Le musée des horreurs de la gauche, épisode 4
Henri De Man et la social-démocratie
En Belgique, comme dans les autres pays occidentaux, il est devenu coutumier de saluer la social-démocratie comme un effort de la gauche vers davantage de réalisme. J’ai déjà rappelé que cette doctrine politique comportait des germes totalitaires. Certes, à la différence des marxistes purs et durs, les sociaux-démocrates refusent la collectivisation des moyens de production. Mais ce qu’ils proposent ne vaut guère mieux : c’est le contrôle de l’économie, et donc des choix humains, par la puissance publique.
L’un des penseurs les plus influents à cet égard fut l’universitaire et homme politique belge Henri de Man. Cet intellectuel d’allure aristocratique se fit connaître par sa révision du marxisme en publiant en 1926 Au-delà du marxisme. Pour De Man, ce n’était pas l’appropriation collective des moyens de production que les socialistes devaient préparer, mais le contrôle de l’économie (ce que les économistes de cours appellent aujourd’hui "la régulation du marché"). L’un de ses plus fervents admirateurs fut Mussolini - qui reconnut dans le penseur belge un parent idéologique, également lecteur de Georges Sorel. C’est à cette fin qu’il fit adopter en décembre 1933 par le Parti ouvrier belge (POB, ancêtre des partis socialistes francophone et flamand), dont il était devenu le vice-président le célèbre Plan du Travail, dit "Plan De Man".
Que proposait ce plan (et non programme, De Man tenait à cette appellation quasi martiale) ? Premièrement, il préconisait le passage à un régime d’économie mixte, dans lequel plusieurs secteurs devraient échapper aux lois du marché (transports, banques, entreprises "stratégiques", etc.). Deuxièmement, l’Etat serait gouverné par deux pouvoirs exécutifs : le premier dévolu aux affaires politiques ; le second consacré à l’administration de l’économie (direction du secteur public et surveillance du secteur privé). Cette socialisation de l’économie devait être chapeautée par un Conseil économique, dont le rôle serait confié au Sénat. Il est intéressant de relever que De Man estimait, à cette époque, que ces mesures autoritaires et dirigistes permettraient d’échapper à la menace fasciste... Mais en quoi différaient-elles de l’économie administrée telle que la connaissait l’Italie et qu’Hitler commençait à appliquer en Allemagne ? Mystère.
Par ailleurs, ce régime d’économie mixte, nous le connaissons encore et toujours. Pour preuve le régime corporatiste, digne d’un régime fasciste pur jus, dans lequel nous vivons et qui eût sans doute convenu à De Man... encore que les socialistes ont cette sale habitude de ne jamais reconnaître les fruits dont ils sont les auteurs et d’en attribuer la paternité aux méchants "ultralibéraux". Du reste, la rhétorique demanienne a fait des petits, puisque c’est notamment le dirigeant socialiste qui a propulsé les vocables péjoratifs "hypercapitalisme", "injustices et excès du capitalisme financier", et tutti quanti, qui ont toujours cours tant au PS qu’à la rédaction du Monde diplomatique ou chez Attac.
Devenu ministre des Finances en 1936, De Man commença à mettre ses idées en application, en particulier le contrôle du crédit. Il développa, à l’instar de socialistes français comme Marcel Déat, l’idée d’un socialisme national et devant s’appuyer sur un pouvoir exécutif fort. Cette "troisième voie" (ni marxisme ni libéralisme) trouvait d’autant plus d’écho qu’une démocratie telle que les États-Unis commençait à la mettre en chantier, à l’initiative de Roosevelt.
Devenu président du POB en 1939, il continuera de défendre sa thèse d’une démocratie autoritaire et dirigiste.
Lorsque l’armée belge capitule le 28 mai 1940, le leader des socialistes ne se sent plus de joie : pour lui, c’en est fini de la "ploutocratie hypercapitaliste", l’heure est venue de voir triompher le socialisme ! En témoignent ces extraits du manifeste rédigé par De Man à destination de ses militants :
"(...) Le rôle d’un chef n’est pas de suivre ses troupes, mais de les précéder en leur montrant le chemin. Voici celui que je vous demande de suivre :
Restez fidèles aux intérêts qui vous ont été confiés, veillez au bien-être de vos membres, au fonctionnement de vos oeuvres, à l’exécution de vos mandats administratifs.
Soyez au premier rang de ceux qui luttent contre la misère et la démoralisation, pour la reprise du travail et le retour à la vie normale.
Mais ne croyez pas qu’il faille résister à l’occupant ; acceptez le fait de sa victoire et essayez plutôt d’en tirer les leçons pour en faire le point de départ d’un nouveau progrès social.
La guerre a amené la débâcle du régime parlementaire et de la ploutocratie capitaliste dans les soi-disant démocraties. Pour les classes laborieuses et pour le socialisme, cet effondrement d’un monde décrépit, loin d’être un désastre est une délivrance.
(...) Préparez-vous à entrer dans les cadres d’un mouvement de résurrection nationale qui englobera les forces vives de la nation, de sa jeunesse, de ses anciens combattants, dans un parti unique, celui du peuple belge uni par sa fidélité à son Roi et par sa volonté de réaliser la souveraineté du travail."
De Man avait évidemment reconnu des cousins germains dans les nationaux-socialistes, et c’est pourquoi cet appel à la collaboration est dépourvu de toute ambiguïté, contrairement à une certaine légende. Quelques semaines plus tard, dans la plus pure ligne fascisto-corporatiste, il créera l’Union des Travailleurs intellectuels et manuels. Du reste, si le chef socialiste s’est ensuite retiré de tout activisme politique, avant de quitter la Belgique, ce n’est pas parce qu’il fut pris de remords concernant son engagement pro-nazi, mais parce que l’occupant et des factions collabos concurrentes l’évincèrent.
Loin donc d’être accidentel, le parcours de De Man est représentatif du socialisme, en particulier de sa branche "troisième voie" (en permanence tenaillée par de vieux démons planistes)... celle là-même qui continue d’être en vigueur dans notre plat pays.
Le musée des horreurs de la gauche, épisode 3
La Commune de Paris
(Remarque préliminaire : cette série ne suit pas nécessairement l’ordre chronologique des événements historiques qui y sont relatés. Elle est préparée au gré de l’inspiration des auteurs ou en guise de réponse à d’éventuelles commémorations officielles.)
Un épisode célébré à cor et à cri par toute la gauche, marxiste ou non, reste celui de la Commune de 1871, le rôle du salaud de service étant attribué à Adolphe Thiers, alors chef du pouvoir exécutif. C’est à travers ce genre de réécriture de l’Histoire que l’on s’aperçoit du caractère intrinsèquement liberticide de la vision du monde socialiste, et il est assez facile de le prouver.
Tout d’abord, la prise du pouvoir parisien par les Communards n’a rien d’un acte spontané. Quelques mois avant la proclamation de la Commune, des dépôts d’armes et des commissariats furent dévalisés de leurs arsenal. Ce sont des membres de l’Internationale, dont beaucoup étaient inspirés tout particulièrement par le fanatique révolutionnaire Blanqui (l’éternel factieux emprisonné sous tous les régimes, dispensant ses conseils depuis sa cellule), qui se sont emparés de la capitale. Ces individus attendaient leur heure. Elle est venue lorsque le gouvernement provisoire - "les Versaillais" de Thiers - a entamé des négociations de paix avec l’armée prussienne. Prétextant une "trahison de la Réaction" (... curieux réactionnaires, au demeurant, puisque Thiers et les autres ministres se réclamaient des principes de 1789), les émeutiers ont fait de Paris le siège de leur projet ultrasocialiste. Certains avaient déjà pris leurs quartiers, plusieurs mois auparavant, dans l’administration municipale : le fameux entrisme cher aux futurs trotskistes, en somme ! C’est d’ailleurs la Garde nationale qui fut le plus infiltrée par la subversion socialiste.
Ah, les fédérés ! Ces hommes que l’historiographie bien-pensante décrit comme autant de braves gars désintéressés et guidés par la liberté comme par le bien commun, eh bien, ces grands coeurs et redresseurs de tort n’eurent rien de plus pressé, le 22 mars 1871, que de tirer à vue sur la foule de Parisiens opposés à leur putsch. Par comparaison, notons que Thiers avait décidé de ne pas réprimer les émeutes fomentées par les communards en date du 18 mars.
Un autre fait d’armes imputable à ces bons "patriotes" est le lâche massacre de deux officiers qu’ils avaient préalablement désarmés et faits prisonniers : les généraux Lecomte et Thomas. Le maire de Montmartre, le très rouge Georges Clemenceau, serait arrivé trop tard sur les lieux pour empêcher leur assassinat... mais il reste des doutes sur la réalité de son empressement.
On nous bassine ensuite les oreilles avec l’amour communard pour la "démocratie participative". Voyons cela : quatre jours après avoir mitraillé nombre de leurs opposants désarmés, les socialeux organisèrent en effet des élections... mais 100 000 personnes n’avaient d’autre choix que de fuir la ville en état insurrectionnel, de sorte que seul près d’un demi million d’électeurs s’inscrivit. Victoire politique peu glorieuse pour le parti de l’envie.
Ce qui attire naturellement les idéologues socialistes - même ceux qui se targuent de ne pas succomber aux délires marxistes - est "l’actualité" du message de la Commune, aux fins, notamment, de lobotomiser les élèves en cours d’histoire.
Citons donc quelques unes des brillantes initiatives communardes :
- La séparation de l ‘Église et de l’État. Il s’agissait - bien avant les lois de 1882 et 1905, et dans la droite ligne de 1789 - de piller les biens ecclésiastiques ainsi que d’interdire l’enseignement religieux. La Commune n’autorisa à rester ouverts que les lieux de culte accueillant les meetings politiques du nouveau pouvoir - décision prise, à l’évidence, par souci du compromis. Officieusement, les églises devinrent autant de lupanars scabreux (bien que la prostitution fût prohibée par les insurgés...). Le lecteur l’aura noté de lui-même : les lieux de vie "festifs, solidaires et citoyens" prennent leur source dans cette collectivisation des lieux de culte.
- La suppression des dettes et de leurs intérêts, histoire de montrer aux vilains capitalistes et autres exploiteurs qui était désormais le maître.
- Dans la même veine, n’oublions pas l’expropriation des entreprises et leur prise en main par des conseils ouvriers.
- La remise aux locataires des baux qu’ils avaient versés les neuf derniers mois, que complétait l’interdiction faite aux propriétaires d’expulser leurs locataires indélicats. Rien de mieux que de telles sornettes pour ruiner les propriétaires et les mettre ainsi à la rue. "Vive la sociale !" Là encore, les socialistes "modernes" n’ont pas eu besoin de chercher bien loin leur inspiration, quand ils recommandent le blocage des loyers, telle L. Onkelinx, ministre de la Justice.
- L’abolition du travail de nuit dans les boulangeries. Les Parisiens affamés par la guerre et le siège de leur ville apprécièrent cette "réforme" à sa juste mesure, n’en doutons pas.
- Aux fins de contrôler les allées et venues de la population, fut instaurée la carte d’identité, nommée alors "certificat de civisme". Je ne serais pas surpris outre mesure que Ségolène Royal ou Sarko trouvent plus poétique cette appellation et la reprennent demain à leur compte.
En outre, des associations féministes avant la lettre prirent fait et cause pour ce chamboulement total et y allèrent de leur couplet devenu rituel : égalité de salaire entre les hommes et les femmes, droit à l’union libre en leur faveur (afin, évidemment, de rompre les chaînes maudites du patriarcat millénaire), etc.
Bref, il n’est évidemment pas étonnant que Marx et Engels aient vu dans cet épisode dramatique la première expérience communiste moderne.
Un personnage fortement emblématique de cette courte période reste le préfet de police nommé par les proto-bolcheviques : Raoul Rigault, un jeune psychopathe, qui avait pris comme modèles politiques Robespierre et Saint-Just, dont il connaissait les discours sur le bout des doigts. Fanatique entre les fanatiques ("nous ne faisons pas de la légalité, nous faisons la révolution" s’exclama-t-il), il envisagea une industrialisation de la mise à mort des "ennemis du peuple" en concevant une guillotine à vapeur (heureusement, il ne put mettre ce funeste projet à exécution, car il fut remplacé par un dénommé Cournet).
Autant attendri par son inséparable pistolet (auquel il chantait des berceuses, si l’on en croit le romancier Jules Vallès) qu’obsédé par l’héritage de la Révolution française, Rigault promulgua ainsi le "décret des otages du 2 priairal an 79", en vertu duquel il fit assassiner par ses escadrons de la mort Mgr Darboy, archevêque de Paris (lequel bénit ses tortionnaires juste avant de mourir) et d’autres innocents, tels qu’une quinzaine de dominicains, des prêtres (dont le curé de l’église de la Madeleine et un abbé dévoué au secours des miséreux), des civils et notables, parmi lesquels des magistrats. L’écrivain gauchiste Bernard Noël ose pourtant écrire avec un aplomb déconcertant dans son Dictionnaire de la Commune : "On a beaucoup parlé de son agitation, de son terrorisme, de sa légèreté aussi, mais il n’y eut d’outrance que dans son anticléricalisme, qui lui fit multiplier les perquisitions dans les églises et les vexations à l’égard du clergé." L’euphémisme est décidément la sortie de secours favorite des totalitaires honteux.
Enfin, il est toujours question de la "Semaine sanglante", entendez de "l’atroce répression anti-communarde", mais on oublie souvent de rappeler que Thiers fit seulement exécuter et arrêter les néo-jacobins, donc uniquement les fauteurs de troubles, et qu’il n’était pas question pour lui de s’attaquer aux Parisiens, en majorité effrayés par les partageux. Quelque 20 000 communards furent tués pendant le siège de Paris. Ensuite, la capitale ayant été reprise, Thiers insista pour que les membres de l’Internationale fussent jugés dans les règles (droit refusé par ces derniers à leurs prisonniers, remarquons-le). Ainsi, sur 40 000 communards arrêtés, environ 15 000 furent condamnés, dont 270 exécutés. En outre, rappelons que de nombreux révolutionnaires, et non des moindres, poursuivirent une seconde carrière littéraire (Jules Vallès, Henri de Rochefort, Paschal Grousset alias André Laurie, nègre de Jules Verne, etc.) et politique (Blanqui, père putatif de la Commune, resta encore brièvement en prison... avant d’être élu député de Bordeaux en 1879 !).
Malgré tant d’atrocités, les barbares partageux font désormais partie du patrimoine français, puisqu’il existe depuis l’an 2000 une place de la Commune dans le 13e arrondissement parisien. Quand on sait que c’est Jean Tibéri qui l’a inaugurée, on se dit que sa capacité à faire voter les défunts est décidément assez étourdissante ! C’est un peu comme si le maire de Munich allait commémorer le putsch commis dans cette ville par Hitler en allant rebaptiser la brasserie où il harangua ses partisans : "Au bon putsch".
C’est dans ce genre de manifestations que l’on se rend compte combien le subconscient collectiviste est encore puissant dans les esprits contemporains, trop de gens gobant les mensonges socialistes. Mais il faudra bien un jour que ce soit le tour des totalitaires de tout poil de raser les murs... (non, je ne pense pas à celui des fédérés !)
Les prismes sont déformants
Jadis j'avais écrit sous une autre identité
un article concernant le fait qu'il n'existait pas de pratique humaine, sinon de science, qui étudie les conflits inter-étatiques. La principale conséquence étant que chaque spécialité en sciences humaines peut donner sa propre interprétation des évènements d'une région donnée, et partant, l'homme de la rue aussi. Ce que l'on appele la géopolitique est en général le terrain de jeu favori des gens, notamment en France, du poivrots de comptoir au plus illustre diplomate.
Et à chaque fois, on observe la même chose : manque d'informations, absence de raisonnements, déclamations de slogans, répétitions de concepts simples, etc....
C'est ce que l'on observe actuellement, sous toutes les plumes ou presque à travers la blogosphère. En témoigne par exemple
cet article absolument hallucinant du blog Antiwar, un chef d'oeuvre de partialité absolue. Ou encore
cette note de Loïc Le Meur parlant de deux de ses amis, lisez surtout les commentaires. Dans les deux cas, on ne voit que des outrances, d'un côté des gens clairement anti-israëliens, de l'autre des gens clairement pro-israëliens.
A chaque fois, ce n'est que l'expression de ce que les gens
ont déjà dans la tête, aucune analyse n'est en générale faite. Et je m'inclus clairement dans cette catégorie, n'ayant que bien peu de temps à consacrer à la recherche d'informations, je me doute que ce que j'ai écrit (voir plus bas) relève de ce que je raconte dans ce billet.
Alors que faire? Simple, comme toujours, que ce soit l' ou l'autre des camps en présence, lorsque des propos caricaturaux et/ou outranciers sont tenus, il n'y a qu'un type d'action possible pour un homme de bien : couper le son, et laisser les ignorants blablater. Et c'est le conseil que je me donne, que je te donne à toi lecteur.
Ce qui se passe actuellement autour d'Israël nécessite, pour l'analyser, du sang froid et de la distance, pas de l'écriture émotionnelle et indignée, cette posture est beaucoup trop facile.
Ce à quoi nous assistons aujourd'hui au Liban est la prise en otage d'une population civile totalement innocente, qui ne se distingue en rien d'actions terroristes telles celle de
Beslan, si ce n'est par son ampleur. Le gouvernement israélien et Tsahal annoncent benoîtement qu'ils poursuivront les exécutions d'otages tant que l'état libanais ne leur aura pas donné satisfaction, chose qui est d'ailleurs totalement impossible, le rapport de forces libanais étant ce qu'il est. Il y a donc fort à parier que des centaines d'innocents perdront encore la vie.
Il ne fait par ailleurs aucun doute que la destruction du Liban et le meurtre de Libanais innocents ne peut que renforcer, sinon le Hezbollah, du moins des mouvements radicalement anti-israéliens. Le gouvernement israélien est tellement obnubilé par l'obsession d'inspirer la terreur à tous ses voisins qu'il a perdu tout sens de la mesure et toute vision à moyen et long terme. Si Israël est incapable de vivre avec comme voisin une démocratie multi-confessionnelle et raisonnablement occidentalisée, avec qui peut-il s'entendre au Proche-Orient, hors quelques dictatures militaires et encore, tant qu'elles durent ? Le terrorisme d'état israélien offre la démonstration de l'exactitude de la propagande de ses pires ennemis, soit que l'état hébreu est un corps étranger dont seule la disparition peut ramener la paix dans la région.
Une fois de plus, l'Occident, Etats-Unis en tête, a fait la démonstration de sa profonde hypocrisie et du fait qu'en dernière analyse, il considère qu'Israël est "des nôtres" et que par conséquent tout lui est permis, tandis que la vie d'Arabes, même non-musulmans, même "occidentalisés" comme le sont nombre de Libanais, ne vaut pas qu'on se fâche avec un état ami. En témoigne par exemple la manie risible de mettre systématiquement sur le même pied les pertes israéliennes, insignifiantes et principalement militaires, et les pertes libanaises, énormes et quasi exclusivement civiles. C'est une erreur morale et politique qu'un jour ou l'autre nous payerons très cher, et les premiers à qui l'addition sera sans doute présentée seront précisément les Israéliens.
PS : à lire absolument:
l'excellent éditorial paru aujourd'hui dans le quotidien libanais "L'Orient - Le Jour".
Le musée des horreurs de la gauche, épisode 2
La Guerre d'Espagne, comme le rappelle l'historien britannique Paul Johnson, a été l'évènement du 20e siècle sur lequel le plus de mensonges ont été écrits. La soirée Thema proposée hier soir par la chaîne d'État franco-allemande, Arte, nous le confirmait encore une fois.
Pour nous mettre d'emblée dans l'ambiance, on ouvrit le bal avec Fiesta, un film français de 1995, dirigé par un français et joué par des français. Bref, une référence dans la filmographie. On ne s'étonnera pas, d'ailleurs, de savoir que Jean-Louis Trintignant fut nominé pour le César 1996 du meilleur acteur pour son très représentatif rôle d'une tantouze cynique et sadique, accessoirement colonel dans l'armée nationaliste, et dont les dialogues qui étaient mis dans sa bouche révèlaient toute la médiocrité imbécile de la propagande de bas étage : « Cette guerre, nous la faisons pour le plaisir. Nous la faisons parce qu’elle est le seul moyen de ne pas s’ennuyer » ou encore « Cette guerre est une guerre des riches contre les pauvres ».
Certes, on eût pu faire un autre film pour nous montrer toute l'horreur que peut signifier une guerre fratricide. Par exemple, montrer comment un bon père de famille et catholique pratiquant devient un psychopathe et criminel officier de l'armée nationaliste, après que sa nièce, jeune novice chez les carmélites, se soit suicidé après avoir été violée par des anarchistes catalans, ou bien après que son cousin, prêtre, ait été achevé à coup de crosse de fusils par des militants des jeunesses socialistes alors qu'il était crucifié à la porte de son église, ou bien encore après que toute la famille de son frère ait été assassinée à Paracuellos de Jarama - le Katyn espagnol - par les tchékas communistes de Madrid dirigées par Santiago Carrillo, futur patron du parti communiste espagnol, aujourd'hui politicien à la retraite et docteur honoris causa de l'Université Autonome de Madrid. Pensez-vous, on risquerait d'éprouver de la compassion pour une raclure fasciste.
Vint ensuite un reportage censé nous éclairer sur la personnalité de la crapule espagnole par antonomase, Francisco Franco y Bahamonde. Là, pendant une heure, à coup de mensonges, de demies vérités, d'occultations des faits et de psychologisme de superette, on s'évertua à nous démontrer qu'avant d'être le grand criminel que tout le monde connaît (ou devrait connaître), Franco était un connard fini. Un exemple parmi d'autres : le documentaire commence sur les années de formation du jeune Franco en nous signalant que ce dernier ne put suivre la tradition militaire familiale - la Marine de guerre - parce qu'il « rencontra des difficultés à l'Académie navale de Ferrol ». Était-il décidemment trop petit, même pour rentrer dans la marine ? Puait-il vraiment si fort de la gueule ? Le téléspectateur aura compris que Franco était simplement trop bête pour devenir officier de l'Armada. Vous savez, c'est compliqué la marine : on ne dit pas droite, mais tribord, on ne calcule par en kilomètres par heure, mais en noeuds, il faut avoir de solides notions de trigonométrie, etc. Bref, Franco était tout juste bon pour rester fantassin.
Évidemment, celui qui veut vraiment savoir peut se renseigner et apprendre que si Franco ne devint pas officier de marine, c'est simplement parce que l'Académie navale de Ferrol ferma ses portes avant même qu'il puisse y entrer. (À l'époque, l'Espagne, après la désastreuse guerre hispano-américaine de 1898, avait bien des officiers de marine, mais ses navires de guerre gisaient par le fond au large des côtes de Cuba et des Philippines.) Le reste du reportage est de la même eau. Ce qui ne manque pas de nous laisser perplexe. Si Franco était si médiocre, nul et con, comment se fait-il qu'il fut le plus jeune général nommé en Europe durant l'entre-deux-guerres, comment réussit-il à s'imposer aux autres généraux insurgés, comment gagna-t-il la guerre civile, comment survécut-il à la Seconde Guerre mondiale, alors que personne ne misait un kopeck sur son régime, comment réussit-il à conserver le pouvoir durant 40 ans, sans pour autant faire de l'Espagne un camp de concentration et en laissant Espagnols et touristes y entrer et sortir à leur guise ? Faut-il comprendre que ses adversaires étaient-ils encore plus abrutis ?
Finalement cette riche soirée s'acheva sur un documentaire réalisé à base d'archives espagnoles, soviétiques, allemandes, anglaises et françaises. Cela aurait pu être intéressant. Mais cela débuta mal : en introduction, on eut droit à de bêtes images de films de propagande. Mais surtout, c'était sans compter avec le commentaire. Qui commença très fort, avec une menterie aussi grosse que pathétique : la Seconde République espagnole aurait été proclamée après que les républicains eussent remporté les élections municipales du 12 avril 1931. Or, rien de plus faux : lors de ces élections, les monarchistes remportèrent 22.150 sièges de conseillers municipaux contre 5.574 pour les républicains. Mais que sont les chiffres face à l'aube de l'espérance républicaine et du rêve socialiste ? Mentir pour la bonne cause est-ce vraiment mentir ?
Car une bonne partie des mensonges qui concernent la Guerre d'Espagne se centrent sur la description de l'époque qui la précéda, à savoir la Seconde République - proclamée en Espagne il y a 75 ans -, qui est généralement dépeinte avec les vives couleurs du Jardin d'Éden, afin de faire ressortir plus clairement le blanc et le noir de la guerre civile espagnole, avec ses bons, très bons, et ses méchants, très méchants. La gauche et la droite, pour être plus clair, pour que personne ne s'égare. C'est ainsi que la majorité des gens, lorsqu'on leur parle de la Seconde République espagnole, se remémore l'image projetée par une historiographie sinistrement politisée : un régime de gauche qui parvint au pouvoir avec la mission de résoudre une série de problèmes ancestraux nés de l'incurie et des privilèges de la droite. Jusqu'à Diane Cambon qui, le mois d'avril dernier, dans les colonnes du Figaro (même pas celles de l'Humanité ou de Libération), se sentait obligée de ressasser la niaise antienne :
[...] les cinq années que dura la République (de 1931 à 1936) sont reconnues internationalement comme l'âge d'or du XXe siècle espagnol. « Ce fut une période brillante d'un point de vue culturel, mais aussi d'une grande modernité sociale et politique », assure l'historien britannique Paul Preston dans le quotidien El Pais. La République fut certes marquée par une profusion d'oeuvres littéraires et artistiques (Lorca, Alberti, Buñuel, Picasso...), mais aussi par une volonté de vulgariser la culture et l'enseignement à travers notamment la construction de dix mille écoles publiques. Le régime républicain permit également d'instaurer le suffrage universel et le droit de vote pour les femmes ainsi que la séparation de l'Église et l'État.
La propagande ne pourrait être plus grossière.
Tout d'abord, ce furent des hommes politiques de la droite espagnole classique, Alcalá-Zamora et Maura, qui unirent les républicains et les poussèrent à prendre le pouvoir en 1931. Et ils le firent non pas avec l'objectif de remplir de supposées « missions », mais bien pour instaurer une démocratie normale, avec une possibilité d'alternance entre la droite et la gauche, afin que la résolution des problèmes s'effectue selon un vote majoritaire. Maura et Alcalá-Zamora connaissaient l'inquiétant messianisme révolutionnaire de la gauche espagnole et ses dangereuses monomanies antireligieuses, mais ils pensaient pouvoir les neutraliser via l'établissement de libertés générales, d'élections libres et la participation active de la droite dans le processus républicain. Ces espérances raisonnables allaient recevoir très rapidement un terrible coup avec ce que l'on a appelé l'« incendie des couvents ».
Le 11 mai 1931, les éléments les plus fanatisés de la gauche lancèrent à Madrid une vague d'incendies d'édifices religieux, après une tentative d'assaut avortée contre le journal monarchique ABC. Les incendies s'étendirent les jours suivants en Andalousie et au Levant, avec un bilan final de quelques cent édifices détruits, églises d'une grande valeur historique et artistique, centres d'éducation et de formation où des milliers de travailleurs et de fils d'ouvriers avaient reçus un enseignement de qualité, écoles salésiennes, laboratoires, etc. De même, des bibliothèques furent brûlées avec leurs centaines de milliers de volumes, parmi lesquels des incunables, des éditions originales de Lope de Vega, Quevedo ou Calderón, des collections uniques de revues,... ou encore les irrécupérables archives du paléographe García Villada, produits d'une vie entière de recherches. Furent également réduits en cendres des tableaux et des sculptures de Zurbarán, Valdés Leal, Pacheco, Van Dyck, Coello, Mena, Montañés, Alonso Cano, etc. Un désastre presque inconcevable.
Mais le plus révélateur fut la réaction du gouvernement républicain et de la gauche. Le ministre (et futur Président de la République) Azaña, considérant les incendies comme un acte de « justice immanente », paralysa toutes tentatives de mettre fin aux troubles en déclarant : « Tous les couvents de Madrid ne valent pas la vie d'un républicain ». La gauche, de manière générale, justifia les événements en les attribuant au « peuple », et en accusant la droite d'avoir « provoqué les travailleurs ». Une publication du parti socialiste menaçait : « Si les représentants de la révolution victorieuse ont pêché, c'est par une excessive indulgence envers les vaincus ». (Alors même que la gauche n'avait vaincu personne : ce furent les monarchistes eux-mêmes qui lui offrirent la République sur un plateau.)
L'Église et les catholiques protestèrent, mais pacifiquement. Cela ne calma pas la gauche, qui interpréta ce geste comme un aveu de faiblesse et maintint son attitude agressive. À l'encontre du bon sens, cette dernière continua d'accuser la droite de violence et d'intolérance et lui montra son mépris moqueur en soutenant - sans craindre de se contredire - que ce fut l'Église elle-même qui avait provoqué les émeutes afin de salir l'image de la République. À peine un mois après l'installation des républicains au pouvoir, la Seconde République espagnole portait déjà en elle les germes de la maladie mortelle qui allait l'emporter. Et cinq ans plus tard, ce ne seront plus seulement des bâtiments qui seraient brûlés, mais des milliers de religieux qui seraient cruellement torturés et assassinés.
C'est ainsi que, même si à la naissance de la République, nombreux furent les hommes politiques et les intellectuels espagnols qui désirèrent instaurer une démocratie libérale, l'initiative fut confisquée dès l'instant même de la rédaction de sa constitution par une gauche qui estimait que le régime était sa propriété exclusive et que la droite était une option politique sans légitimité pour exercer le pouvoir émanant des urnes. Aussi rapidement que commencèrent les incendies d'églises, de bibliothèques et de centres scolaires, la charte fondamentale fut imprégnée non pas de laïcisme, mais de haine de la religion. Pour donner un simple exemple, en 1933 furent supprimées les célébrations de la Semaine Sainte dans presque toute l'Espagne. Beaucoup plus grave, les quelques éléments libéraux que conservait la constitution furent réduits à néant avec l'approbation de la Loi de Défense de la République, qui permit au premier gouvernement de gauche d'interdire d'innombrables actes politiques de l'opposition, en plus de fermer quelques 100 journaux de droite. Voilà pour la « grande modernité sociale et politique » de Paul Preston.
Quant aux succès politiques des gouvernements républicains, rappelons que sous le premier gouvernement de la gauche augmentèrent les chiffres des grévistes, du chômage et même celui des personnes mortes de faim. La réforme agraire, étendard du programme de la gauche, fut exécutée avec plus d'efficacité par le gouvernement postérieur de Lerroux. Bien qu'en définitive, ce projet se solda par un cuisant échec. Par ailleurs, l'augmentation du nombre d'écoles publiques doit être mis en balance avec la fermeture des collèges religieux, mesure promulguée selon les critères du plus atroce sectarisme. Voilà pour la « séparation de l'Église et l'État » de Diane Cambon.
Durant la Seconde République, nombreux furent les secteurs politiques qui se soulevèrent contre elle. Bien sûr des monarchistes radicaux, Sanjurjo, etc. Mais surtout les anarchistes, durant toute la République, et, en 1934, après la victoire de la droite aux élections, la totalité de la gauche, menée par les socialistes, qui tenta un coup d'État avec lequel, comme l'expliqua très clairement le grand philosophe Salvador de Madariaga, « la gauche espagnole perdit jusqu'à l'ombre de toute autorité morale pour condamner la rébellion de 1936 ».
Vinrent les élections de 1936, les plus anormales de la Seconde République, qui donneront le pouvoir à la coalition des gauches du Front populaire. Par ce que, de manière extraordinairement suspecte, le gouvernement du Front populaire ne publia aucun chiffres officiels, encore aujourd'hui les résultats de ces élections ne sont que des estimations qui, selon les auteurs, peuvent varier d'un million de votes. Généralement, on estime que la gauche gagna plus de sièges, mais que la
droite recueilli plus de voix. La question était : la gauche avait-elle suffisamment modéré ses instincts insurrectionnels ou utiliserait-elle son succès au service de la revanche ?
Dès les premiers instants du nouveau gouvernement de gauche, ses membres les plus fanatiques imposèrent leur loi à partir de la rue. Les auteurs de la sanglante tentative du coup d'État de 1934 furent élevés au rang de héros, retrouvèrent avec honneur leurs anciens offices ou charges et les entrepreneurs se virent obligés de les réembaucher, ce qui, dans beaucoup de cas, signifiait le renvoi de travailleurs pacifiques qui avaient été engagés pour remplacer les putschistes. On vit même une veuve forcée de reprendre les triomphants assassins de son mari. Recommencèrent immédiatement les incendies d'églises et les attaques aux sièges des partis de la droite. Le 25 mars 1936, le syndicat socialiste, l'UGT, organisa l'invasion simultanée et violente de 3.000 propriétés dans la province de Badajoz. La situation ne fit qu'empirer les mois suivants. Le 1er mai, défilèrent dans différents villes à travers toute l'Espagne les milices paramilitaires gauchistes en uniforme et en formation.
L'insécurité généralisée paralysa l'initiative privée qui, pourtant, avait permis, lors des deux années du gouvernement de la droite, à l'économie de surmonter la crise apparue lors du premier gouvernement de gauche de la République. Augmentèrent ainsi rapidement le chômage et la misère. Toutefois, pour la gauche, cette situation n'avait rien à voir avec la violence déchaînée par ses membres, mais bien avec la méchanceté congénitale des propriétaires qui fuyaient avec leurs capitaux pour « saboter la République ». Ainsi, les révolutionnaires exploitaient le chômage pour exacerber chaque fois plus des masses désemparées et augmenter leurs exigences, dans un cercle vicieux que multipliaient les grèves et le chaos économique. En seulement cinq mois, on comptabilisa plus de 300 morts, des milliers d'incendies et d'attaques contre le domicile de membres de la droite, ainsi que d'immenses dégâts causés au patrimoine artistique.
Finalement, fut commis le crime qui allait sceller le destin de cette République. Après avoir été plusieurs fois menacé de mort par différents membres du Front populaire - lors de la séance parlementaire du 16 juin 1936, par Casares Quiroga, le Ministre de la Guerre du Front populaire, lors de la séance parlementaire du 1er juillet par le député socialiste Ángel Galarza ou encore le 13 juillet par la Pasionaria, député communiste pour les Asturies -, le monarchiste José Calvo Sotelo, un des principaux chefs de l'opposition au gouvernement du Front populaire, est assassiné par des membres de la Garde d'Assaut - la garde républicaine créée et dirigée par le gouvernement de gauche - et des militants socialistes. Après avoir pris d'assaut la résidence de Calvo Sotelo, les assassins l'emmèneront avec eux pour le tuer à l'intérieur d'une fourgonnette de police. Son corps sera ensuite amené et laissé au cimetière par les membres de la police républicaine elle-même.
Ce crime d'État et le silence complice du gouvernement républicain précipiteront l'Espagne dans la tragédie : quelques jours plus tard, le 17 juillet 1936, il y a aujourd'hui 70 ans, la garnison espagnole de Melilla, sous le commandement du général Franco, se soulèvera contre le gouvernement républicain mettant ainsi fin, cinq ans après sa naissance, à l'agonie de la Seconde République espagnole. Commença alors une guerre qui ne pouvait se conclure, hélas, que par une dictature, militaire ou « du prolétariat ».
Sur le terrain...
.... à Nahariya, en Israël.
Un reportage d'un envoyé du media Al Jazeera :
Just a few kilometres south of the Lebanese border, Nahariya was hit by 15 Katyusha rockets on Thursday, leaving one woman dead and dozens more injured.
Some of Nahariya's 57,000 residents have left their homes, heading south. The remainder have been advised to stay in underground shelters.
[..]
The injured 60-year-old friend, Danny, had just come out of the toilet, next to his shop, when the rocket struck.[..] He had his foot amputated at Nahariya's Western Galilee hospital, where patients have been moved to an underground ward, hastily equipped on Wednesday night.
The hospital received 121 injured people, mostly from Nahariya and nearby village Majdal Qrum.
The attack killed one woman, who was sitting on her fifth-floor balcony drinking coffee when the rocket struck her.
[..]
"I'm sad; it hurts," says Ilana Blitz Blau, a 58-year-old mother of three who has a scissors and knife shop opposite the coffee grinders where a rocket landed.
"My children were raised on Katyushas," she says. "I would prefer for our government to sit down and negotiate a solution. I hope in the end there will be someone to negotiate with."
Frapper des cafés, des bourgades comme Nahariya ne me semble pas correspondre à l'idée que je me fais des opérations militaires régulières, si tant est que cela puisse exister; je n'ai pas d'attente particulière envers l'Etat d'Israël, ni envers Hezbollah, ni envers quelque Etat que ce soit : les manifestatisons de ces entitès sont de toutes façon nuisible puisque non solicitées.
Fidèles à la tradition de leur principal soutien l'Etat iranien, Hezbollah ne parvient pas à poser ses fesses autour d'une table de négociation, comme le souligne ce micro-trottoir de Ilana Blitz Blau. D'ailleurs, il semble de plus en plus avéré que le soutien de l'Etat iranien correspond désormais à une
fourniture de matériel spécifiquement conçu pour des frappes à distance à moyenne portée.
Depuis la sortie de l'Etat syrien du Liban,
Hezbollah a été repris en main par l'Etat iranien, et spécifiquement par le guide suprême Ali Khamenei, et ce parti reste une carte très important pour l'Etat iranien, tant qu'il n'aura pas lui-même résolu ses petits soucis actuels concernant ses vélléités à développer des technologies nucléaires. Un jouet dans la main des mollahs pour poursuivre leur propre agenda, sur le dos des populations d'individus.
Les populations d'individus sont prisonnières des bastons entre:
- l'Etat d'Israël qui cherche in fine à pousser l'Etat libanais à déployer sa propre armée au Liban sud et à reprendre le contrôle de son territoire, et qui est beaucoup trop sous l'influence de Tsahal, depuis sa création,
- Hezbollah, proto Etat qui développe un agenda que bien peu de personnes comprennent,
- l'Etat iranien qui a son propre agenda régional, lié a sa volonté de puissance absolument déclarée par tous les leaders de cet Etat depuis la révolution islamique de 1979,
- Hamas, qui ne parvient toujours pas à transformer sa victoire électorale en un bienfait pour les palestiniens, mais le pourra-t-il un jour? Ce parti a pour le moment été extrêmement décevant en terme de réalisations concrètes.
Tous ces crimes et ces massacres, ces enlèvements, ces frappes, ces attaques, ces attentats, ces blocus, cesseront, non pas lorsque l'Etat d'Israël disparaîtra, ou quand l'Etat iranien disparaîtra, ou quand Hezbollah disparaîtra, mais lorsque TOUTES ces entités disparaîtront. Il n'y a pas lieu de condamner les attaques des uns plutôt que les attentats des autres : toutes ces saloperies doivent être condamnées, avec la plus grande vigueur. Le delta concernant les possibilités matérielles des uns ou des autres ne doit pas être une excuse, il est bien évident que, pour le moment et pour le moment seulement, l'Etat d'Israël dispose dans la région de la plus lourde et la plus cruelle force de frappe. Ce n'est pas, à mes yeux, un élément à prendre en compte puisque nul ne sait ce que ferait Hezbollah si ce groupe disposait des mêmes capacités militaires que Tsahal. Tous ces acteurs utilisent leurs capacités respectives au maximum, modulo leurs objectifs politico-diplomatiques.
Le problème fondamental vient de là : on ne peut pas résoudre un problème avec ceux qui l'ont créé, on ne pourra pas résoudre le problème au Proche-Orient sans remettre sur la table la question cruciale qui taraude tous les libéraux. Aucun Etat, aucun proto-Etat, ne peut décider à la place des individus, ce sont les individus iraniens, palestiens, israëliens, libanais, syriens, qui doivent décider chacuns pour eux-mêmes.Je n'ai de sympathie particulière ni pour Hamas, ni pour Hezbollah, ni pour les Etats israëlien, syrien, iranien, américain, russe, français, ou je ne sais quel Etat encore. Je n'ai de sympathie que pour les individus, tués sous les bombes israëliennes, tués par les groupes terroristes tels que Hezbollah, assassinés, enlevés, estropiés, poussés à l'exil, ou tout simplement terrorisés. Je n'aurais qu'un message pour eux : faites le dos rond en attendant des jours meilleurs, protégez vos familles, qu'elles soient israëlienne, syrienne, iranienne, libanaise. Eveillez-vous aux valeurs libérales, travaillez à la limitation des pouvoirs des Etats ou des proto-Etats qui vous écrasent.
Soyez stricts (dans vos devoirs) envers Dieu et (soyez) des témoins équitables. Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injuste.