 25 juillet.
Ensuite, et dans le même ordre d’idées, des personnes de bonne foi prétendent qu’Hiroshima témoigne de la victoire de la démocratie sur la barbarie militariste et totalitaire. Il est évident que le régime japonais (avec ses marches de la mort, ses tortures et expériences pseudo scientifiques infligées aux prisonniers de guerre, les massacres sadiques contre les Chinois et les Coréens, et autres abominations) était haïssable. Mais les civils habitant dans cette ville étaient-ils comptables des monstruosités commises par leur gouvernement tyrannique et leur armée féroce ? Sans oublier les 27 000 Coréens que les autorités avaient envoyés de force comme main d'oeuvre à Hiroshima ! Convenons que l’usage de l’arme atomique contre des innocents peut difficilement passer pour un acte civilisé et raisonnable...

Il m’est apparu que la question du relativisme est au cœur de cette discussion. En effet, les "bons" démocrates "libéraux" considèrent que la victoire de la Démocratie (qui, pourtant, n’a que peu à voir avec la liberté individuelle) justifie n’importe quelle action guerrière. Aujourd’hui, les idéologues en vogue à droite (les néoconservateurs américains, et leurs missionnaires français : Revel, Roucaute, Glucksmann, Millière, etc.) considèrent qu’est relativiste toute personne qui critique les mauvaises actions des gouvernements démocratiques, de sorte qu’il les affaiblirait - l’accusation de "traîtrise à la cause de l’Occident et du monde libre" n’est évidemment jamais loin. Or, le problème n’est pas là ; la couleur idéologique de la bombe nucléaire et la motivation de ceux qui la larguent constituent le cadet des soucis des victimes qu’elle provoque. Un crime ne devient pas un acte bienveillant parce que ceux qui l’ont initié ont été élus démocratiquement. Les relativistes, vous l’aurez compris, sont ceux qui dénient le Droit - et en particulier le premier droit naturel : le droit de vivre - au nom des intérêts soi-disant supérieurs des gouvernements ayant leur assentiment (voir, aujourd’hui, la façon dont certains défendent le "droit démocratique" de torturer).

La leçon d’ Hiroshima est qu’une démocratie, en s’abritant derrière le paravent des "bonnes intentions", peut également agir comme le pire régime despotique si tel est le bon plaisir de ses gouvernants.