31.10.04

De l'indignation sélective des pro-Bush et de leur comportement bolchévique

Rien ne m'amuse plus, actuellement, que de voir les pro-Bush s'indigner des consignes de vote données par les Européens, comme si leur propre positionnement n'en était déjà pas une ! Ainsi, je viens de voir sur RTL-TVi Yves Roucaute, auteur du récent essai La Puissance de la liberté gueuler comme un putois contre des citoyens américains parce qu'ils refusaient de voter pour son camarade-président chéri. Il leur a même lancé, si je me rappelle bien: "Vous devriez avoir honte !" En outre, comme Marchais ou Roland Leroy jadis répétaient le catéchisme du Kremlin, Roucaute employait le vocabulaire en vigueur à Washington en parlant avec une moue dédaigneuse soigneusement étudiée de la "Vieille Europe", et chantant - comme par hasard - les louanges des pays de la "nouvelle Europe", autrement dit ceux dont les dirigeants suivent les conseils amicaux prodigués à la Maison-Blanche. Encore et toujours ce fameux nationalisme transféré...

C'est à ce genre de comportement que l'on s'aperçoit combien les anciens communistes ont conservé leurs tics et manies rhétoriques. Preuve est faite que ce n'est pas parce que l'on change de signe politique - Yves Roucaute est membre de Démocratie libérale (dont le président, Alain Madelin, paraît ignorer que le seul candidat libéral américain soit Badnarik, mais passons) - que la tournure d'esprit idéologique se modifie nécessairement.


28.10.04

Des nouvelles d'Arsène

Je vous ai déjà parlé de mon ami Arsène, qui tente vaillamment, et malgré les bâtons que le Tyran lui met dans les roues, de créér une brasserie artisanale et de vivre de sa bière. Aujourd'hui, Arsène m'a envoyé le courrier suivant :

Mon cher Constantin,


Quelques nouvelles des douaniers de Halle pour passer une bonne soirée...j'ai encore reçu une visite de ces drôles de moucherons qu'attire la bonne odeur de la bière fraîchement brassée.venaient-ils enlever ma femme pour l'emmener de force aux cours d'"ingeburging"*? non,heureusement.

Il s'agissait juste d'une visite d'intimidation routinière. Après l'histoire de la jauge vient l'histoire de la clef; ils m'ont donné une semaine pour leur remettre le sésame de ma brasserie, faute de quoi, ils se réservent le droit de casser ma porte quand leur viendra l'idée de me faire un petit "goeiedag".

Ce n'est pas de la science-fiction et nous ne sommes pas dans une sombre république latino-bananière : ceci est l'inquiétant visage de la Flandre en 2004.

Demain, je me lève deux heures plus tôt pour ne pas être bloqué dans les tunnels à cause de quelques syndicalistes qui estiment que leurs conditions de travail se détériorent.

Pour terminer sur une note positive...la rédactrice en chef du soir éditorialise en première page sur la naissance de la "démocratie citoyenne". C'est-y pas beau la vie?


Bien à vous,

Arsène



* ingeburging : pourrait se traduire par "encitoyennement". Il s'agit de cours obligatoires que doivent suivre les épouses non-flamandes de résidents flamands afin de mieux appréhender la culture et l'identité flamandes et de devenir de gentilles flamandes. Vous m'objecterez qu'Arsène n'est pas flamand. Certes, mais les Flamands sont très attachés à leur Vlaamse Grond (la terre flamande). Quiconque habite en terre flamande est irréfragablement présumé être flamand, même et surtout s'il est wallon. Il recevra donc tous ses documents administratifs en flamand, sera prié de scolariser ses enfants dans l'enseignement flamand, estera en justice dans la langue de Vondel et devra remplir sa déclaration fiscale en flamand. Et se marier avec des flamandes. Et si elles ne sont pas flamande, qu'à cela ne tienne, on les flamandisera !
Je ne sais pas pourquoi, mais il y a des jours où je ne m'étonne plus d'apprendre que nombre de flamands ont collaboré avec l'occupant il y a soixante ans, et qu'il existait même une légion SS flamande.

** l'histoire de la jauge : il y a deux semaines, les fonctionnaires des accises (encore eux) sont venus exiger que mon ami Arsène installe - à ses frais - une jauge sur ses cuves afin de leur permettre de mesurer je ne sais quoi. Arsène, qui est bon brasseur, n'a nul besoin de la jauge en question, et c'est le point de vue qu'il a fait valoir, mais on lui a rétorqué qu'il n'avait pas le choix et qu'il était prié de s'exécuter avec ses propres deniers dans les plus brefs délais.


27.10.04

Hypocrisie du droit d'auteur mode SACEM

Depuis quelques temps, la grande mode télévisuelle est de dénoncer les méchants vilains pas beaux qui mettent des fichiers MP3 à disposition sur internet sans payer de droits d'auteurs. Avec ce phénomène, nous pouvons être certains que la production musicale va s'écrouler.

Bref, heureusement la SACEM veille au grain et offre à nos exceptions culturelles nationales de quoi survivre dans ce monde de brutes.

Mais, voilà, en quel honneur Patrick Hernandez doit continuer à toucher de l'argent à vie, juste pour avoir composé "Born to be alive" ? Certainement parce que la France est un pays où on aime les rentiers. Le passé compte plus que l'avenir.

Lors de mon séjour à Brocéliande, je me suis renseigné auprès du propriétaire de la chambre d'hôte sur ses relations avec la SACEM. Et voilà ce que ça donne : il paye un forfait périodique permettant de passer de la musique a ses clients. Il paye, mais ne fournit aucune information sur le contenu de ce qu'il passe, ni sur le nombre de clients à qui il le passe. Le forfait est toujours le même, qu'il passe les Stones ou une oeuvre libre de droits, qu'il ait 15 ou 90 clients dans le mois.

Alors, comment la SACEM fait-elle pour répartir les fonds ainsi volés ?

Grosse hypocrisie que de prétendre que la SACEM permet aux auteurs et compositeurs de toucher leurs droits, étant donné qu'elle n'en connaît même pas l'étendue.


23.10.04

Forêt de Paimpont

Je reviens de vacances en Bretagne.

En forêt de Paimpont. La particularité de cette commune est d'être une des plus grande de Bretagne, puisqu'elle comprend 7000 hectares de forêt. Et que cette forêt est une propriété privée. Un petit conseil, allez y faire un tour, voir comment l'horreur du capitalisme peut entretenir une atmosphère si particulière.

Lors de cette visite, j'ai appris qu'une administration (ce genre d'organisme qui nous protège du capitalisme galopant) a décidé l'implantation d'une décharge en bordure de la forêt. Un peu plus de quinze mètres de déchets. Mais, étant donné que "les populations de passage n'encourent pas de risque sanitaire" et que la forêt est caractérisée par "l'absence de patrimoine culturel" (un comble, pour la forêt de Brocéliande), l'endroit est une place de choix pour un mont de merde.

Et bien, oui, pour une administration, si un monument hautement culturel s'était trouvé dans les environs, la décharge aurait été implantée ailleurs.

En conclusion, une administration estime que des habitants d'un lieu et que l'écosystème sont moins importants que quelques touristes et un vieux tas de pierre reconnu officiellement comme historiquement important. Heureusement qu'elle nous protège d'un capitalisme inhumain et nuisible à l'environnement !!!


22.10.04

Protezionismo al dente !

Chaque pays a ses particularités bureaucratiques. On le sait, la Belgique est, à cet égard, une inépuisable source d'inspiration pour les disciples potentiels d'Orwell ou de Kafka. Mais j'attirerai cette fois-ci l'attention sur un fait récent s'étant produit dans la pourtant accueillante et charmante capitale italienne.

Dernièrement, une autochtone a appris à ses dépens qu'il n'était pas bien vu par les autorités de s'improviser guide touristique. Pour avoir indiqué la célébrissime fontaine de Trévi ("Ahhh, Marcellooo, Marcellooo"), elle a dû s'acquitter de la coquette somme de 172 euros.

Selon une info trouvée sur le site de Boursorama, "une unité spéciale de la police en civil patrouille régulièrement dans les grands sites touristiques de Rome, dont le Colisée et le Forum, pour attraper les guides dépourvus de licence obligatoire. La police a infligé 1.000 amendes de ce type l'année dernière".

Mazette, le protectionnisme - comme le socialisme dont il n'est qu'une des innombrables formes - n'a décidément pas de patrie !


15.10.04

Les malheurs de l'ultra-libéralisme

Il était une fois une entreprise qui cherchait à récolter 300 millions d'euros de plus sur le dos de ses clients, grâce à une augmentation de 10% du prix de son principal produit. Cette entreprise compte faire son augmentation de prix aux alentours de début 2005. Le but du jeu pour toi, lecteur, est de découvrir quelle est la société et quel est le produit dont je parle avant la fin de l'article.

Le client, un être pourtant doué de mémoire, a déjà oublié que 18 mois auparavant, à la mi-2003, le prix avait déjà augmenté de 9%. A ce stade, il faut préciser que ce genre d'augmentations revient à multiplier par 5 le prix du produit tous les 25 ans.
Mais, demanda le lecteur attentif de Chacun pour Soi, n'est-il pas naturel au contraire que, le progrès technique aidant, le prix des biens et services ait plutôt tendance à baisser?

Peut-être n'y-a-t-il pas suffisamment de concurrents, peut-être que le savoir-faire nécessaire à l'élaboration du produit est très rare!
Peut-être que nous parlons là d'un bien d'exception. Du vin, une oeuvre d'art, quelquechose d'unique.

Hé ben non! Il s'agit tout simplement du timbre, la société en question étant La Poste. Ainsi, alors même que la logistique et le transport sont des fonctions qui se sont considérablement sophistiquées depuis une trentaine d'année, apportant une compression dans les coûts très importante, La Poste en est encore à utiliser le timbre comme vache à lait en fixant arbitrairement un prix vraisemblablement plus élevé que dans un cas de marché libre non contrôlé par une seule et unique entreprise!

Vache à lait, précisons-le, destinée à financer l'énormissime endettement de la Poste et le prochain plan de réorganisation des 17 000 (dix-sept mille!) points de contacts de La Poste.

Merci à toi, citoyen. Le Service des Postes te remercie.

Ah oui, dernière chose: La Poste est un des plus grands exploiteurs de main d'oeuvre précaire de France, ci-dessous l'extrait sidérant d'une dépêche de l'AFP, je me demanderai presque si il n'y a pas une erreur typographique tellement les chiffres sont élevés!

345 contrats à durée déterminée en sept ans
La Poste vient d'être condamnée par les prud'hommes à verser 60 000 euros à une plaignante qui, en sept ans, avait signé 345 contrats à durée déterminée (CDD) avec l'entreprise. Michelle Rabier, âgée de 55 ans, avait effectué 345 CDD entre 1995 et 2002, pour des fonctions diverses (guichetière, préposée au courrier, femme de ménage) dans plusieurs bureaux de poste de la périphérie de Châteauroux (Indre).
La direction départementale de La Poste, contactée par l'AFP, a tenu à préciser qu'elle "propose des emplois permanents en contrat à durée indéterminée. Un CDI a d'ailleurs été proposé à Mme Rabier, proposition qu'elle a déclinée". "Le nombre peut paraître énorme, mais ce sont des CDD parfois d'une journée, d'une matinée, voire de quelques heures, en fonction du travail, de la nécessité de faire face aux absences imprévues, des saisons. Et ce afin d'assurer notre mission de service public", a conclu La Poste.


14.10.04

Le fédéralisme, c'est le vol !

Il est rare qu'un politicien crie au "hold up". C'est pourtant ce que vient de faire Jean-Marc Nollet, ex-ministre Ecolo calamiteux de l'Enseignement primaire et de l'Enfance (Communauté française), et député fédéral depuis peu. Cela fait plusieurs mois qu'il répète que l'intention affichée par le gouvernement Verhofstadt de demander une contribution (+/- 200 millions d'euros) aux pouvoirs régionaux et communautaires s'apparente à un vol éhonté. A l'occasion de la déclaration gouvernementale de politique générale, il a évidemment réitéré sa diatribe à la Chambre des représentants et dans les médias.

Notons que l'élu vert considère que ces millions appartiennent légitimement aux pouvoirs fédérés. Il ne se pose même pas la question de savoir comment ces pouvoirs politiques sont entrés en possession de cet argent. S'il était un peu logique, il constaterait sans peine que le gouvernement veut s'approprier le butin gardé par d'autres voleurs. Surtout, je regrette qu'en sa qualité de contrôleur présumé des dépenses (rôle historique du parlementaire tombé, hélas, dans les oubliettes de l'Etat maximal), Nollet ne dénonce pas avec vigueur le racket dont sont continuellement victimes les contribuables. Mais mon petit doigt me dit que je peux attendre jusqu'à la St-Glinglin. Car, pour lui, le gouvernement fédéral ne se comporte en brigand qu'à partir du moment où il subtilise du pognon dont les détenteurs légitimes sont identifiés, non comme le citoyen taillable et corvéable à merci, mais comme les gouvernements déconcentrés (ou locaux, si vous préférez).

Ceci dit, cette polémique a au moins le mérite de projeter un éclairage cru sur une expérience fédérale à partir de laquelle les libéraux partisans de la décentralisation devraient tirer quelques enseignements.




11.10.04

J'hallucine

Oui, je sais, vous avez l'habitude. Mais ce coup ci, j'ai vraiment cru pendant un quart de seconde que je me trompais, que je n'entendais pas ce que je croyais entendre. Fort tristement, j'avais bien compris.

La télévision nationaliste et socialiste vient de m'apprendre qu'un jeu de bourse, organisé par le CIC et intitulé les Masters de l'économie a été récemment interdit.

Le motif officiel? C'est de la pub pour le CIC, et ce genre de choses n'a pas droit de cité à l'Ecole de la République. La raison officieuse? Et bien, il suffit d'écouter le professeur qui a lancé l'action devant le tribunal administratif (je n'utilise pas de guillements car je n'ai pas noté les mots exacts) : faire jouer à la Bourse des gens qui ont à peine les moyens de viiiivre (moment émotion, attention, sortez vos mouchoirs), c'est scandaleux.

Moi, j'aurais plutôt vu ça comme une opportunité, pour des personnes qui justement n'ont pas nécessairement les moyens de faire connaissance avec l'outil boursier, de se familiariser avec l'investissement, et pourquoi pas, la spéculation, qui est aussi un ascenceur social. Et quand en plus on apprend que l'argent était fictif (ce qui n'est pas très étonnant, vous aurez noté - jeu de Bourse), alors là on prend les arguments du vieux moustachu pour ce qu'ils sont : les élucubrations d'un militant bolchévique en manque de bonne cause.

Comme j'ai lu il n'y a pas si longtemps, "les communistes aiment tellement les pauvres qu'ils aiment à en fabriquer". Et bien, voilà le travail. Les jeunes que tu as privés de l'opportunité d'apprendre une méthode pour réussir te remercieront.


Du neuf sur les neocons

Les habitués de ce blog ne l'ignorent pas, il est régulièrement question ici des néoconservateurs - critiqués sous un angle libéral. Un tout nouveau livre leur est consacré: L'Amérique messianique. Les guerres des néoconservateurs, par deux journalistes du "Monde": Alain Frachon et Daniel Vernet, paru au Seuil. Cet essai très documenté (qui n'est pas un pamphlet, je le précise) explique bien la teneur de leur idéologie: la révolution permanente pour exporter la lex americana par la force. Les deux auteurs évoquent l'itinéraire des fondateurs de ce courant: du trotskisme au néo-républicanisme en passant par l'aile gauche du parti démocrate. Ils relatent l'influence du philosophe Leo Strauss et du mathématicien et polémologue Albert Wohlstetter.

Ils insistent aussi sur leur technique de pénétration du pouvoir d'Etat, dont les instances officielles sont doublées par des commissions, des centres de recherche et de renseignement et autres organismes voués à offrir au gouvernement des propositions en matière de défense et de politique internationale. Point important: les journalistes ne confondent pas les neocons avec les libéraux - Reagan ou pas. A cet égard, ils rappellent l'article d'Irving Kristol ("The Neoconservative Persuasion") dans lequel celui-ci soulignait qu'il n'était pas scandalisé par l'extension de l'Etat, raillant comme un vulgaire alter-mondialeux le libéralisme d'un Spencer ou d'un Hayek.

En outre, l'évolution sensible de Bush et Rice - au départ, moins motivés par l'interventionnisme militaire que ne l'était un Clinton - est également soulignée. Enfin, les Français se montrent, à juste titre, critiques envers la perception neocon du Moyen-Orient sur lequel Wolfowitz et consorts ont plaqué leur idéologie de "coldwarriors". Frachon et Vernet évoquent rapidement le chaos irakien résultant notamment d'une "débaasisation" sans nuance: les neocons ont ainsi négligé que beaucoup d'Irakiens (médecins, avocats, dentistes, etc.) avaient leur carte de parti pour des raisons alimentaires. Le planisme guerrier de ces gauchistes recyclés en fantassins de think tanks apparaît aujourd'hui comme un échec flagrant. Mais il est douteux que, à l'exception notable d'un Fukuyama, ils le reconnaissent.

Pour ma part, je dirais, qu'en raisonnant continuellement en termes d' "eux contre nous" (héritage intellectuel de Trotsky, Leur Morale et la nôtre - 1937), ils n'empêchent pas les conflits mais les attisent. En érigeant en morale positive absolue leur vision d'une Amérique non seulement gendarme, mais guide inflexible d'un monde régi par la Démocratie sociale, ils élèvent en paradigme soi-disant universel des conceptions politiques éminemment relativistes. Derrière les mots de façade, il est bon de se rappeler les véritables buts des intellectuels autoproclamés "humanistes". Surtout lorsqu'ils participent de près au Pouvoir...



Prix Nobel d'Economie 2004

Ca y est, la noble institution royale vient d'attribuer le nouveau prix Nobel d'économie.

Je ne saurais trop conseiller la lecture de ces oeuvres à nos chers politiciens. En substance, ces économistes indiquent que des mesures d'économie politique peuvent donner l'inverse de ce pour quoi elles sont prises. Notamment en raison de la qualité de l'organisation qui a pris ces mesures. Bref, un peu comme les anticipations rationnelles appliquées ici à la politique économique et monétaire.

Prenez un exemple : un président de la république fait une promesse (par exemple, on va réformer le pays et le libéraliser) Si les acteurs du pays anticipent la lâcheté des institutions politiques, les syndicats vont dans la rue et les réformes sont remises aux calendes grèques. Enfin, je ne sais pas si un tel pays existe, c'est un cas d'école...


8.10.04

(Bon) mot politique

Notre bon M. Villepin, désireux de rester dans les annales de la politique nous sort des bons mots.

Après la bombe ayant explosé devant l'ambassade d'Indonésie à Paris (10 blessés), M. Villepin a eu LA révélation divine faisant de lui la plus grande puissance intellectuelle du monde de l'univers de ce siècle :
"C'est manifestement un acte avec intention criminelle"

Manifestement, en France, le bon mot est supérieur à l'action.


7.10.04

Les mots et les choses

Si l'amalgame est généralement fait entre "capitalisme" et "impérialisme", cela est dû certainement à l'ignorance ou, dans le chef de certains idéologues, à la mauvais foi pure et simple. Cependant, cette confusion est également entretenue par plusieurs défenseurs autoproclamés du marché. Je pense notamment à l'American Enterprise Institute et d'autres think tanks présumés pro-market.

Faut-il rire ou pleurer en lisant, par exemple, qu'"aucune autre administration que celle de Bush n'a pleinement satisfait les partisans du libre-échange" ?

En réalité, il s'agit d'organisations institutionnelles vendant leurs conseils au gouvernement - conseils orientés vers davantage d'étatisme. Mais elles dissimulent leur véritable objectif sous de grands slogans comme "liberté d'entreprendre", "prospérité", ou "défense de la propriété privée". Comme le relève Robert Higgs, les intellectuels conservateurs qui soutiennent la guerre se contredisent s'ils prétendent l'approuver au nom de l'extension du libre-échange.

Il ne faut, enfin, pas oublier que la croissance de l'Etat américain (comme d'autres, d'ailleurs) s'est accélérée à la suite de diverses ententes conclues avec certaines grandes entreprises: la fameuse alliance Big-Business-Big Government est toujours en vigueur.

Quand nous défendons la liberté, prenons donc bien garde à ne pas opposer le mot à ce qu'il désigne.


6.10.04

MP3 - mensonge par omission

L'industrie de la musique s'en réfère aux Etat pour empêcher la mise à disposition de fichiers MP3 sur le WEB.

Pour appuyer leur demande, ils insistent sur la chute de vente de CD en 2003, ce qui risque de coûter cher aux entreprises (donc des licenciements en perspective) et aux artistes.

Sur la baisse des ventes de CD, ces mêmes industriels oublient d'indiquer que les ventes de DVD musicaux (non inclus dans ces statistiques) ont progressé dans le même temps de 80 %

La société change, mais les majors veulent garder leurs pouvoirs en s'appuyant sur les pouvoirs publics.

Et aux artistes voulant conserver leurs droits d'auteurs, je conseille de changer de point de vue (de monter sur le bureau, dirait Keating) et d'utiliser un nouveau paradigme : le morceau publié en MP3 sur internet peut ainsi devenir une publicité permettant d'attirer le public à leurs concerts.


1.10.04

L'Etat est une drogue dure

Pour résoudre le problème de la toxicomanie, le CAL (Centre d'action laïque) propose de nationaliser, étatiser serait plus exact, un marché clandestin. Il pose le débat dans les termes (biaisés) d'une alternative drogues prohibées/drogues vendues par des "officines publiques". Ma position est claire et nette: il faut libéraliser ce commerce tout simplement - et véritablement. Libre aux gens de se shooter, c'est leur responsabilité. Nous ne devons pas confondre morale et Droit. Bien que je répugne à ce genre de trip, je ne vois pas pourquoi je devrais interdire à d'autres cette activité.

De plus, comme précédemment dans le cas de la prohibition de l'alcool et comme peut-être demain avec celle du tabac, qui tire les marrons du feu? Réponse: les bandes criminelles qui se moquent éperdument de la qualité du produit qu'elles vendent à leurs clients, et qu'elles peuvent menacer et extorquer, sachant que ceux-ci n'iront pas se plaindre. Ce serait pareil si demain, les médicaments étaient purement et simplement interdits (d'ailleurs, certains ne sont-ils pas considérés comme des drogues, selon le contexte?).

Dans une situation de marché libre (qui n'existe, du reste, que pour très peu de produits, notons-le), le client ne serait plus captif de ses fournisseurs et pourrait, par exemple, initier une campagne dénonçant la mauvaise qualité des drogues commercialisées par tel producteur et inciter ainsi à boycotter ses produits. Aujourd'hui, ce n'est évidemment pas possible. La publicité de l'information en ce domaine n'existe pas ou peu - du fait de la prohibition. De là, les nombreuses morts et maladies provoquées. L'interdiction ne protège pas les plus faibles de leur faiblesse, mais creuse leur tombe. Enfin, aux monopoles et cartels rendus possibles par cette législation déresponsabilisante, le CAL prétend substituer le monopoleur type qu'est l'Etat - qui, est la pire de toutes les drogues ayant jamais existé. Où est le progrès là-dedans?

PS: je ne me drogue pas, sauf au café, à la Leffe blonde ou à Internet. Je m'exprime uniquement en termes de justice, pas de positionnement sociologique.

PPS: ce post est une retranscription un peu modifiée d'une mienne intervention parue au cours d'un débat relatif à cet article-ci.


Le Figaro change de ligne éditoriale

Depuis ce matin, Nicolas Beytout, jusqu'alors rédac'chef des Echos et libéral affirmé, est à la tête du Figaro.

La consigne donnée par Dassault, nouvel actionnaire, est de faire du Figaro le grand journal libéral européen.

Affaire à suivre, donc.


Super Size Constantin

Il me faut bien l'avouer, je suis un grand amateur de junk food. Mais, tant qu'à faire, aux délicatesses importées d'Outre-Atlantique je préfère les "crasses" maison que sont les "frites à 50", le Poulycroc et autres Fricandelles.

Inspiré sans doute par la vision de Super Size Me, je me suis mis en tête ce soir à la pause-bouffe de la répétition du trio de blues dans lequel j'officie de me lancer un défi Junk Food. Comme souvent, nous nous sommes donc retrouvés, mes compères et moi, au "Snack de la Reine", situé avenue de la reine à Schaerbeek, un sympathique établissement tenu par un non moins sympathique indépendant d'origine turque du nom de Selçuk.

Selçuk excelle dans la préparation des carbonnades à la flamande, dont la sauce - fait bien connu des habitués de la place Jourdan - nappe avec délicatesse un bon gros paquet de frites. Seulement ce mets-là est à la portée de tous les palais. Ce soir, mû par un instinct kamikaze digne de Spurlock, j'ai donc opté pour la bombe à neutrons gastrique : la grande frite (celle à 60) généreusement arrosée de sauce carbonnade ET nappée de sauce samouraï. Je précise à l'intention de nos amis français qui ignorent tout de la gastronomie junk food à la belge que la sauce samouraï est un divin mélange de mayonnaise et de pili-pili. Avec un petit poulycroc pour accompagner ça, et un yaourt salé à la turque pour faire descendre le tout.


Et bien, je vous l'avoue, j'avais comme un poids sur l'estomac en sortant de chez Selçuk. "Ca doit être le yaourt", me suis-je dit en mon fort intérieur. "Rien de tel qu'une bonne Jupiler pour remettre un peu d'ordre dans tout ça". Direction donc le Night-Shop de l'avenue de la reine, qui doit être le seul night-shop au monde dont le propriétaire accueille ses clients dans un "pin-stripe suit" que ne dédaignerait pas un banquier londonien. Et de fait, deux canettes de 50cl et quelques rots plus tard, tout rentrait dans l'ordre et la musique fut à nouveau dans ce loft situé à quelques pâtés de maison de là, à vingt mètres environs d'une mosquée fondamentaliste (je vous dis pas les problèmes de parking le vendredi). Vous voulez que je vous dise ? Morgan Spurlock est vraiment une tapette !