27.10.06

La gauche caviar aime la précarité

Molenews taille un costard sur mesure à la revue de gauche Politique. Consacrant son dernier numéro à la précarité, ce périodique socialiste a tenu à joindre la pratique à la théorie en ne salariant pas Mehmet Koksal pour son papier.

Voilà sans doute la prochaine étape dans le tout-gratuit scandé et acclamé par les intellos de gauche : le travail à l'oeil.


26.10.06

Le masque démocratique des anciens communistes

Quand un gouvernement est contesté pour ses forfaitures par sa population, il lui reste deux solutions : la répression ou la manipulation. Renouant avec les vieilles habitudes, les socialistes au pouvoir en Hongrie ont décidé de pratiquer les deux : mater les opposants, puis tenter de les décrédibiliser en les accusant d’être des factieux d’extrême droite. Lorsque les chars soviétiques entraient dans Budapest en 1956, les contestataires étaient déjà désignés à la vindicte prolétarienne comme des fascistes.

Cette manœuvre dilatoire est de celles qui ont cours en Belgique francophone quand des voix discordantes osent dire tout le mal qu’il faut penser du PS ; elles peuvent être sûres qu’il leur sera rétorqué prestement : « vous faites le jeu de l’extrême droite ».

Car, sur le fond, le premier ministre hongrois aurait tout à fait sa place au boulevard de l’Empereur. Ainsi, Ferenc Gyurcsány semble aimer créer des organismes échappant à tout contrôle parlementaire, comme d’autres ici régnaient ou règnent encore sur leurs intercommunales considérées comme autant de fiefs imprenables, ou encore qui se croient indélogeables parce qu’ils dirigent des organisations comme l’Union socialiste de Charleroi et espèrent ainsi bénéficier d’une impunité ad vitam aeternam.

Surtout, le chef du gouvernement hongrois a menti (extraits lisibles ici) et continue de refuser de tirer les conséquences de ce manque de loyauté envers ses concitoyens. Son admiration pour Lénine, rappelée ici, le conforte sans doute dans l’idée que les lois de l’Histoire passeraient avant toute considération morale ou légale… Est-ce tellement étonnant ? Le parti socialiste hongrois est issu de l’ancien parti communiste de Kádár (le chantre du communisme du goulasch).

Remarquons enfin que les socialistes se serrent les coudes quand leurs camarades ont été pris en flagrant délit - c’est sans doute leur manière toute personnelle d’entendre la notion de sens moral. En effet, l’ancien Premier ministre danois Poul Nyrup Rasmussen, actuel président du groupe socialiste européen, s’est cru autorisé à gourmander Wilfried Martens, ancien chef du gouvernement belge dans les années 80, et actuel président du groupe PPE au Parlement européen, parce qu’il s’était joint à une manifestation d’opposants au gouvernement hongrois et parce qu’il avait osé critiquer le comportement de Gyurcsány. Pire, le calme et mesuré Wilfried (dont la réponse est accessible ici) se voit accuser par le socialiste scandinave d’avoir porté atteinte à la démocratie hongroise ! Autant faire de François Bayrou un dangereux poseur de bombes. Ceux qui pensaient que c’était l’exécutif magyar qui était fautif se voient donc invités par le brillant dialecticien d’Esbjerg à réviser leur copie…


Renverser la réalité et faire marcher la logique sur sa tête, n’était-ce pas, après tout, l’un des objectifs marxistes ?


25.10.06

Cellule en crise

Les démélés du PS avec la justice rendraient-ils d'autant plus urgentes des mesures contre la surpopulation carcérale? La une du Soir en Ligne de ce mercredi le laisse supposer... :-)


Domiciles fictifs

Mateusz s'interroge sur une affaire de domiciles fictifs.

Ne pas rater les commentaires, et notamment celui de Pierre-Yves Lambert, animateur de Suffrage Universel.


24.10.06

La France, avenir du mal wallon ?

Jean-Claude Van Cauwenberghe s'étonne qu'un juge d'instruction puisse, "dans sa psychorigidité", faire écrouer le bénéficiaire de 18.000 voix de préférence. Le propos n'est pas seulement intéressant parce qu'il révèle, par sa maladresse, que Van Cau sent bien qu'il pourrait être le prochain à faire le voyage de Jamioulx, mais surtout parce qu'il pointe une faiblesse fondamentale de la démocratie. Les électeurs du PS, surtout dans les bastions rouges wallons, n'ignorent pas quelles sont les méthodes de leurs élus. Mais pourquoi sanctionneraient-ils un système clientéliste qui constitue le principal attrait de ce parti à leurs yeux ? Les scores minables des candidats PS "réformateurs" sont à cet égard tout à fait éloquents.

La démocratie est impuissante à mettre fin au mal wallon. On peut espérer que la justice y parviendra, mais le fait qu'elle ait suspendu ses actions jusqu'au lendemain des élections montre bien que son indépendance est incomplète et fragile. Reste à savoir ce qu'on fera de régions entières - le Pays Noir, Le Borinage, le Centre, le Pays de Liège - peuplées de hordes de parasites organisés politiquement de manière telle à être indélogeables, en ce compris au niveaux régional et fédéral. J'ai ma petite idée sur le sujet. Peut-être pourrait-on faire cadeau à la France de ces régions qui détonnent également par la célébration du 14 juillet et les marches en uniformes napoléoniens. L'idée semble en tout cas soulever certains enthousiasmes.


21.10.06

Décentralisation et liberté

Au nombre des thèmes classiquement libéraux ayant été expérimentés figure la décentralisation Je sais que plusieurs amis y voient une sorte de solution-miracle permettant de réduire l’étatisme en incitant le gouvernement à se modérer. Pour ma part, je reste sceptique sur son application systématique et inconditionnelle.

D’abord, que nous le voulions ou non, nous ne vivons plus au temps des cités-États, mais à l’heure des social-démocraties coulées dans le bronze des États-nations. Les schèmes de pensée en sont donc fortement imprégnés. Supposer que l’on incitera un gouvernement à confisquer moins de richesses et à contrôler moins nos vies, c’est omettre qu’une bonne partie de la population appuie, hélas, ces mesures, car elle y trouve son bénéfice. La configuration institutionnelle n’y changera donc pas grand-chose. Rien n’exclut en effet qu’au lieu d’un macro-centralisme dirigiste, les gens seraient dirigés par un micro-centralisme dirigiste. La démarche n’est pas nécessairement plus éloignée d’un certain constructivisme visant à une centralisation mondiale ; elle en est simplement la réplique inversée.

Je ne crois pas non plus en la fiabilité de l’argument suivant lequel un gouvernant spoliateur cesserait ses déprédations en estimant que son intérêt serait de se montrer moins brutal, sinon ses gouvernés partiraient en nombre. L’histoire a montré que l’intérêt de nombreux dirigeants concordait très peu avec celui d’un entrepreneur pacifique. S’il cherche, certes, bien à maximiser ses bénéfices, peu lui importent les moyens - surtout si ses intérêts sont des plus criminels. De surcroît, le vote avec les pieds comme issue de secours me paraît être symétrique à l’argument de tant d’étatistes qui croient vous clouer le bec en vous rétorquant : « Si t’es pas content, t’as qu’à t’en aller aux USA, sale ultralibéral ! » (pays où, du reste, l’on assiste à une centralisation de plus en plus agressive, comme quoi les problèmes ne sont pas partout identiques…)

Ensuite, le cas belge offre une illustration saisissante des effets peu ragoûtants que peut avoir une décentralisation des pouvoirs. Que s’est-il passé depuis que Régions et Communautés ont été créées ? Outre une complexification institutionnelle à côté de laquelle feu le Saint-Empire Romain germanique était d’une clarté biblique, une multiplication des postes de pouvoir, un accroissement de la politisation, des dépenses publiques atteignant la stratosphère, un clientélisme en plein épanouissement, et donc une part encore bien plus importante que jadis des pouvoirs publics dans le PIB. Surtout, l’État réel est dans les mains des partis, qui s’entendent entre eux pour se partager les places à tous les échelons de pouvoir. La variante actuelle est que plusieurs particrates socialistes vont devoir se partager les places en cellule.

Á mon estime, la question de la décentralisation doit être abordée avec la même circonspection que la thèse montesquienne de la séparation des pouvoirs (dite aussi « équilibre des pouvoirs »), d’après laquelle « le pouvoir arrête le pouvoir ». Remarquons au passage que cette idée est aujourd’hui traduite dans la vision du monde social-démocrate, aussi bien dans les pays nordiques qu’en Belgique, en France ou en Allemagne : les forces politiques et sociales s’affrontent puis négocient pour parvenir à des accords « équilibrés » où chaque groupe organisé trouve matière à satisfaction. Le tout, en passant à la trappe la liberté individuelle, puisque chacun devra se plier à la volonté de la « majorité ».

Cette courte digression servait à montrer que certaines idées présentées, à tort ou à raison, comme faisant partie intégrante du corpus idéologique libéral sont également porteuses d’applications liberticides et étatistes. La raison principale est que la séparation des pouvoirs comme la décentralisation se focalisent sur la question « qui gouverne ?» au lieu de prendre pour critère essentiel les limites de l’action étatique (distinction opérée par Lord Acton). En d’autres termes, ces analyses s’intéressent à la distribution des postes de commandement, non à leur limitation (par le Droit en particulier).

Plus féconde serait, me semble-t-il, une réflexion sur le rôle de contre-pouvoirs véritables : je veux parler d’associations libres et spontanées, non créées par les décideurs politiques, en particulier la famille et les institutions religieuses. Un signe de la menace qu’elles représentent pour l’étatisme est que, systématiquement, les États révolutionnaires, totalitaires, ou en voie de totalitarisation, ont cherché à neutraliser, voire détruire, ces pôles de résistance.

C’est peut-être là que les libéraux devraient concentrer leurs réflexions, plutôt que sur de plus ou moins savantes alchimies institutionnelles qui ne servent souvent, au final, qu’à confier la garde du pot de lait au chat socialiste.


18.10.06

Le musée des horreurs de la gauche, épisode 7

Mardi, ils me fusillent

Dimanche dernier, le pape Benoît XVI a canonisé au Vatican quatre nouveaux saints. Business as usual depuis le pontificat de Jean-Paul II. Toutefois, il vaut la peine de se pencher sur un des nouveaux saints : Rafael Guizar, un des évêques les plus persécutés par l'État mexicain durant les années '20. En effet, on oublie souvent que la Russie soviétique ne fut pas le premier pays, à tout le moins pas le seul au début du 20e siècle, qui établit la persécution religieuse comme mode de gouvernement socialiste et totalitaire.

En 1917, à la fin de la longue guerre civile qui déchira le Mexique au début du 20e siècle, après la victoire de Carranza et Obregón, est promulguée une nouvelle constitution qui établit une politique d'intolérance religieuse et qui priva l'Église de toute personnalité juridique. Parmi les dispositions les plus dures : interdiction de vote des religieux, interdiction pour l'Église de posséder des biens fonciers, interdiction du culte public hors des dépendances ecclésiastiques, mainmise de l'État qui devait décider du nombre d'églises et de membres du clergé, interdiction pour la presse catholique de traiter des affaires publiques, interdiction aux corporations religieuses et aux ministres du culte d'établir ou de diriger des écoles primaires. Les catholiques n'opposèrent aucune violence quand cette constitution liberticide entra en vigueur, optant pour une lutte pacifique afin de modifier les aspects qui les affectaient directement. Ainsi des groupes de catholiques décidèrent de constituer en 1924 la Ligue Nationale pour la Défense de la Liberté Religieuse (LNDLR) afin de récupérer la liberté religieuse via les moyens légaux.

Durant le gouvernement du général Álvaro Obregón (1920-1924), les relations entre l'Église et le nouvel État révolutionnaire furent marquées par une tension croissante et l'impossibilité d'arriver à un accord qui aurait satisfait les deux parties. Les affrontements entre les membres de la Confédération Régionale Ouvrière Mexicaine (CROM) et ceux de l'Action Catholique de la Jeunesse Mexicaine (ACJM) occupèrent les premiers titres des journaux. Jusqu'au mois de janvier 1923, lorsque le légat apostolique du Vatican, monseigneur Ernesto Philipi, bénit un monument dédié au Christ-roi à Cilao, dans l'État de Guanajuato. Le gouvernement du général Obregón interpréta cet acte comme un défi à l'autorité et une attaque à la constitution et expulsa le légat en application de l'article 33 de la constitution.

Après la prise de possession de la présidence par le général Plutarco Elías Calles, les relations entre le gouvernement et les catholiques empirèrent encore plus, Calles estimant qu'un catholique ne pouvait être un « bon citoyen mexicain », vu sa « loyauté envers Rome ». Calles proposait un nouveau nationalisme, dans lequel les citoyens ne pouvaient accorder leur loyauté qu'au seul État mexicain. C'est ainsi qu'il tenta de créer une église nationale. Le 21 février 1925, il fonda, avec l'appui de la CROM, l'Église Catholique Apostolique Mexicaine (ICAM), à la tête de laquelle fut placé un religieux renégat, Joaquín Pérez. Il s'agissait là de tenter de diviser de l'intérieur le catholicisme mexicain, car l'ICAM proposait de suivre la même doctrine mais sans relation aucune avec le Pape, Pérez devenant le Patriarche de cette Église d'État. L'ICAM s'empara de l'église de la Soledad et s'y installa en attendant l'appui de la population ; mais cette tentative fut un échec, la paroisse étant récupérée quelques jours plus tard par les catholiques, qui se mobilisèrent en grand nombre pour défendre leurs églises.

Les représailles du gouvernement ne tardèrent pas : à Tabasco, le gouverneur Tomás Garrido Canabal décréta l'obligation pour les membres du clergé de se marier pour pouvoir officier et à Tamaulipas, les curés étrangers furent interdits d'office. Au mois de mars 1925, la LNDLR fut déclarée illégale par le gouvernement et opéra dès lors clandestinement. Le 4 février 1926, le journal El Universal publia une entrevue avec l'archevêque de Mexico, José Mora y del Río, qui rejetait l'anticléricalisme rabique de la constitution. La rupture entre l'Église et l'État était consommée par ce libre droit à l'expression publique : José Mora fut arrêté. Calles, considérant que les déclarations de l'archevêque Mora constituaient une offense et une provocation envers le gouvernement, ordonna au Congrès de compléter par une loi l'article 130 de la constitution - connue sous le nom de Loi Calles - ordonnant la fermeture des écoles religieuses et l'expulsion des membres étrangers du clergé et limitant le nombre des membres nationaux à un pour 6.000 habitants. Les membres du clergé devaient être enregistrés par les autorités communales qui disposaient de la faculté d'octroyer ou non les « licences pour exercer ». De même était sanctionné tout type d'éducation religieuse.

En protestation, les évêques, appuyés par Rome, s'accordèrent pour suspendre le culte à partir du 1er août 1926, jour de l'entrée en vigueur de la Loi Calles. Avant cette date, un grand nombre de personnes se pressèrent dans les églises pour célébrer baptêmes et mariages avant la suspension. Ensuite, les maisons se transformèrent en oratoires, tandis que le gouvernement fermait les églises, les chapelles particulières, les couvents et les écoles religieuses dans tout le pays. Face à cette situation, le Pape Pie XI autorisa les membres du clergé à utiliser une liturgie raccourcie de la messe pouvant être célébrée en tout lieu et sans vêtements ni ornements liturgiques. En réponse à la législation liberticide, les catholiques présentèrent devant le parlement une demande de réforme constitutionnelle, appuyée par deux millions de signatures, laquelle fut rejetée le 22 septembre 1926. Les catholiques appelèrent alors au boycott et, pour payer le moins d'impôts possibles au gouvernement, diminuèrent leur consommation de produits offerts par le gouvernement, cessèrent de jouer à la loterie et utilisèrent le moins possibles leurs véhicules pour ne pas devoir acheter de l'essence. Mais les événements allaient prendre une tournure encore plus dramatique.

Le 3 août 1926, à Guadalajara, dans l'État de Jalisco, les armes avaient déjà commencé à parler. Les premières guérillas étaient composées essentiellement de paysans. Ces groupes armés - qui à plusieurs reprises mirent les troupes fédérales en échec - reçurent un appui grandissant, chaque fois plus important était le nombre de ceux qui, au cri de « Vive le Christ-roi et Sainte Marie de Guadalupe », rejoignaient ceux qui allaient être connus sous le nom de cristeros. Les catholiques se soulevèrent contre l'oppression du gouvernement à Jalisco, Zacatecas, Guanajuato et Michoacán, et bientôt la presque totalité du centre du pays. Le conflit conservait un caractère fondamentalement rural bien que la direction de la LNDLR fut principalement urbaine. Vers 1927, les cristeros comptaient 12.000 hommes et encore 20.000 à la fin du conflit, en 1929.

En 1928, l'ex-président Álvaro Obregón se présenta contre Calles aux élections présidentielles et gagna. Il se disait qu'Obregón allait conclure un accord pour en finir avec la guerre, mais il fut assassiné avant. En arrivant comme intérimaire à la présidence, Emilio Portes Gil, commença des négociations avec les rebelles, auxquelles participa comme médiateur le nouvel ambassadeur des États-Unis, Dwight Morrow. Un accord d'amnistie générale fut conclu pour tous les catholiques soulevés qui désireraient se rendre. L'accord prévoyait également la restitution des bâtiments religieux et garantissait d'une certaine manière la stabilité de ces dévolutions. La LNDLR et les cristeros n'acceptèrent pas l'accord qu'ils jugèrent insatisfaisant sur de nombreux points et des 50.000 combattants, seuls 14.000 déposèrent les armes.

Finalement, le 21 juin 1929, monseigneur Leopoldo Ruiz y Flores et monseigneur Pascual Díaz, envoyés du nonce papal signèrent une série d'« arrangements » avec le président Portes Gil, acceptant la reprise du culte « à l'intérieur du cadre des lois en vigueur ». C'est-à-dire que la hiérarchie ecclésiastique ratifiait toutes les lois persécutrices contre l'Église. Les « arrangements » ne prévoyaient rien quant au sort des cristeros luttant contre le gouvernement. Immédiatement, les évêques mexicains ordonnèrent à leurs subalternes d'annoncer dans les zones tenues par la guérilla que la poursuite de la guerre n'avait plus aucun sens. L'Église ayant cédé, divisés et même excommuniés désormais, les cristeros abandonnèrent peu à peu la lutte.

La guerre avait fait quelques 90.000 victimes (60.000 du côté gouvernemental, 30.000 chez les cristeros). De nombreux civils et cristeros continueront d'être assassinés après la fin de la guerre, victimes de raids anticléricaux. La Loi Calles ne fut pas abrogée, mais l'État fédéral, du moins, évita de l'appliquer. Toutefois, dans de nombreuses localités, la persécution contre les prêtres catholiques continuera, basée sur l'interprétation de la loi par les responsables locaux. Ce n'est qu'en 1992, que le président mexicain Carlos Salinas de Gortari renoua les relations diplomatiques avec le Vatican, bien que les dispositions anticléricales subsistent toujours actuellement dans la constitution mexicaine.

(El martes me fusilan - Mardi, ils me fusillent - est une chanson typique mexicaine, un corrido, sur le thème des cristeros.)


13.10.06

Le prix de la guerre

Le prestigieux journal médical "The Lancet" publie une étude au sujet de la surmortalité en Irak depuis l'invasion américaine. Elle s'élève à 655.000 personnes. A noter que la Maison Blanche n'a jamais publié de chiffres (on se demande bien pourquoi) mais avance soudainement qu'il y aurait "environ 50.000" morts excédentaires depuis que le pays est occupé par les Etats-Unis.

On va finir par croire que le but occulte de Dubya est de faire regretter Saddam. C'est beau la guerre des civilisations.


12.10.06

Vivent les femmes !

Après la courageuse Isabelle Durant voilà qu'une autre femme, Madame Anne Humblet, met le holà aux manigances du PS. Je vais finir par me réconcilier avec la parité hommes/femmes sur les listes !

Tout le monde ne se sent pas obligé toutefois de respecter le voeu de ses électeurs: à Huy et à Charleroi par exemple, le PS a trouvé des collabos MR et CdH prêts à lui servir la soupe en échange de quelques misérables petits mandats. Quand au VLD, il prend carrément ses ordres chez Johan Vande Lanotte, le président des socialistes flamands, et vire comme un malpropre le très libéral Jean-Marie Dedecker. Tel est le triste état du libéralisme belge: réduit à l'état de valetaille au service des mandarins socialistes. Espérons que l'électeur n'aura pas oublié ces trahisons lors des prochaines élections fédérales.

En attendant, j'encourage nos lecteurs à manifester leur soutien à Anne Humblet par un mail (anne.humblet@namur.be), dont ils pourront réserver copie à Didier Reynders (didier.reynders@mr.be)


Heurs et malheurs d'un cultureux socialiste


Bravo Mehmet !


Le Tatayet des socialistes

Le philosophe italien Benedetto Croce avait défini l’État fasciste comme un onagrocratie : c’est-à-dire un gouvernement d’ânes brayants. Eh bien, la blogosphère comprend un onagrocrate qui s’ignore : Serge Federico, alias Aldagor (un pseudonyme qui rappelle vaguement la série "Goldorak "), dont le style pleurnichard se mêle même pas habilement à des métaphores sexuelles que n’aurait pas reniées un Julius Streicher. Quand le même folliculaire ne traite pas, dans le plus évident style léniniste, ses contradicteurs de "cloportes", images à l’appui (ce qui nous donne une haute idée de son goût pour l’argumentation rationnelle).


Le gros de la pensée de ce cultureux typique au mauvais goût très sûr se fonde sur le visionnage de Winnie l’Ourson, influence énorme dont souffre sa prose anesthésiée et niaise. Son style anémique, agrémenté d’apophtegmes étiques qu’on refuserait même aux Grosses Têtes, a pour unique but de servir la cause du Parti, qui l’emploie à faire de la propagande électorale probablement en échange de subventions servant à publier ses plaquettes à prétention littéraire, mais en réalité 100% cancérigènes pour l’intelligence.


Sa pensée politique caduque, qui repose sur une écriture laborieuse comme un cul-de-jatte chercherait à s’appuyer sur des échasses vermoulues, est la proie de trois obsessions : Alain Destexhe, qu’il a baptisé Oui-Oui (reprenant une vieille blague que les Guignols de l’Info avait inventée à propos de Jospin) - et contre lequel il prône la censure -, les libertariens, et les écolos, accusés de servir "l’extrême droite économique" et de trahir les "forces de progrès". Comme par hasard, il fustige à longueur de blog ceux qui - dans la vie politique ou sur le net - refusent les mensonges et magouilles socialistes. Concernant le concept "extrême droite économique", il suffit de garder à l’esprit le programme économique de ladite extrême droite (opportunément rappelé dans ce billet de Constantin pour s’apercevoir qu’il est clairement plus proche de la conception aldagorienne, pour laquelle le marché ressemble à un Léviathan menaçant... Manœuvre dilatoire caractéristique des socialistes de toute couleur (rouge ou brune), affublant les activités économiques de traits monstrueux propres à l’État total qu’il chérissent. Mais les ficelles sont tellement grosses que notre "auteur" finit par ses prendre les pieds dedans - pour user d’une figure de style digne de sa rhétorique champignacienne. Les socialistes sont, au final, plus doués pour les scandales à répétition que pour la ventriloquie, vu qu’ils arrivent péniblement à fabriquer de mauvaises copies de Tatayet telles qu’Aldagor.


Bref, si toutes les machines de guerre du PS pouvaient un jour ressembler à Aldagor, la Wallonie aurait des chances d’être enfin délivrée du joug collectiviste en un grand éclat de rire. Fin dialecticien, Federico - retiré dans sa datcha en compagnie d’Elio et Laurette - conclurait probablement : "Trop de blagues nuit aux blagues".


10.10.06

Le retour de Boelpaepe ?

Alors qu’il fut démissionné du collège communal anderlechtois en raison de pratiques toutes socialistes, Jean-Jacques Boelpaepe va-t-il se voir gratifié d’une présidence de CPAS... pour cause de co(n)gestion socialiste dans la même commune (rappelons que l'intéressé, actuellement FDF, provient du PS) ?

Sur Télé-Bruxelles, le bourgmestre Jacques Simonet affirmait pourtant la semaine dernière que l’incident était clos. À moins qu’il ne faille comprendre par là que péché même pas avoué soit plus qu’à moitié pardonné (voire complètement absous - ô surprise ! - par le PS qui, en la personne d’ Eric Tomas, ne formule aucune objection envers cette candidature potentielle) ?


Si cette information se confirmait, on pourrait se demander qui du cdH ou du MR est le clone le plus réussi du PS.


Tous fichés... mais fichez-nous la paix !

La semaine dernière, les ministres de la Justice de l’Union européenne et les compagnies aériennes ont poussé un " ouf " de soulagement : les agences de surveillance américaines ne s’empareront plus des données des passagers... ce sont les compagnies qui les leur livreront elles-mêmes.


L’Association of European Airlines salue chaleureusement cet accord, sans doute parce qu’il est plus confortable pour ces sociétés d’espionner leurs clients plutôt que d’être elles-mêmes surveillées - consolation, à mon avis, illusoire. Ensuite, d’un point de vue moral, cela ressemble furieusement au sentiment de fierté que devait ressentir un Allemand de l’Est en travaillant comme agent officieux au service de la STASI faisant ainsi mine d’oublier qu’il était lui-même espionné par ses voisins et sa famille pour le compte de cette redoutable police secrète.


Pour ne pas faire dans le détail, l’accord prévoit que les données à transmettre aux services américaines sont relatives à chaque passager. Cet article d’Agoravox donne une liste impressionnante des renseignements devant être fournis :


"nom, nationalité, adresse privée et électronique, coordonnées téléphoniques, prix du billet, mode de paiement, numéro de la carte de crédit, adresse de facturation, agence de voyages ou mode ­ d’acquisition du billet, itinéraire complet du voyage, infos sur l’appartenance du voyageur à un programme de fidélité de la compagnie, y compris miles parcourus et coordonnées des vols, demandes de services spéciaux, en particulier les préférences alimentaires, éventuels incidents survenus sur d’autres vols (non-présentation à l’embarquement malgré une réservation, altercations, consommation excessive d’alcool), informations de dernière minute sur le passager embarqué au dernier moment, etc."

Parmi ces données, vous aurez peut-être remarqué la consommation excessive d’alcool, ce qui correspond très clairement au profil type d’un partisan hyper fanatisé de l’islamisme... La conclusion à en tirer est tout simplement que la lutte anti-terroriste constitue, une fois de plus, un prétexte pour ficher et contrôler la vie de tout le monde, comme en témoigne l’insistance sur les transactions financières. Chaque passager à destination des USA sera donc traçable et, qui sait, susceptible de finir revêtu d’un beau pyjama orange, surtout s’il a le malheur de déclarer haut et fort ne pas porter dans son cœur "Dubya".


C’est pourquoi il faut s’étonner de lire dans La Libre Belgique que les Américains souhaiteraient obtenir des données encore plus confidentielles, requête que les Européens prétendent, bien entendu, rejeter avec vigueur. Car, hormis la couleur des chaussettes de monsieur et le nombre d’orgasmes de madame, je vois mal ce qu’ils ne savent pas encore. D’ailleurs, à cette occasion, nous retrouvons Lôrette, ci-devant ministre de la Justice, qui avance placidement (toujours dans La Libre Belgique) :


"Nous n'avons pas ouvert les vannes (...) Simplement, il s'agit de concilier la soif insatiable qu'ont les Etats-Unis en matière de données, et on peut les comprendre vu que le traumatisme du 11 septembre est encore bien vivace, avec nos réflexes européens de protection de la vie privée. Et je vous assure que nous ne nous sommes pas pliés à toutes les exigences américaines"...

Encore un mensonge socialiste que le bon peuple est, sans doute, hélas prêt à gober. Plus c’est gros, plus ça passe.


Rififi à Schaerbeek

Comme il fallait s'y attendre, les socialistes, Elio di Rupo et le Stal du Canal en tête, tâchent de faire payer très cher à Ecolo la "trahison" schaerbeekoise. On sait en effet qu'Isabelle Durant, par ailleurs secrétaire fédérale d'Ecolo, a refusé d'honorer l'accord pré-électoral signé avec le PS et le CdH et a reconduit l'alliance avec le bourgmestre sortant, Bernard Clerfayt. Aucun journaliste n'a osé demander à Elio, Jowelle-la-Rouge et aux autres de justifier l'apparition de ce document qui, soudainement, prend des allures de tables de la loi, alors qu'ils en ont nié énergiquement jusqu'à l'existence avant le scrutin. Mais bon, les puissants ont le droit de mentir, c'est bien connu.

Pourquoi le PS est-il tellement fâché ? Tout simplement parce que le plan de succession bien rôdé d'Elio vient de prendre un fameux coup dans l'aile; le projet était en effet que Laurette Onkelinx acquière un pied-à-terre politique prestigieux (bourgmestre de la septième commune du Royaume) pour son élection à la présidence du PS. Pour y parvenir, tous les coups étaient permis: tant à la Région qu'au fédéral, les socialistes ont tout fait pour pénaliser Schaerbeek (où ils faisaient pourtant partie de la majorité) afin que la population comprenne que tout se débloquerait si Laurette devenait bourgmestre. On se souviendra longtemps de son "inauguration" du Parc Josaphat quelques jours avant les élections et du subtil message subliminal qu'il véhiculait. Le PS n'a par ailleurs pas hésité à débaucher Jean-Pierre Van Gorp*, un personnage qui fut fort populaire ("fut", parce qu'au vu de son résultat personnel médiocre, son électorat ne semble pas lui avoir pardonné sa trahison) et qui, parti de la frange raciste du parti poujadiste UDRT est aujourd'hui membre du PS après être passé au MR-FDF du bourgmestre. Le PS a également joué à fond la carte du clientélisme ethnique, turc en particulier. L'électorat turc est en effet censé ne pas aimer le MR en raison de sa condamnation du génocide arménien. La "Turkish Connection" explique les contorsions de Laurette au sujet dudit génocide, l'étrange aventure d'un opposant turc mais également citoyen belge qui a failli être extradé tout à fait illégalement vers la Turquie (Laurette est ministre de la justice), l'apparition de candidats issus de l'extrême-droite turque sur sa liste, etc.

Le parachutage de Laurette dans la commune a mis Ecolo dans une position très difficile. En effet, la section locale du PS ne représentait rien jusqu'à l'arrivée de Laurette, chose dont Ecolo a sans doute bénéficié puisque la plupart de voix de gauche se sont reportées sur le parti vert. L'effet de cet événement était double: d'une part, Ecolo pouvait s'attendre à perdre des électeurs au bénéfice du PS, d'autre part, il savait pertinemment que la partie fidèle de son électorat ne voulait d'Onkelinx à aucun prix. CPS tient de bonne source que ledit électorat l'a bien fait comprendre aux principaux intéressés tout au long de la campagne. Laurette Onkelinx qui fait construire une luxueuse villa à Lasne, une des communes les plus riches du royaume, et se contente de louer dans un quartier excentré et chic de Schaerbeek (dont elle déplore hypocritement la pauvreté et la "dualité"), ça a fait grincer bien des dents, y compris à gauche. De plus, il y a un consensus général que Clerfayt et sa coalition, dont Ecolo faisait partie, sont parvenus à redresser une commune à l'agonie dans un contexte financier très difficile. Laurette ignore par ailleurs tout de Schaerbeek, ainsi qu'il est apparu notamment lors d'un débat télévisé pré-électoral lors duquel elle s'est contentée de cracher des slogans creux et dangereusement populistes, contrairement à ses adversaires qui, eux, ont abordé des problèmes concrets. Le moment le plus drôle a sans doute été lorsque, parlant de la "Cage aux Ours", elle s'est sentie obligée de préciser "Place Verboeckhoven", comme si les Schaerbeekois l'ignoraient. Enfin, Onkelinx aurait immanquablement fait siéger un bourgmestre "faisant fonction" à sa place pendant au moins une partie de son mandat, puisqu'elle n'entendait pas démissionner de son poste de ministre.

La goutte qui a sans doute fait déborder le vase pour les écolos et qui explique leur attitude après le scrutin est le score impressionnant de Clerfayt (champion bruxellois des voix de préférence, passant d'environ 2.500 à pas moins de 12.654 !), le fait que l'olivier n'aurait eu qu'une seule voix de majorité au sein du conseil communal et surtout le total manque d'éthique de la campagne de Laurette Onkelinx et ses accointances avec d'authentiques fascistes turcs. Quand on sait par ailleurs que ces personnages ont été élus au conseil communal et que leur infidélité aux partis qui les accueillent est légendaire, on comprend que les écolos n'aient pas voulu s'engager dans cette aventure.

De plus, d'un point de vue plus cynique, au sein d'un olivier, les écolos auraient joué les faire-valoir, tandis que Clerfayt a certainement fait preuve de générosité afin de les pousser à faire faux bond au PS. Et il n'est pas mauvais, surtout après les innombrables mauvais coups dont le PS a gratifié Ecolo dans le passé, que les éminences socialistes s'aperçoivent qu'Ecolo ne peut être tenu pour acquis. CPS ne croit pas que les oliviers déracinés un peu partout en Région Bruxelloise soient en rapport avec Schaerbeek, même si le PS l'affirme parce qu'il foncièrement fier de ses méthodes mafieuses et espère faire éclater Ecolo en y semant la zizanie. La seule exception est peut-être Bruxelles-Ville, où officiait le maillon faible d'Ecolo, Henri Simons, une caricature du gauchiste "caviar" assoiffé de pouvoir et de mandats dont on se demande de toute façon pourquoi il n'a pas déjà rejoint le PS depuis belle lurette. Simons se comporte aujourd'hui exactement comme l'espéraient ses maîtres rouges en demandant qu'Isabelle Durant démisionne de la direction du parti vert.

Laurette Onkelinx la bobo flamboyante a polarisé le débat autour de sa personne et découvre aujourd'hui que la grande majorité des Schaerbeekois, non seulement ne veut pas d'elle, mais la déteste même cordialement. C'est tellement vrai que même le Vlaams Belang a fait de la figuration lors de ces élections et se retrouve décimé sans avoir bien compris ce qui lui est arrivé. Ce qu'Onkelinx aura par contre mis en lumière aux yeux de nombre de personnes, dont le soussigné, ce sont les qualités du bourgmestre Clerfayt, personnage discret, travailleur et efficace qui aura su réunir autour de sa personne grâce à ses qualités de gestionnaire.

Beaucoup de Schaerbeekois espèrent que la goule socialiste mettra les voiles et qu'on pourra tourner la page. Sans doute le fera-t-elle dès que ce sera possible sans trop perdre la face. Hélas, il y a fort à parier que son héritage perdurera, et pas seulement parce que la mafia rouge à la Région et au fédéral poursuivra Schaerbeek de sa vendetta, comme à son habitude lorsqu'on "vote mal". Onkelinx a réveillé les démons de l'époque du bourgmestre raciste Roger Nols, qui, comme elle, opposait le "bas" et le "haut" de Schaerbeek et exaspérait les passions ethniques. Beaucoup d'observateurs pensent en effet que la manière dont elle a flatté un certain électorat turc a également poussé les Marocains et, dans une moindre mesure, les Belges de souche, à voter pour son adversaire. On espère que ce dernier aura la sagesse de dégonfler les passions nauséabondes que son adversaire défaite a remuées avec tant d'enthousiasme.



* dont les attaques venimeuses contre Bernard Clerfayt et Isabelle Durant (voir son blog) sont un vrai régal...


PS : L'ami Mehmet se la joue Madame Irma.


9.10.06

L'éthique selon le PS

Rien de plus surréaliste que de voir les socialistes donner des leçons d’éthique à l’écologiste Isabelle Durant, qui a préféré s’allier au bourgmestre sortant Bernard Clerfayt, plutôt que de soutenir une majorité de circonstance, qui aurait reposé sur un siège détenu par un "Loup gris" notoire. Savourons, par ailleurs, notre plaisir d’avoir vu craquer en direct le masque faussement patelin de Di Rupo, qui a montré son véritable caractère aussi infatué qu’autoritaire lorsqu’il fut confirmé que le parti Ecolo avait osé briser le rêve maïeural d’Onkelinx. Snif, j’en écrase une larme...


De plus, le PS schaerbeekois ne se remet pas de se retrouver dans l’opposition car, sans Laurette (ministre de la justice au sein du gouvernement fédéral, rappelons-le à l’intention de nos lecteurs français), c’est l’espoir de quelques belles subventions qui s’envole. Ce n’est pas moi qui l’invente, mais Jean-Pierre Van Gorp (n° 4 de la liste Onkelinx) qui l’écrit noir sur blanc en un aveu déconcertant de franchise :


"Oublions aussi les aides providentielles qui auraient pu nous être octroyées par un relais comme Laurette Onkelinx au sein du gouvernement."


7.10.06

Les apparatchiks ont peur

Les voies d'Internet sont insondables; la sympathie qu' Alain Destexhe inspire à l'équipe de CPS l'a poussée à s'intéresser de plus près à Auderghem, la commune où il se présente. Petit à petit, nous avons découvert que cette municipalité d'apparence tranquille est gangrénée par les mêmes maux que Liège ou Charleroi.

Nous n'avons pas hélas les contacts et les moyens nécessaires pour faire remonter de belles grosses affaires du type de celles qui font le quotidien du sud du pays, mais quelques petits billets moqueurs ont attiré l'attention de la garde rapprochée du bourguemaître et surtout des e-mails de lecteurs avec des informations sur la vie quotidienne dans la commune, que nous avons fidèlement répercutées après vérification. Nous avons découvert que clientélisme (le logement social est rempli des créatures du bourgemaître, comme le démontre l'ubiquité des affiches amarantes dans les quartiers concernés), conflits d'intérêts (apparatchiks du genre Henri Horny logés dans des habitations appartenant à la commune, attribution des dossiers judiciaires du CPAS à une avocate se trouvant être la femme du bourguemaître), utilisation de la police contre l'opposition (incidents avec les remorques de campagne ou lors d'événements organisés dans la commune), manipulations diverses (voir l'incident ridicule du blog "élections Auderghem 2006", d'abord présenté comme neutre mais en réalité animé par le parti au pouvoir) et, la nervosité grandissant, violences font désormais partie du quotidien politique d'Auderghem. Ces petits incidents, qui séparément ne signifient pas grand chose, prennent ensemble une signification bien plus inquiétante. Et Auderghem n'est probablement qu'un exemple parmi d'autres.

Visiblement, nous faisons peur. Le ton hystérique du dernier billet du cyber-courtisan du bourguemaître, ainsi que le fait que tous les blogs qu'il gère pour son patron aient effacé et fermé les commentaires, est à cet égard éloquent. C'est que hors les accusations de complot (CPS et les autres blogs qui examinent Auderghem de manière critique seraient pilotés par Destexhe) et, évidemment, de fascisme, les prébendaires amarantes n'ont pas grand chose à dire, pas plus d'ailleurs que leurs collègues dans d'autres partis.

Comme nous, ils savent que le pouvoir est fragile. Beaucoup de bloggueurs belges et surtout bruxellois, que les lecteurs de CPS connaissent bien, ont tâché de mettre nos maîtres à nu; le monde politique s'en aperçoit d'ailleurs et il y a fort à parier qu'il essaiera dans un futur proche d'abattre cette parole libre. Certains ont d'ailleurs déjà essayé. A chacun d'en tirer les conclusions qui s'imposent. En attendant, merci au courageux Mehmet, à Prométhée, à Pierre-Yves, à Thierry, à Frédéric Jottrand, à Climax et à tous les autres. Le combat ne fait que commencer !


Le clientélisme a encore de beaux jours devant lui

La RTBF diffusait hier soir un débat réunissant les présidents des quatre principaux partis francophones. Enfin... quand je dis débat, c’est une façon de parler. En particulier au sujet du logement social, c’est le PS qui a imprimé sa marque ; les autres se contentant ensuite de broder quelques variations sur le même thème.


Di Rupo a ainsi déclaré qu’il fallait rendre obligatoire la construction de logements sociaux dans toutes les communes. Personne n’a bronché, Reynders a même opiné mollement. Voilà une preuve supplémentaire que les socialistes aiment tellement les pauvres qu’ils les créent. Car, pour que de telles habitations soient érigées, il faut en théorie qu’une commune comprenne un certain nombre de gens à revenus modestes. Dès lors, si même les communes les plus riches devront bâtir de telles habitations, c’est un signe on ne peut plus clair le PS tient à paupériser les habitants de ces communes pour ensuite les transformer en autant d’obligés du pouvoir devant se taire en échange d’un toit et d’une allocation. Que les socialistes ressortent régulièrement la vieille lubie totalitaire du contrôle des loyers, aussi destructeur pour l'habitat qu'un bombardement aérien, est d'ailleurs l'étape préalable à la substitution d'un parc immobilier public aux logements privés.


L’autre raison est que le PS cherche à édifier des logements sociaux à destination de familles ou proches d’élus. Que les autres partis n’y aient rien trouvé à redire laisse à penser que cette hypothèse n’est pas du tout invraisemblable, puisque chacun d'eux pourrait profiter de cette nouvelle aubaine. Après tout, cela s’est déjà vu...


Auderghem, ton univers (toujours plus) impitoyâââble

Notre ami Thierry, de Bruxelles-ma-Ville, référence un article de la Tribune de Bruxelles sur les méthodes mafieuses des hommes de main de Monsieur le Bourguemaître.


5.10.06

Les méthodes SA du PS carolo


Belgique 2018

La nuit dernière, mon sommeil fut perturbé par un long cauchemar, que je vais essayer de vous relater.


En 2018, la Belgique ressemble grosso modo à celle de 2006 : le social et le festif s’affichent partout, comme en témoignent les longues files de chômeurs à travers les différentes villes et communes du pays. Les listes d’union communale sont devenues, au demeurant, la règle tacite. Toutes prônent les mêmes plans d’action citoyenne : les Maisons de la Participation et de la Solidarité fleurissent un peu partout. Chaque commune a la possibilité de bâtir sa propre prison, baptisée pudiquement "Maison du Mieux-Vivre ensemble". Le prétexte invoqué est que cela permet d’offrir un premier emploi (de gardien, en l’occurrence) aux jeunes diplômés en les immergeant au cœur du mal-être social - celui ressenti par les rééducateurs à la citoyenneté. Ces derniers sont chargés d’inculquer les vertus de la morale sociale aux prisonniers, qui ont été désignés à la vindicte publique comme des criminels contre la propriété publique au motif qu’ils ont piraté leur carte d’identité électronique en en retirant leurs informations bancaires - le cadastre des fortunes ayant été établi vers 2010.


Des militaires américains viennent également les interroger - car ils les soupçonnent de financer le terrorisme - puis en emmènent certains dans un des nombreux camps qu’ils ont ouverts dans l’une de leurs provinces au Proche-Orient et en Europe centrale.


La Flandre est devenue une région autonome où règne la loi linguistique du plus fort : tout passant peut être arrêté parce qu’il parle une autre langue que le néerlandais. S’il est convaincu de récidive, les agents de la Taalwaakzaamheid (Vigilance linguistique) interviennent et confisquent ses biens (finançant notamment la construction de pavillons pour les membres de l’establishment politique local ainsi que les politiques dites de développement économique).


La Wallonie et Bruxelles sont sous la coupe d’un parti issu des listes d’union communale : le Parti du Mouvement, dont le slogan est : "Unis pour le Mouvement ; en mouvement pour l’Union". Mais cette belle unité n’est qu’une façade visant à maintenir la population sous le joug de cet appareil en réalité infesté par les luttes de pouvoir intestines. De surcroît, chaque administration communale a développé des politiques visant à empêcher des citoyens extérieurs à la commune d’y travailler : "un emploi pour chacun de vous", tel est le slogan qui s’affiche au fronton de chaque hôtel de ville. Les employeurs recrutant des personnes étrangères à la commune sont passibles de lourdes amendes, voire d’une interdiction d’exercer leur profession. Le passeport intérieur est donc entré dans les moeurs, chaque déplacement hors de la municipalité faisant l’objet d’un enregistrement automatique par l’une des centaines de caméras de surveillance qui ornent le territoire communal. Dans la foulée, les tenanciers de phone-shops et magasins de nuit, souvent pakistanais, sont surveillés constamment, car les autres commerçants - majoritairement encartés au Parti - les accusent de leur faire une concurrence déloyale. De temps en temps, la Brigade de l’Équité en arrête quelques uns, qu’elle envoie au Petit-Château, devenu la Maison de l’Accueil et du Partage. On y aperçoit parfois des militaires américains...


Finalement, je me suis réveillé. Ouf, je pousse un soupir de soulagement, car, en allant voter dimanche prochain, je sais très bien que tout cela n’arrivera jamais ici.


2.10.06

Bolchevisme juridique

En votant le Military Commissions Act, le Congrès américain a bel et bien légalisé la torture et entériné l’absolutisme présidentiel. D’une certaine manière, les choses sont clarifiées ; en faisant voter par des parlementaires serviles et conformistes (à l’exception de quelques braves) cet ensemble de dispositions, l’équipe Bush a signé ses aveux : oui, ce sont bien eux les organisateurs de la torture. Les mauvais traitements infligés aux prisonniers ne sont pas des cas isolés, indépendants de la volonté de l’exécutif.


En effet, comme l’explique le Washington Post, le gouvernement est à présent immunisé à titre rétroactif contre toute poursuite judiciaire éventuelle :


"At the same time, the bill immunizes U.S. officials from prosecution for cruel, inhumane or degrading treatment of detainees who the military and the CIA captured before the end of last year. It gives the president a dominant but not exclusive role in setting the rules for future interrogations of terrorism suspects."

L’état de fait est désormais revêtu d’une couverture juridique de circonstance. On le voit, la démocratie à la sauce bolcho-néocon ne s’embarrasse pas de vieilleries comme la séparation des pouvoirs, le droit à un procès équitable, la présomption d’innocence, ou encore de cette si obsolète méfiance jeffersonienne envers l’omnipotence gouvernementale. Les lois de l’Histoire passent avant le respect du droit.


Pire, l’extension de la notion de "combattant ennemi" est telle que toute personne qui pourrait avoir financé des associations caritatives islamiques risque d’être traduite devant ces tribunaux militaires d’exception. Aucun citoyen américain n’est d’ailleurs à l’abri de cette menace qui relègue les lettres de cachet de l’Ancien Régime au rang d’une blague de potache. L’application du Patriot Act en a déjà donné un avant-goût difficile à avaler pour ceux qui croient dans les valeurs fondatrices des Etats-Unis, foulées au pied par les néo-bolcheviques siégeant à Washington.


Il n’est, dès lors, pas étonnant que le ministre de l’Intérieur briannique, John Reid, ancien membre du parti communiste, prouve qu’un totalitaire ne change pas, puisqu’il prend prétexte de ce vote pour vouloir renvoyer l'habeas corpus dans les poubelles de l’Histoire. Tout à sa rhétorique trotskiste du "avec nous ou contre nous", j’imagine qu’il ne lui faudra pas longtemps avant d’accuser le leader conservateur David Cameron d’être un allié objectif des terroristes...


1.10.06

Auderghem, ton univers impitoyable

L'intérêt pour Auderghem dont CPS a fait preuve ces dernières semaines semble inspirer nos lecteurs qui nous régalent d'anecdotes diverses au sujet des us et coûtumes de cette petite commune, si paisible pourtant en apparence.

On sait qu'Auderghem est gérée par Didier Gosuin dit "le bourguemaître", un homme particulièrement actif qui ne néglige aucun détail. Nous avons ainsi appris que les organisateurs des fêtes diverses (fête de la moto, rencontre avec des artisans, etc.) qui se déroulent dans la commune - et qui par un hasard particulièrement heureux se trouvent être tous du même parti que Didier Gosuin - interdisent toute exhibition de sigles politiques sur le lieu de l'événement. Ben oui, à quoi ça sert ? Tout le monde sait bien pour qui il faut voter, non ?

Un audacieux candidat de la liste Destexhe a néanmoins cru bon, tout récemment, de se balader en tee-shirt bleu du MR lors d'une de ces manifestations, ce qui lui a valu d'être expulsé sans ménagements par cinq molosses du service d’ordre.

Comme le signale malicieusement notre correspondant, il se pose cependant un petit problème; ces pratiques sont parfaitement illégales. On ne peut pas empêcher un citoyen de porter les vêtements de son choix lors d’une manifestation publique, fût-ce même un immonde bout de tissu imprimé aux couleurs d'opposants qu'on n'a que trop longtemps tolérés. Mais bon, qu'attendre d'un service d'ordre qui n'est même pas accrédité auprès du Ministère de l'Intérieur, comme l'impose un peu niaisement la loi du 10 avril 1990 sur la sécurité privée ? S'ils avaient été formés comme la loi l'impose, les gros bras amarantes auraient su qu'ils n'ont le droit de confisquer que les objets dangereux, ce qui hélas, même à Auderghem, n'inclut pas la propagande subversive. Enfin, à leur décharge, la police communale n'était pas plus au courant qu'eux, vu qu'elle a refusé d'intervenir. Il faut croire qu'à Auderghem, le Moniteur Belge ne parait qu'en Flamand.